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Au Mans, l'école d'ingénieurs Ismans en grande difficulté financière

Céline Authemayou
Publié le - Mis à jour le
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Université du Maine : le campus du Mans © Delphine Dauvergne
L'université du Maine pourrait absorber l'Ismans en difficulté financière.

Créée en 1987 à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie du Mans, l’école d’ingénieurs Ismans se retrouve dans une situation financière très difficile, suite à une baisse des subventions accordées par sa tutelle. L’établissement plaide en faveur d'une absorption par l’université du Maine.

Les coupes budgétaires infligées aux écoles d'ingénieurs commencent à se faire cruellement sentir. Au Mans, l'Ismans, qui diplôme chaque année une soixantaine d'étudiants, est au bord de l'asphyxie. Sous tutelle de la CCI Le Mans - Sarthe, l'établissement a vu ses subventions diminuer de près de 40% au cours des trois dernières années. Un effet collatéral de la baisse des dotations accordées par l'État aux CCI.

"Les difficultés de trésorerie à court terme sont avérées, concède Jean-Marc Laffay, président de l'Ismans. Mais rien n'est insurmontable : nous avons toujours payé nos fournisseurs et des solutions sont en passe d'être trouvées."

Ces solutions devraient venir des collectivités locales, qui ont accepté, à titre exceptionnel, de débloquer une aide. C'est le cas de la Région Pays de la Loire, qui fera voter lors de sa commission permanente de septembre 2015 un soutien financier de 100.000 € et de la métropole du Mans, qui devrait elle aussi signer un chèque de 100.000 €.

Du côté du département, le discours est plus nuancé, le président du conseil général de la Sarthe ayant affirmé dans la presse locale que son institution n'apporterait pas d'argent. "Le dossier prend des tournures politiques, sur fond d'élections régionales" en fin d'année, regrettent certains acteurs du dossier. L'urgence ? Permettre à l'école de débloquer des fonds pour éviter de terminer son exercice 2014-2015 dans le rouge.

vers l'intégration à l'université du maine

Si une solution à court terme semble toutefois se dégager, les acteurs locaux se battent désormais pour assurer un avenir pérenne à l'école consulaire. Au cours des dernières années, l'établissement a régulièrement fait l'objet de mises en garde de la CTI. La Commission des titres d'ingénieur allant même jusqu'à restreindre en 2014 la durée d'habilitation à deux années (au lieu de cinq). "Nous avons entendu les remarques, note Jean-Marc Laffay. Un nouveau directeur, André Quinquis, a été nommé en septembre 2014, pour redresser la barre. Aujourd'hui, nous souhaitons aller de l'avant et cela passe par un rapprochement avec l'université du Maine."

Les deux établissements ont déjà signé en février 2015 une convention d'association, qui vise à accroître leurs liens en matière de formation et de recherche. Mais l'objectif est désormais de transformer l'Ismans en école interne à l'université. Université qui compte déjà sa propre école d'ingénieurs, l'Ensim. "L'offre de formation sur la ville du Mans n'est pas pléthorique, constate Rachid El Guerjouma, président de l'université. Pour nous, il est impensable de perdre une formation complémentaire à notre offre. Si le sauvetage de l'Ismans passe par son intégration à mon établissement, alors, nous soutiendrons l'initiative."

l'indispensable mobilisation des acteurs locaux

Reçues le 9 juillet 2015 rue Descartes, les parties prenantes du dossier sont ressorties confiantes. "Le ministère est attentif à la situation de l'Ismans, résume Rachid El Guerjouma. Il est ouvert à la proposition que nous lui avons portée, sous réserve toutefois que les autres acteurs locaux s'engagent aussi sur cette voie." Car le président d'université, s'il est prêt à ouvrir ses portes à l'école, prévient qu'il ne pourra pas absorber tous les coûts inhérents à ce changement de statut. "Sans l'aide de l'État et des collectivités, le projet sera difficile à mener. À chacun d'assumer son rôle pour que cette intégration se fasse."

L'Ismans et l'université ont tout l'été pour constituer un dossier à soumettre au ministère en septembre. Avec, en ligne de mire, une intégration de l'école d'ingénieurs au sein de l'université à la rentrée 2016.


Céline Authemayou | Publié le - Mis à jour le