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Ecam Arts et métiers, un label qui fait débat

Céline Authemayou
Publié le
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L'Ecam Lyon vient de voir son label "Ecam Arts et métiers" certifié par Bureau Veritas
L'Ecam Lyon vient de voir son label "Ecam Arts et métiers" certifié par Bureau Veritas // ©  Ecam Lyon

Créée il y a plus d’un siècle, l’école d’ingénieurs Ecam Lyon vient de voir son label “Ecam Arts et métiers” adoubé par Bureau Veritas. Cette certification, dont l'objectif est d'ouvrir l'établissement sur l'international, suscite "un vif étonnement" du côté d'Arts et Métiers ParisTech.

Une démarche qualité, pour donner à ses parties prenantes un signal fort. Avec son label "Ecam Arts et métiers", l'école d'ingénieurs lyonnaise entend rassurer parents et entreprises sur la qualité de ses formations. "À travers cette initiative, nous prenons deux engagements forts, explicite Didier Desplanche, directeur de l'établissement. Nous assurons aux candidats qu'une fois chez nous, nous les accompagnerons jusqu'au diplôme, quel que soit leur niveau. Quant aux entreprises, elles pourront compter sur des jeunes disposant de bonnes bases scientifiques et technologiques."

Si les formations de l'école sont habilitées par la CTI (Commission des titres d'ingénieur) et répondent donc à ce titre à toute une série de critères qualitatifs, cette démarche, qui vient d'être certifiée par Bureau Veritas, vise à permettre à l'Ecam de gagner de nouveaux marchés. "Veritas est reconnu à l'international, note Didier Desplanche. Nous espérons ainsi pouvoir recruter en plus grand nombre des étudiants étrangers." Avec aujourd'hui à peine 3% d'élèves internationaux (voir notre palmarès 2015 des écoles d'ingénieurs), l'Ecam entend passer d'ici à trois ans à 20% de flux entrant.

Un nom de label qui fait grincer les dents

L'initiative, qui pourrait essaimer au sein des autres écoles du groupe Ecam (Rennes, Strasbourg, Cergy-Pontoise), a été baptisée "Ecam Arts et métiers". De quoi provoquer un étonnement certain du côté d'une autre école d'ingénieurs, Arts et Métiers ParisTech. L'établissement, qui n'était pas informé de la démarche, regrette une initiative qui nuit à la visibilité de la marque. "Notre école existe depuis 1780, rappelle Alexandre Rigal, directeur général adjoint de l'établissement. Les ingénieurs Arts et Métiers se sont construits autour d'un certain nombre de valeurs, reconnues par les familles et les entreprises..."

Du côté de l'Ecam, on se défend de tout couac. "Nous nous revendiquons de la famille des Arts et métiers depuis notre création", assure Didier Desplanche. Le déroulé d'origine du sigle était en effet : École catholique d'arts et métiers. Et le directeur de l'école lyonnaise d'appeler de ses vœux la création d'un réseau, "pour que nous puissions tous bénéficier du rayonnement de l'expression 'Arts et métiers'". Un réseau déjà initié par... Arts et Métiers ParisTech.


Céline Authemayou | Publié le

Vos commentaires (15)

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JAltey.

Il y a 5 formations à l'ECAM dont l'une d'elles est ECAM A&M; pour celle-ci on peut y voir un "pléonasme". Pour les autres il n'y a pas de pléonasme; ECAM GIM, ECAM EEM, ECAM Eng. et ECAM Bois.

Bizarre bizarre.

On est d'accord que ECAM ça veut dire Ecole Catholique d'Arts et Métiers ? Donc maintenant c'est Ecole Catholique d'Arts et Métiers Arts et Métiers ? C'est tout de même risible soit dit en passant. Pourquoi devoir ajouter "Arts et Métiers", alors que le nom même de l'Ecole le contient pour attirer, dans le but d'attirer plus d'internationaux? J'aimerais bien avoir un explication.

mal_pensant.

C'est surtout un pléonasme puisque l'acronyme ECAM signifie Ecole Catholique d'Arts et Métiers... sans que ça ait jamais posé problème. Quel est d'ailleurs l'intérêt de le décliner en ECAM-Arts et Métiers ?

Frida.

Arts et Métiers, c'est un vocable du XVIIIème siècle pour désigner "Techniques". Ce pourquoi plusieurs écoles portent ce nom : CNAM, ECAM Lille et ECAM Bruxelles, ICAM.

Ecamien.

Parler des frais de scolarité chers de l'ECAM montre la méconnaissance de certains sur la manière dont sont financées ces écoles : si l'ECAM facture ce prix, c'est tout simplement parce que les subventions de l'état sont très inférieures à ce que reçoit Arts et Métiers ParisTech. C'est la différence entre l'enseignement public et l'enseignement privé sous contrat avec l'état. Le même constat s'applique entre le lycée privé du quartier et le lycée public pas loin. Pour le reste, je conçois que certains gadzarts se sentent touchés dans leur orgueil, pourtant si le gouffre entre l'ENSAM et l'ECAM est si important selon eux, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. L'enseignement "Arts et Métiers" est un esprit, une volonté de former des élèves qui réfléchissent et conçoivent autant qu'ils manient la clé à molette. L'ECAM s'est toujours réclamé de cet esprit depuis sa création et a toujours eu la volonté d'ajouter une attention particulière à l'humain venant de ses origines Lassalliennes. Sa création a certes des origines différentes de l'ENSAM mais ça ne change rien sur le fond. Une carrière, ce n'est pas l'école qui la fait mais l'individu lui-même.

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