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Correction de copies du bac philo : le débat s’enrichit


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Peut-on noter une copie de philo ? Le débat initié le 17 juin 2010 par letudiant.fr s’enrichit d’une passionnante étude réalisée par la chercheuse Camille Capelle, spécialiste des pratiques de corrections sur copies d’examen. Elle offre ici une analyse des corrections réalisées par les professeurs sollicités par letudiant.fr. Nous vous livrons son texte en exclusivité.

La polémique se poursuit en outre sur la toile. Le directeur de la rédaction de l’Etudiant, Emmanuel Davidenkoff, a répondu dans Libération du 15 juillet aux critiques de deux enseignants, publiées neuf jours plus tôt par Libération .

Résumé de l'étude de Camille Capelle, "Pratiques de correction sur copies d'examen et nouveaux usages instrumentés".

Cet article propose de décrire les corrections réalisées par dix enseignants-correcteurs sur une même copie de philosophie pour la préparation du baccalauréat de série littéraire (L). Les notes sont très irrégulières, allant de 6 à 15 sur 20 et les annotations très diverses. L’objet de cette étude porte sur l’analyse de ces dernières. Tout d’abord, nous montrerons comment elles se caractérisent sur la copie d’examen et comment l’interaction pédagogique est véhiculée au moyen de ce support. Nous verrons ensuite qu’il est possible à partir de l’analyse de celles-ci d’extraire les règles de ce qui est attendu à l’examen. Il apparaît effectivement que ces consignes ne sont pas appliquées de manière homogène par les différents correcteurs. Nous proposerons ensuite de voir quels sont les changements qui interviennent dans la correction instrumentée sur Internet. Nous montrerons en quoi ce nouveau contexte de travail redéfinit le rôle des correcteurs ainsi que leurs pratiques dans le cadre d’un examen.

* L'intégralité de cette recherche en PDF en pièce jointe ci-dessous.

Extrait de la tribune d’Emmanuel Davidenkoff
La critique publiée par deux philosophes dans Libération « vient finalement confirmer le propos même de notre enquête en indiquant que, « dans certaines académies, la réunion d’harmonisation a été supprimée », alors même que, selon les auteurs, c’est là que les correcteurs évitent « que des notes soient arbitrairement attribuées ». Les auteurs expliquent en outre avec une réjouissante honnêteté qu’il n’existe en philo ni « grille » ni « barème de correction », c’est-à-dire rien de ce qui permet de garantir une égalité de traitement sur l’ensemble du territoire. Pourquoi ? Car « ce qui est demandé aux élèves (…), c'est de mobiliser les connaissances acquises pendant l'année pour inventer la solution d'un problème, et non retrouver une réponse attendue qui préexisterait a leur réflexion. II serait donc contradictoire de fixer des attentes doctrinales ou des règles trop formelles en définissant une grille de lecture unique ».
On touche là au cœur de la singularité de la philosophie, seule discipline scolaire à demander aux élèves non pas des connaissances organisées mais « l’invention d’une solution ». Cette singularité est précieuse, féconde, on pourrait même souhaiter la voir s’étendre à d’autres matières tant elle porte de promesses d’émancipation intellectuelle, de déploiement de l’esprit critique. Mais voilà, les autres disciplines, plus humblement, considèrent qu’avant d’inventer des solutions il convient d’avoir appris et d’être capable de restituer de manière intelligente et organisée. Ce choix est critiquable, mais c’est celui de l’institution scolaire, celui auquel doivent se soumettre les candidats, et il a la vertu de s’exprimer de manière beaucoup plus explicite dans les programmes des autres disciplines. »

l'intégralité du texte sur le site de Libération .


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