Confluence, une nouvelle école privée d’architecture, ouvrira à Lyon en octobre 2014

Mathieu Oui
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L'école Confluence ouvrira ses portes en octobre 2014 © Confluence
L'école Confluence ouvrira ses portes en octobre 2014 © Confluence
L’architecte Odile Decq, ancienne directrice de l’ESA (École spéciale d’architecture) de Paris ouvrira à la rentrée 2014 Confluence, un nouvel institut privé d’enseignement à Lyon. Une initiative destinée à bousculer l’enseignement de l’architecture.

"Une formation différente et alternative, qui bouscule l’enseignement de l’architecture tant en matière de contenus que de philosophie" : c’est le pari de l’architecte Odile Decq, qui ouvrira, à la rentrée 2014 à Lyon, une nouvelle école privée. “Confluence, Institute for Innovation and Creative Strategies in Architecture” sera établie dans un ancien marché de ce nouveau quartier Confluence en plein essor, situé entre le Rhône et la Saône.

Le choix de Lyon se justifie, selon l’architecte, par sa dynamique territoriale et sa situation européenne : des atouts pour une école qui se veut internationale, avec des cours en anglais. "En matière universitaire, Lyon dispose d’un terreau de recherche complet, notamment en chimie, industrie pharmaceutique, robotique ou nanotechnologies…", justifie encore la directrice.

Cinq ans d’études pluridisciplinaires

Les cinq années de formation déboucheront sur un diplôme de l’école, avec des possibilités de poursuites en post-diplôme. La directrice espère accueillir une soixantaine d’inscrits pour la première rentrée, l’école devant, à terme, compter environ 150 étudiants.

Les cinq grands thèmes d’enseignement seront les neurosciences, les nouvelles technologies, l’action sociale, les arts visuels et la physique. "Un atelier sur les neurosciences permettra, par exemple, de comprendre comment le corps réagit par rapport à l’espace, mais aussi de réfléchir aux réponses de l’architecture aux dysfonctionnements corporels."

Société privée, Confluence sera financée par les frais de scolarité. Ils s’élèveront à 12.000 € annuels pour les trois premières années, et 14.000 € annuels pour les deux années du deuxième cycle. Le recrutement se fera sur dossier et entretien.

des Débouchés élargis

L’enseignement transversal et pluridisciplinaire permettra une certaine flexibilité dans le choix des cours. "L’étudiant pourra suivre sa scolarité à son rythme et sera accompagné par un enseignant référent qui le suivra dans sa progression individuelle", indique le projet.

L’école vise aussi à ouvrir les débouchés de l’architecture, notamment vers le secteur industriel. "Les compétences de l’architecte doivent permettre de réfléchir aux process et organisations de l’entreprise. Celles-ci sont en demande de profils différents. Des expériences en dehors du domaine de l’architecture seront obligatoires durant les études", poursuit Odile Decq, pour qui "une école d’architecture ne délivre pas un enseignement professionnel mais ouvre à une large réflexion et au montage de projets qui peuvent s’appliquer à de nombreux secteurs".

Une école d’architecture ne délivre pas un enseignement professionnel mais ouvre à une large réflexion et au montage de projets (Odile Decq)

Habilitation à la maîtrise d'Œuvre en VAE

Ne proposant pas un diplôme reconnu par l’État, Confluence ne pourra pas délivrer l’habilitation à la maîtrise d’œuvre en son nom propre (HMONP), qui s’obtient à l’issue d’une sixième année supplémentaire. "Nos diplômés pourraient l’obtenir par le biais de la validation des acquis de l’expérience, après quelques années d’exercice en agence", suggère la directrice. Des négociations en ce sens devraient être engagées auprès de l’ordre des architectes et du ministère de la Culture.

Une longue expérience de l'enseignement
Diplômée de l’école de La Villette et de Science po Paris, Odile Decq a dirigé pendant cinq ans (2007-2012) l’ESA (École spéciale d’architecture), établissement privé à Paris créé en 1864. Couronnée du prix Femme architecte de l’année en 2013, elle a également une longue expérience d’enseignement en France comme à l’étranger.
Pour monter l’école Confluence, Odile Decq s’est associée avec quatre autres professionnels : Philippe Barrière, Matteo Cainer, Sony Devabhaktuni et Jean-Christophe Quinton.

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