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L'école 42 de Xavier Niel fait réagir professionnels et universitaires

Céline Authemayou
Publié le
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Xavier Niel, le patron de Free, a lancé fin mars 2013 l'école 42. Objectif : former, gratuitement, 1.000 petits "génies de l'informatique", en trois à cinq ans, sans exiger de diplôme à l'entrée, ni en délivrer à la sortie. Une annonce qui suscite de multiples réactions dans l’enseignement supérieur comme chez les professionnels. Exemple avec les points de vue divergents de Pierre Baylet (Institut Mines-Télécom) et Pascal Brier (Syntec numérique).

Pierre Baylet (Institut Mines-Telecom) : "La question de l'employabilité à long terme se pose vraiment"

Chaque année, l'Institut Mines-Telecom diplôme 3.500 étudiants au sein des treize établissements membres du réseau. Pour Pierre Baylet, directeur développement et métiers de l’Institut, la force des formations proposées est de fournir aux étudiants un socle de compétences qui leur permettra de s'adapter tout au long de leur carrière aux évolutions technologiques. « L'école de Xavier Niel a son propre créneau, mais quel est le modèle pédagogique proposé ? C'est une chose de plonger les jeunes dans le grand bain de l'entreprise, mais leur fournir les recettes ne suffit pas. Il faut leur apprendre à faire la cuisine ! La formation est un métier...

L'idée de révolutionner les cursus me fait sourire. Le rôle de l'enseignement est d'aider les jeunes à mieux comprendre les concepts, à trouver des solutions lorsque des problèmes nouveaux apparaissent. On peut dire ce qu'on veut du système français qui survalorise les diplômes, mais on verra à l'usage comment les élèves de l'école 42 seront considérés par les recruteurs et quelles seront leurs évolutions de carrière. La question de l'employabilité à long terme se pose vraiment. »

Pascal Brier  (Syntec Numérique) : "Xavier Niel rappelle certaines vérités"

Premier syndicat professionnel du secteur, Syntec Numérique regroupe 1.200 entreprises françaises, des start-ups aux grands groupes. Pour Pascal Brier, administrateur de Syntec Numérique, l'initiative de Xavier Niel a le mérite de faire bouger les lignes. « Nous nous réjouissons de cette initiative. Depuis plusieurs années, nous ne cessons de dire que le secteur peine à recruter. On nous répond souvent que ça ne va pas durer, que c'est faux. Xavier Niel a rappelé un certain nombre de vérités et je ne changerai pas une ligne de ses propos ! En France, moins de 25% du PIB est tiré du numérique, contre 40% dans d'autres pays. Il faut faire mieux, mais pour cela, l'économique numérique doit être soutenue. De plus, tous les cinq ans, de nouveaux métiers apparaissent. Il faut donc s'y préparer.

Quant à l'école en elle-même, attendons de voir. Est-ce une école de la deuxième chance, qui ouvrira ses portes à des jeunes qui ne seraient pas allés en école d'ingénieurs ou est-ce une école de plus ? Il serait dommage qu'elle aille chasser sur les terres des écoles existantes. J'espère simplement que l'établissement ira agrandir le marché plutôt que d'accroître la compétition entre formations. »


Céline Authemayou | Publié le

Vos commentaires (5)

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conde ibrahima kalil.

c est avec bonheur que j ai suivi sur tv5 monde ,le spote publicitaire de votre grande ecole dénonmèe Ecole42.Depuis cette datte mes amis et moi ,avons jugè utile de vous joindre afin d obtenir de vous une autorisation d inscription à votre grande ecole qui nous pareil comme étant le chemin de la reussite respectueusement conde ibrahima kalil tel: 00224 657 70 80 39

Deydier.

Eh ben moi je dis chapeau Mr Niel ! N'en déplaise aux suffisants il va donner une chance exceptionnelle à tes tas de jeunes doués et passionnés qui auraient été sur la touche avec ce que cela implique de vie gâchée. De plus dans sa démarche sociale il va fournir un sang neuf dont tout le monde profitera. C'est ça l'intelligence, le coeur et une vision panoramique de la société et de son évolution.

Truc.

