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Donald Trump à la Maison Blanche : quel impact sur l’enseignement supérieur ?

Jessica Gourdon
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USAGE UNIQUE. Donald Trump, 45e président des Etats-Unis d'Amérique
Élu à la tête des États-Unis le 8 novembre 2016, Donald Trump a peu parlé d'enseignement supérieur au cours de sa campagne. // ©  TRAVIS DOVE/The New York Times-REDUX-REA
Élu président des États-Unis le 8 novembre 2016, Donald Trump entrera à la Maison-Blanche le 20 janvier 2017. Si l'enseignement supérieur n'a pas été un axe fort de sa campagne, le Républicain a tout de même pris position sur plusieurs sujets. Il plaide notamment pour la baisse des frais de scolarité.

L'enseignement supérieur et Donald Trump : le couple ne fait pas bon ménage. Pendant toute la campagne, le monde universitaire américain a observé le milliardaire avec effroi. De son côté, Donald Trump a peu évoqué ces questions, à première vue éloignées de sa base électorale, composée essentiellement d'Américains n'ayant pas fait d'études et vivant hors des grandes villes.

Toutefois, le futur président, lui-même diplômé de la prestigieuse Université de Pennsylvanie, n'est pas resté muet sur ce sujet, qui résonne dans toute la société. Car s'il est admiré partout dans le monde, l'enseignement supérieur américain souffre.

Explosion de la dette étudiante (1.300 milliards de dollars), croissance fulgurante des frais de scolarité (+ 42 % en dix ans), baisse du nombre de jeunes qui s'engagent dans des études supérieures, retrait financier des États, difficultés d'insertion des diplômés... Autant de symptômes qui témoignent d'un malaise.

pour la baisse des frais de scolarité

Les propositions de Donald Trump dans ce domaine restent vagues mais relativement modérées, au vu du reste de son programme. Comme Hillary Clinton, il a axé son message sur l'endettement des étudiants. Le prochain président des États-Unis n'est pas à une contradiction près. Dans les années 2000, il avait créé sa propre université, Trump University, qui dispensait des cours de négociation commerciale à des tarifs prohibitifs. L'établissement a dû fermer après plusieurs plaintes en justice, notamment pour escroquerie.

Désormais, Donald Trump plaide pour la baisse des frais de scolarité. Sa rivale souhaitait rendre les universités publiques gratuites pour les étudiants en dessous d'un certain seuil de revenus familiaux et faire en sorte qu'aucun élève n'ait à s'endetter pour payer ses études ? Donald Trump, lui, souhaite "travailler avec le Congrès pour faire en sorte que les universités réduisent le coût des études et la dette étudiante, en échange de mesures fiscales fédérales et de crédits d'impôt", selon son site de campagne.

Il veut également contraindre les universités, par des mesures fiscales, à utiliser davantage les revenus issus de leurs "énormes endowments [dotations]", afin qu'elles réduisent les frais de scolarité demandés aux élèves. Il a aussi déclaré que les universités "pourraient économiser en taillant dans le gras de leur administration".

Les universités, cautions des prêts étudiants

Concernant les prêts étudiants, le futur locataire de la Maison Blanche veut limiter à 12,5 % la part des revenus qu'un jeune diplômé consacre au remboursement de sa dette. Et annuler totalement celle-ci au bout de quinze ans. Des mesures qui étaient également prônées par Hillary Clinton, avec des seuils légèrement différents.

Dans le même temps, Donald Trump veut revoir le mécanisme de ces prêts (supervisés par le gouvernement fédéral), et impliquer les universités dans leur attribution – un projet connu sous le nom de "skin in the game", déjà débattu au Congrès. L'idée ? Rendre les universités responsables de la réussite de leurs élèves, et le faire partager avec les étudiants le risque associé à leur endettement.

Dans ce système, si une université cautionne le prêt d'un étudiant qui s'engage dans une filière aux résultats incertains (comme les arts ou les sciences sociales), elle devra ensuite assumer, en cas de défaut de remboursement du jeune. Une philosophie qui met mal à l'aise de nombreux établissements.

La question complexe de l'immigration

Enfin, d'autres questions restent en suspens. Si Donald Trump met en place sa politique de contrôle accru des frontières, il est fort à parier que les universités en subiront les conséquences. Près d'un million d'étudiants étrangers sont inscrits dans leurs murs.

Beaucoup d'observateurs jugent qu'il sera difficile, voire impossible dorénavant pour des jeunes issus de certains pays musulmans d'obtenir des visas étudiants pour les États-Unis.


Jessica Gourdon | Publié le

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