Compte personnel de formation: surprise et déception des universités

Dominique Perez
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Forum étudiants-entreprises à l'université Paris 13 – Campus de Villetaneuse © Université Paris 13
Forum étudiants-entreprises à l'université Paris 13 – Campus de Villetaneuse © Université Paris 13 // ©  Université Paris 13
Les diplômes universitaires sont présents à la marge dans la première liste nationale interprofessionnelle des formations éligibles au compte personnel de formation établie par les partenaires sociaux. Gilles Roussel, président de la commission de la formation et de l'insertion professionnelle de la CPU (Conférence des présidents d'université), exprime l'incompréhension des présidents d'université.

Gilles Roussel, président de l'université Paris-Est Marne-la-Vallée © UPEMLes universités pensaient être en première ligne sur les listes des formations éligibles au CPF [Compte personnel de formation]. Or les licences et masters professionnels sont fort peu représentés, voire pas du tout dans la liste des 482 diplômes ou qualifications reconnues sur tout le territoire. Seuls quelques DUT y figurent. Comment réagissez-vous ?

Nous sommes particulièrement surpris, notamment de l'absence ou presque des DUT et des licences professionnelles, diplômes qui ont été construits en collaboration avec les partenaires sociaux et économiques sur un programme national. Seuls ont été retenus, dans la liste transmise par les CPNE [Commission nationale paritaire pour l'emploi], des diplômes universitaires spécifiques préparés dans une université en particulier. C'est un message extrêmement négatif et symboliquement fort, contradictoire avec ce qui se passe sur le terrain, quand les équipes avancent toujours plus dans le sens d'un rapprochement avec le monde économique.

Entendez-vous les arguments du Copanef [Comité paritaire national interprofessionnel pour l'emploi et la formation], qui reproche notamment à l'offre universitaire d'être peu lisible ?

Nous sommes conscients que des efforts doivent être faits, nous aurions sans doute pu être plus proactifs dans la constitution des listes de diplômes éligibles au CPF, et le référencement des certifications au RNCP [Répertoire national des certifications professionnelles] n'est pas à jour pour toutes. Mais cela n'explique pas tout. Par exemple, on ne trouve pas trace dans cette liste des diplômes universitaires nationaux permettant la formation des enseignants, un enjeu majeur...

Quid de la suite ?

Rendez-vous est pris avec le Copanef pour comprendre son positionnement et avancer. Au-delà même du CPF, il faut reconnaître qu'une grande majorité des salariés aujourd'hui proviennent de l'université, il s'agit de personnes que l'on forme, il serait surprenant d'ignorer cette réalité au moment de réfléchir à la qualification des personnes en formation continue...

CPF : une liste peut en cacher une autre
Les formations éligibles au CPF, qui seront accessibles aux salariés et demandeurs d'emploi à partir du 5 janvier 2015, proviennent de deux "sources" : d'une part 482 formations sélectionnées par le comité de pilotage (paritaire) du Copanef, qui a décidé d'exclure les licences et masters professionnels, d'autre part 1.552 formations issues des "remontées" des CPNE de branche, qui n'ont pour le moment pas fait l'objet d'une sélection définitive du Copanef. C'est dans cette dernière sélection que l'on trouve des diplômes universitaires préparés dans une seule université et extrêmement spécialisés.
La prochaine conférence EducPros, jeudi 11 décembre 2014, aura pour thème : "Formation continue, nouvelle cash-maschine ?"

Dominique Perez | Publié le