L'arrogant, c'est Niel. Qui pense qu'avec ses millions (issus du Minitel rose) il peut réinventer l'enseignement. Qui met en place un système ultra-sélectif, alors qu'en face, le système public s'ouvre au plus grand nombre, s'adresse à des gamins en difficulté, etc. Et puis il entretient l'idée que le développement c'est de la bidouille. Prêt à aller voir un médecin formé à la mode "42" (en trois ans, sans véritable cours, sur le tas, entre pairs ...) ? Un architecte ? Et puis quid des gogos qui vont passer 3 ans là-dedans, et dans 10 ans auront sur leur CV une ligne fantaisiste ne correspondant à aucune compétence, aucun savoir bien défini ?

foildeuc.

"leur fournir les recettes ne suffit pas. Il faut leur apprendre à faire la cuisine !" De ce que j'ai compris du projet, c'est de leur apprendre à faire les cuisine dont il est questions, pour qu'ils puissent inventer les recettes de demain (=innover). Telecom et consorts sont formidables... pour fournir des cadres à France Telec... euh, pardon, à Orange, à Sage... euh, pardon, Safran, etc... bref à des grandes groupes où, selon le principe de Dilbert, ces gens sauront trouver leur juste place... Là on parle d'une formation dont l'ambition est de permettre à de jeunes geeks d'exploiter leur potentiel de geek. Et non pas de faire des maths et de la physique pour ensuite découvrir vaguement pendant les deux dernières années qu'il existe des choses qu'on appelle "langages de programmation informatique", entre deux cours de management...

Truc.

Des geeks qui font des trucs de geek, on n'en manque pas. Les encourager dans ce sens, c'est créer des guignols gonflés comme des ballons, qui réinventent l'eau tiède et se prennent pour des génies. Qui donnent des leçons à tout le monde, y compris aux ministres du style Belkacem et Lemaire. Et qui au final ne savent pas ce que c'est qu'un pb NP-complet, rajoutent une ferme de 500 serveurs pour faire tourner leurs algos pourris au lieu de les optimiser, font de l'architecture à la petite semaine, et attrappent leur tableur pour diviser un nombre par 10. Statistiquement, il en sortira quelques bons. Les autres seront sur le carreau, avec leur pseudo-startup moisie, crowdfoundée en enflant une centaine de caves, et qui croyait conquérir le monde en proposant le quarante douze millionième jeux sur Android destiné à être oublié en 52 secondes chrono.

Saïd Koutani.

"Il faut leur apprendre à faire la cuisine"!!! La cuisine peut être standard, jusqu'à devenir un goût de terroir! Mais l'ingénierie n'a rien du terroir, c'est l'innovation permanente... L'enseignement supérieur en France sait former aux recettes, aux procédures... Mais pas à la création d'une dynamique de processus.

mitch72.

Niel a raison sur toute la ligne . Si les formations d'ingénieurs françaises étaient si géniales , on aurait des apple,google, yahoo , microsoft , oracle ,cisco, facebook depuis 30 ans . Or rien de tout ça, essentiellement des boites d'interim informatiques nommés ssiis.

Roger.

Nous avons un leader mondial qui s'appelle Dassault Systèmes, moi sexy qu'Apple et FaceBook, mais qui exporte et contribue à limiter notre déficit commercial. Reste que l'initiative 42 est intéressante: il existe des jeunes doués qui n'entrent pas dans le moule standard, et cette école est une chance pour eux. J'espère que la formation différente se montrera à la hauteur de nos espérances.

jardozouille.

Ah, le mythe du geek génial ! On se demande pourquoi les autres sciences que l'informatique n'ont pas, elles aussi, des gamins de 14 ans qui révolutionnent leur discipline tous les 2 ans, du moins dans l'imaginaire collectif ... Tous les fondateurs des boites américaines citées (sauf Steve Jobs) étaient, en fait, des étudiants qui bossaient comme des mules dans les universités américaines les plus sélectives et les plus prestigieuses. Et si on prend l'UE plutôt que la France pour envisager une comparaison avec les USA ou avec la Chine, ce qui serait plus équitable, on se rendra compte qu'en fait, on est loin d'être complètement largués.

Truc.

On a aussi des Capgemini, leader mondial des services en info, et des... Xavier Niel, plus riche que Steve Jobs, ah oui, vous ne saviez pas :) ? Le truc c'est que quand on oublie l'histoire officielle des boites comme microsoft ou apple, et qu'on les étudie de plus près, on trouve toujours, en plus du petit génie, un parrain avec un gros chèque (le père de Gates, une connaissance de Jobs, etc) qui booste méchamment l'aventure.