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Des universités françaises rachetées par un groupe chinois ? Une tribune... provocatrice

Camille Stromboni
Publié le
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Université de Bordeaux - Site de La Victoire - Janvier 2015
L'investisseur chinois s'intéresserait à certaines universités de province ou de la couronne parisienne, qui seraient en défaut de paiement, d'après le scénario imaginé par Pascal Engel. // ©  Camille Stromboni

Des investisseurs chinois réfléchiraient très sérieusement à racheter à l'État certaines universités françaises en défaut de paiement. Le scénario catastrophe, dressé par Pascal Engel, directeur d'études à l'EHESS, n'a pas manqué de surprendre.

"Le groupe Cosco, propriétaire d’une partie de l’Autorité du port du Pirée à Athènes, aurait fait la proposition à l’État français d’investir dans des universités. Selon nos informations, cette proposition serait actuellement étudiée très sérieusement. [...] Le président de Cosco Investments a précisé qu’il n’envisageait pas d’acheter les grandes écoles, qui marchent bien et reçoivent des dotations de l’État français bien supérieures, proportionnellement, à celles que reçoivent les universités, mais que son achat porterait seulement sur un certain nombre d’universités de province ou de la couronne parisienne, qui sont en défaut de paiement."

La tribune de Pascal Engel, directeur d'études à l'EHESS, publiée dans Libération le 31 août 2015, a atteint son objectif : faire réagir. Le syndicat étudiant La Fage a immédiatement fait part de son inquiétude. Le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche, Thierry Mandon, s'est lui aussi exprimé via son compte Twitter : "Universités à vendre : la fable de la rentrée. Délirant !"

Une satire pour défendre l'université

Le second degré de ce canular n'a donc pas forcément été évident d'entrée. "J'évoque dans ce texte, volontairement provocateur et bien sûr sur le mode ironique, un scénario catastrophe dont j'espère qu'il est clair, malgré mon style imagé, que je le réprouve : je suis un ferme défenseur de l'université et de son caractère inconditionnellement public", explique l'auteur du texte. Le philosophe veut ainsi dénoncer le manque de moyens dont souffrent les universités, notamment par rapport aux grandes écoles, et le caractère peu démocratique d'une sélection qui ne s'applique qu'à celles-ci.

"Il est vrai que l'exercice de la satire se prête moins au temps médiatique actuel et aux réseaux sociaux. Certains ont pu s'arrêter aux premières lignes du texte, mais lorsqu'on le lit jusqu'au bout, la démarche est claire, estime le directeur d'études. Sauf si enseigner Confucius en cours de morale à l'école paraît comme allant de soi..."

Tweet - Thierry Mandon - 1-09-2015


Camille Stromboni | Publié le

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