Écoles de mode : à la recherche de l'unité


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Donald Potard (ancien pt JP Gaultier)
Donald Potard (ancien pt JP Gaultier)
Les écoles de mode françaises veulent harmoniser leurs diplômes pour mieux les faire connaître, en particulier à l'étranger.

Elles incarnent le chic français, pourtant elles sont inconnues à l'étranger. Une dizaine d'écoles de mode (école de la Chambre syndicale de couture parisienne, Berçot, Marangoni, Parsons, Duperré, Esmod...) se sont réunies à la mi-juin, à l'occasion d'un petit déjeuner informel à Bercy, pour parler rapprochement et harmonisation des diplômes. Donald Potard, directeur de la société Agent de Luxe, et Elisabeth Quin, chargée de mission pour les industries de la haute couture et du prêt-à-porter, étaient à l'origine de l'initiative.

Vers une fédération d'écoles de mode ?

Pour Donald Potard, ancien président de Jean-Paul Gaultier, les écoles de mode ont un vrai savoir-faire, mais il leur manque le faire-savoir. « Les diplômes français n'étant pas délivrés par des universités, un diplômé français aura du mal à faire reconnaître son titre dans une université britannique par exemple. C'est pourquoi il faudrait que les diplômes décernés par les écoles de mode françaises bénéficient d'une reconnaissance du ministère de l'Éducation nationale », souligne-t-il.  Autre aspect : fédérer ces écoles. « L'idée dominante est actuellement de créer une grande école de mode, mais elle mettrait une vingtaine d'années à se faire connaître, alors que nous avons déjà d'excellentes écoles, qu'il faudrait fédérer », explique-t-il.  Et d'ajouter : « Et le fait qu'elles soient concurrentes n'est pas un problème. » Ce groupement ne comporterait, selon lui, que des avantages ; les écoles pourraient profiter d'infrastructures communes : créer une « matériauthèque », où seraient stockés tissus, matériaux nouveaux à la disposition de tous les étudiants, organiser leur défilé de fin d'année au même endroit, le même jour, afin d'attirer toute la presse, à l'instar de la Graduate Fashion Week de Londres.

Le modèle italien

Les écoles présentes auraient été séduites par l'idée. C'est ainsi le cas de Federica Capranico, nouvelle directrice de l'Institut Marangoni, qui a pu à cette occasion parler de son expertise. « En Italie, nous avons ce qui s'appelle la Piattaforma sistema formativo moda, qui réunit quinze écoles de mode [Domus, Marangoni, Milano Fashion Institute, l'Académie des beaux-arts de Brera à Milan...], ainsi que des partenaires institutionnels [Chambre nationale de la mode italienne...]. » Une reconnaissance des diplômes délivrés par les écoles de mode ferait également la différence. Pour Donald Potard, la balle est désormais dans le camp du ministère de l'Industrie et celui de l'Enseignement supérieur.

Découvrir l'enquête de letudiant.fr Ecoles de mode : le choix des professionnels


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