Didier Houssin (président de l’AERES) : « L’Agence doit pleinement assumer ses notations »

Franck Dorge
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AERES - Entrée
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Pour sa première rentrée à la tête de l’AERES, Didier Houssin, le nouveau président de l’Agence, s’affiche dans la continuité du travail de son prédécesseur tout en répondant à une partie des critiques qui lui avaient été faites. Notation, Investissements d’avenir, évaluation des personnels : Didier Houssin a avancé des pistes de réflexion sur ces sujets très polémiques.


Lors de sa conférence de rentrée Didier Houssin , président de l’AERES, s’est félicité du travail accompli : « En quatre ans, nous avons effectué un cycle quasi-complet d’évaluation [ensemble des unités de recherche, formations, établissements et organismes hors CNRS Ndlr]. Cela nous a permis d’identifier nos points forts et nos faiblesses. Nous avons mis en place une méthodologie qui repose sur l’autoévaluation et l’expertise des pairs. Celle-ci a su s’adapter aux évolutions du secteur». Le président en a profité pour formuler le souhait que les étudiants participent davantage aux réflexions de l'Agence.  Didier Houssin a ensuite évoqué les critiques qui pesaient sur les notations et les rapports remis par l’AERES: « nous devons prendre en compte les plaintes, et être irréprochable quant à l'indépendance de nos experts».

Faut-il abandonner la notation ?

A cette question, le président de l’AERES se montre sceptique. Didier Houssin s’appuie, dans sa démonstration, sur l’importance qu’ont pris les classements internationaux, notamment celui de Shanghai : « Nous réfléchissons depuis longtemps sur la notation. Nous pourrions abandonner l’attribution d’une note globale [aux unités de recherche et formations Ndlr] et délivrer une notation multicritère. Mais je gage que si l’AERES ne prend pas ses responsabilités en cette matière, d’autres le feront à sa place ».
A propos de l’usage que les décideurs font de la notation, Didier Houssin insiste sur le suivi qui doit être mis en place : « Nous délivrons toujours des notes accompagnées d’explications. Je souhaite que nous intervenions lorsqu’il est fait une utilisation erronée de nos évaluations ».


Labex, Idex : de nouveaux champs de notation


Quelles évaluations le président de l’AERES souhaite mettre en place pour les Investissements d’avenir ? Pour Didier Houssin « Ce que l’AERES sait évaluer ce sont les structures, et les Labex ou Idex en font partie. En revanche, nous ne sommes pas en mesure d’évaluer l’impact des Investissements d’avenir sur la société ».


Evaluation des personnels : le sujet polémique qui revient


Sur la question des personnels des établissements du supérieur et des organismes de recherche, le président de l’AERES se montre très prudent : « Nous devons réfléchir à la procédure d’évaluation que nous allons mettre en place. C’est pour cela que nous avons écrit aux présidents d’universités, aux directeurs d’écoles, aux responsables des sections du CNU… Pour le moment nous étudions les dispositifs existants et travaillons avec ces différents partenaires pour établir un document de référence ». Les premières pistes de réflexion devraient être évoquées en février 2012. La version finale quant à elle serait bouclée à l’automne de l’année prochaine.

Un calendrier qui laisse voir venir alors que le SNESUP conteste cette mission. Pour ce syndicat, la prise en charge par l’AERES de ce chantier est un « abus de pouvoir » dans la mesure où l’agence n’est pas une instance collégiale. Didier Houssin quant à lui, a rappelé que la validation des procédures d’évaluation des personnels lui revenait de droit (art. L114-3-1 du Code de la Recherche). Une affirmation de l’autorité de l’Agence alors qu'un des candidats aux primaires socialistes, Arnaud Montebourg , a affiché son intention de la remettre en cause en cas de victoire…


Franck Dorge | Publié le