Ecoles d'architecture : les enseignants demandent des moyens à Roselyne Bachelot

Mersiha Nezic
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Ecoles d'architecture : les enseignants demandent des moyens à Roselyne Bachelot
Les enseignants des écoles nationales supérieures d'architecture (comme celle de Strasbourg) réclament plus de moyens. // ©  Frédéric Maigrot/REA
A peine arrivée au Gouvernement, la nouvelle ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, reçoit une lettre-pétition qui dénonce le manque de moyens chronique des écoles nationales supérieures d’architecture (Ensa), le 7 juillet. Celle-ci recueille plus de 300 signatures. Les signataires demandent "la modification des conditions de travail et des rémunérations des contractuels et vacataires dans les Ensa".

Les contractuels et les vacataires constituent la moitié des enseignants des écoles nationales supérieures d’architecture (Ensa). Outre la précarité de l'emploi, ils ne sont pas rémunérés selon la grille appliquée aux titulaires. Les précaires et de nombreux enseignants titulaires et associés ont décidé de dénoncer cette absence de moyens chronique accordés à la formation des futurs architectes : une lettre-pétition a été adressée à la nouvelle ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, le 7 juillet. Mise en ligne en amont, celle-ci recueille déjà plus de 300 signatures.

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Modifier les conditions de travail et les rémunérations des personnels précaires

Dans cette lettre-pétition, les signataires demandent "la modification des conditions de travail et des rémunérations des contractuels et vacataires dans les Ensa. À ce jour, elles ne correspondent pas à leurs qualifications, leur expérience et leur ancienneté".

Diplômés de niveau bac+3, Master et doctorat, les enseignants contractuels non-MCFA (maîtres de conférences associés) et les vacataires "sont les seuls employés de la fonction publique de catégorie A à être rémunérés au taux du Smic mensuel (indice majoré 325), ceci en violation de textes législatifs majeurs", rappellent les signataires.

Ils demandent "l'équilibrage de traitement des enseignants contractuels et des vacataires, […] en référence à ce que devrait normalement percevoir un fonctionnaire exerçant les mêmes fonctions".

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Les vacataires traités "comme des assistants personnels"

Une trentaine de témoignages viennent appuyer la pétition. "Les vacataires hantent les écoles comme des esclaves fantômes, affirme Clémentine Henriot, ex-vacataire à l'Ensa Marseille, en cours de titularisation à l'Ensap Lille. Ils sont bien présents devant les étudiants assurant souvent de nombreuses heures non rémunérées mais comme inexistants, sans voix, dans l'école."

Les vacataires hantent les écoles comme des esclaves fantômes (C. Henriot, ancienne vacataire)

Selon l'enseignante, "le rapport hiérarchique avec les titulaires qu'établit de fait cette situation de précarité et d'absence de statut reconnu est redoutable : oser dire que l'on ne peut accepter de travailler autant pour rien, c'est prendre le risque d'être congédié sans autre forme de procès. Les vacataires qui en dehors de l'école sont de véritables professionnels, sont parfois traités comme des assistants personnels ou des secrétaires particuliers par certains titulaires abusifs".

Pour Maxime Viste, un ancien ATOS, aujourd'hui à la retraite, la situation des vacataires et intervenants extérieurs est "une véritable honte pour l'enseignement de l'architecture, l'enseignement supérieur en général, les universités et Ensa". Il rappelle que les vacataires ont des "contrats révisables de semestre en semestre, majoritairement à temps incomplet imposé, rémunérés au Smic…". Et que les "intervenants extérieurs [sont] abusivement utilisés par nombre d'Ensa pour assurer des missions d'enseignement dans des conditions de précarité dignes du XIXe siècle, et donc indignes".


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