CPGE postbac+2 : ces prépas qui s'associent à l'université pour former des bac+5

Catherine de Coppet
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La première promotion de la CPGE post-bac+2 du lycée Montchapet a été parrainée en 2013 par Pierre Moscovici © DHSimon
La première promotion de la CPGE post-bac+2 du lycée Montchapet a été parrainée en 2013 par Pierre Moscovici © DHSimon
Si la loi ESR vise à rapprocher classes préparatoires et universités, des partenariats entre établissements existent déjà. C'est le cas notamment des CPGE postbac+2 en éco-gestion qui, depuis 2008, aident les étudiants détenteurs d’un BTS, d’un DUT ou d’une L2 à intégrer un cursus long, école de commerce ou master universitaire.

Leur nom technique, c'est "CPGE ATS", pour "Adaptation technicien supérieur", et il en existe aujourd'hui sept en France. L'objectif de ces classes préparatoires originales est de permettre à des jeunes issus de cursus de niveau bac+2 (BTS, DUT, L2) d'intégrer une école de commerce directement en deuxième année, ou un M1 universitaire en éco-gestion ou management.

Une formation-passerelle s'inscrivant dans l'esprit de la loi ESR, puisqu'elle fluidifie et simplifie le parcours des étudiants, mais aussi parce qu'elle repose sur des conventions signées avec l'université. L'article 18 de la loi ESR prévoit en effet la multiplication des conventions CPGE-universités, dans la perspective d'un rapprochement pédagogique pouvant aller jusqu'à des enseignements communs.

Catherine Mativet, CPE responsable des CPGE au lycée Parc de Vilgénis à Massy (Essonne).À ce titre, les CPGE postbac+2 en éco-gestion font figure de pionnières, puisque la première a été ouverte en 2008 par le lycée Parc-de-Vilgénis à Massy (Essonne).
À l'origine, il s'agissait de formaliser et de pousser plus avant une démarche déjà en place : "Nous faisions passer les concours d'école de commerce à nos élèves de BTS en ATS 1 [admission sur titre, NDLR], témoigne Catherine Mativet, conseillère principale d'éducation du lycée et responsable pédagogique de la classe. Nous avions créé des cours spéciaux." Grâce aux liens noués avec la faculté Jean-Monnet de l'université Paris-Sud, le lycée monte un projet de CPGE dédiée aux bac+2, permettant d'intégrer les écoles de commerce en deuxième année tout en validant une L3 en éco-gestion. La classe ainsi constituée a servi de modèle à d'autres établissements intéressés par la démarche.

Répartition des cours entre le lycée et l'université

Concrètement, ces CPGE s'appuient sur une convention lycée-université, qui prévoit une répartition des cours entre les deux établissements, tant du point de vue du contenu que de l'emploi du temps. Avec une trentaine d'heures hebdomadaires (colles exclues), ce dernier se structure différemment selon les établissements : 50% université-50% lycée pour le lycée Parc-de-Vilgénis, 2/3 université-1/3 lycée à Brémontier, partenaire de Bordeaux 4, ou l'inverse pour le lycée Montchapet de Dijon avec l'université de Bourgogne...

Sur le terrain, les étudiants, qui doivent s'acquitter des frais d'inscription à l'université, font la navette entre les deux sites, leur emploi du temps fonctionnant par journées ou demi-journées. "Cela fait de ce dispositif une année assez fatigante pour les étudiants", commente Catherine Mativet.

Quant aux enseignements, ils sont assurés au sein des lycées et universités par leurs enseignants respectifs. Les lycées ont mis en place des cours dédiés, nécessitant parfois le recrutement de nouveaux enseignants, tandis qu'à l'université, les étudiants sont intégrés aux cours de L3.

Du côté de la répartition des contenus, elle est variable d'une CPGE à l'autre. "Nos professeurs assurent toutes les matières utiles pour les concours, comme la culture générale et les enjeux juridiques, qui n'existent pas dans le cursus universitaire", explique Catherine Mativet. Originalité au lycée Brémontier, certains professeurs assurent des modules de la L3. "La convention avec Bordeaux 4 délègue également à ces enseignants l'évaluation de ces modules", précise Nicole Éparvier, responsable de la CPGE ATS.

La majorité des étudiants intègrent une école de commerce, environ un tiers choisissant de poursuivre un master à l'université

diversification des profils d'étudiants

Assurée uniquement par le lycée ou en associant avec l'université, la sélection de la trentaine d'étudiants accueillis par classe s'effectue sur dossier. La plupart des jeunes intégrant ces classes sont issus de BTS tertiaires (principalement commerce international et assistant manager), de DUT (GACO, GEA) et dans une moindre mesure de L2.

À l'arrivée, la majorité des étudiants intègrent une école de commerce, environ un tiers choisissant de poursuivre un master à l'université (IAE ou autres). Tout en contribuant à la diversification des promotions, "les étudiants qui viennent de CPGE sont un plus pour les universités en raison de leur bon niveau", conclut Julie Laclautre, responsable de la CPGE ATS du lycée Montchapet.


Catherine de Coppet | Publié le