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Dix premières préconisations pour professionnaliser la licence

Étienne Gless
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François Germinet (à gauche), VP de la commission formation de la CPU, et Rodolphe Dalle (à droite), président de l'Adiut, copilotent le groupe de travail sur la professionnalisation du premier cycle.
François Germinet (à gauche), VP de la commission formation de la CPU, et Rodolphe Dalle (à droite), président de l'Adiut, copilotent le groupe de travail sur la professionnalisation du premier cycle. // ©  J.-Y. Lacote_MG/Adiut
Un premier bilan d'étape de la concertation sur la professionnalisation du premier cycle du supérieur, copilotée par François Germinet, président de la commission formation professionnelle et insertion de la CPU, et Rodolphe Dalle, président de l’Adiut, vient d'être dressé. Les partenaires sociaux et les représentants de conférences doivent poursuivre leurs discussions encore deux ou trois mois.

"S’il s’agissait d’une soutenance étudiante, elle pourrait être 'saignante' ! Heureusement, la diplomatie qui s’impose à l’exercice permet un échange de propos convenus !" note avec ironie un des participants à la concertation sociale sur la professionnalisation du premier cycle postbac.

Lancée à l'automne 2018 par Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, la concertation sur les filières courtes a donné lieu à une première restitution, le 31 janvier 2019.

Copiloté par François Germinet, président de la commission formation professionnelle et insertion de la CPU et Rodolphe Dalle, président de l’Adiut, l’association des directeurs d’IUT, le groupe de travail comprend des représentants des partenaires sociaux et des grandes conférences.

Dix préconisations ont déjà été établies, mais deux ou trois autres mois seront encore nécessaires "pour disposer de tous les éléments nécessaires à une véritable professionnalisation du premier cycle", indique-t-on Rue Descartes.

Une offre enrichie, des parcours sécurisés

Les enjeux et le constat sont connus : une part importante des vœux d'orientation des futurs bacheliers sur la plate-forme Parcoursup concerne des filières courtes.

Créés pour les bacheliers professionnels et technologiques, les BTS et les DUT, sont très demandés par les bacheliers généraux qui s'en servent comme tremplin vers des études plus longues. En 2017, 91% des diplômés de DUT ont poursuivi leurs études.

Cette stratégie de contournement de la licence a conduit à un effet d'éviction des bacheliers technologiques et professionnels. Du côté du monde professionnel, on se plaint, selon le ministère, de ne pas trouver suffisamment de profils diplômés à bac + 2 ou + 3.

Dès le 18 octobre 2018, Frédérique Vidal avait fait part de son désir d’aborder les questions "sans tabou" et d’examiner toutes les pistes, "y compris celles qui sortent des sentiers battus" : faire évoluer les DUT vers des formations en trois ans au lieu de deux, remettre question la licence professionnelle et son articulation avec le reste du dispositif, construire de nouvelles formations répondant aux besoins des territoires, etc.

Plus de porosité entre les filières

À mi-parcours, la restitution des travaux a débouché sur 10 préconisations. Parmi elles, l’ouverture de la licence professionnelle aux 180 crédits ECTS et la création de diplômes à bac + 1 doivent enrichir la voie professionnelle.

Deux grandes grandes voies de formation supérieure pourraient voir le jour : une voie professionnelle et une voie générale et technologique. Une meilleure articulation des filières générales et technologiques pourrait favoriser une orientation progressive des étudiants et, grâce à des passerelles, permettre des changements de filière en cours de formation.

Pour le ministère, ces mesures devraient améliorer "fortement" la réussite des bacheliers professionnels et technologiques et accroître les possibilités d'insertion professionnelle à bac + 2 ou bac + 3.

Des syndicats sceptiques et partagés

Du côté des organisations syndicales, le Snesup-FSU s'en est pris à la méthode même, dénonçant une "concertation menée au pas de charge", avec sept demi-journées de réunions en un mois, et regrettant que la déclinaison de la professionnalisation dans le nouvel arrêté licence ne soit "sciemment pas abordée dans la concertation".

Pierre Chantelot, son secrétaire national, a ainsi souligné que l'article 7 du nouvel arrêté licence prévoit que "les formations et les UE qui les composent peuvent présenter à des degrés divers une dimension plus professionalisante".

Le Snesup-FSU milite pour la création d'une licence universitaire de technologie diplômante à niveau bac + 2.

Dès le début de la concertation, le Sgen-CFDT avait averti qu'il ne serait pas d'accord si le développement de l'alternance à l'université était réservé aux seuls étudiants en difficulté, tout en pointant le risque de concurrence avec la licence d'un allongement de la durée du DUT à trois ans.

Sceptique, le SNPTES s'est interrogé sur l'utilité même de cette concertation tout en se félicitant "qu'un pseudo-consensus se soit dégagé autour de l'idée que la professionnalisation n'est pas du ressort du seul enseignement supérieur mais aussi des entreprises".

Et pour remédier à une supposée pénurie de bac + 2 ou bac + 3, le SNPTES invite l'État à financer l'ouverture de places dans les filières courtes.

Les 10 préconisations
– Caractériser l'offre pour rendre le système d'enseignement supérieur plus lisible
Définir une voie professionnelle et une voie générale et technologique.
– Ouvrir la licence professionnelle aux 180 ECTS et permettre la diplomation à bac + 1
Construire une filière technologique en 180 ECTS pour diversifier les publics et améliorer l'insertion professionnelle
Articuler les filières générales et technologiques via des passerelles pour une orientation progressive des étudiants et des changements de filière en cours de formation
– Renforcer le lien entre la licence générale et les écoles
Renforcer l'alternance entre les filières de l'enseignement supérieur et le monde professionnel grâce à une "portabilité des contrats d'apprentissage"
Mieux articuler l’offre de formation aux besoins territoriaux
– Organiser la présentation générale de l'enseignement supérieur pour faire apparaître le schéma général proposé.
– Clarifier le positionnement des Bachelors dans le schéma général.


Étienne Gless | Publié le

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Veyret LAURE.

Le DUT est un diplôme de qualité qui a fait ses preuves. Les arguments que les élèves diplômés en IUT continuent est vraiment affligeant mise à part le souhait de détruire ses filières à prendre en exemple....Oui ces diplômés continuent une année à l'étranger (DUETI) font une licence professionnelle, s'insèrent dans une entreprise en alternance les meilleurs intègrent des en écoles ingénieurs (une fierté pour des élèves de milieux souvent modestes). Non ils ne continuent pas dans les filières de l'Université ou des élèves syndiqués font la loi et se moquent systématiquement de la sélection (ils devraient faire un stage dans une Université de Corée du Sud). Malheureusement Mr Dalle qui prend des décisions catastrophiques pour les IUT viennent de détruire des filières courtes d'excellentes. C'est un drame pour la nation et malheureusement c'est irréversible !! Ces filières seront dorénavant sans avenir et délaissées par les familles.

Attiogbé C..

Les DUT ont été créés en 1966 ; les Bacs technos en 1968 ; alors c'est un peu (beaucoup ?) tiré par les cheveux d'écrire "le DUT est créé pour les bacs techno..."; vous ne trouvez pas ?

Meyer.

Bonsoir. Une remarquable sur les étudiants en alternance me fait dire que ces étudiants ne sont des étudiants en difficulté mais des personnes qui préfèrent plus de concret en entreprise alterné avec des cours théorique.merci de ne faire des amalgames. Ces étudiants menent une vie entre travail et études qui demande une bonne gestion et organisation ce que tout le monde ne sait pas faire. Je vous parle e' tant que personne expérimentée de l industrie.