Écoles d'ingénieurs : la CTI veut renforcer son rôle en tant qu'agence d'assurance qualité

Clément Rocher Publié le
Écoles d'ingénieurs : la CTI veut renforcer son rôle en tant qu'agence d'assurance qualité
la CTI veut renforcer son rôle en tant qu'agence d'assurance qualité // ©  DEEPOL by plainpicture/yellowdog
Après six années à la présidence de la Commission des titres d’ingénieurs (CTI), Elisabeth Crépon arrive au terme de son deuxième mandat. À cette occasion, la directrice de l'Ensta Paris présente son bilan et dresse des perspectives pour mieux accompagner les établissements.
Elisabeth Crépon arrive au terme de son mandat de présidente de la CTI.
Elisabeth Crépon arrive au terme de son mandat de présidente de la CTI. © studiofredh

Au mois de juillet, Elisabeth Crépon quitte ses fonctions à la présidence de la Commission des titres d’ingénieurs (CTI), arrivée au terme de son deuxième mandat. La directrice générale de l'Ensta Paris ne peut briguer de troisième mandat : le nom de son successeur ou de sa successeure devrait être connu le mardi 9 juillet.

Au cours d'une conférence de presse, le 25 juin, Elisabeth Crépon est revenue sur son bilan ainsi que sur les principaux axes de la stratégie 2023-2027 de la commission qui évalue les formations d'ingénieur des écoles françaises : renforcement de son organisation institutionnelle, garantie de la qualité des titres, promotion du métier d’ingénieur et du modèle français.

Renforcer les relations avec les écoles et les élèves

Depuis six ans, la CTI a réaffirmé sa volonté de maintenir un dialogue permanent avec les écoles d’ingénieurs. Des échanges réguliers avec les réseaux d’écoles ont conduit à des aménagements du "cahier des charges" rassemblés dans ses documents Références et Orientations (R&O), dans un esprit d’amélioration continue.

"Nous avons intégré des évolutions résultant de ces échanges […] pour répondre aux attentes des écoles et des entreprises, explique Elisabeth Crépon. Notre objectif est de faciliter le travail des écoles pour répondre au besoin croissant de création ou d’évolution des formations exprimées par les écoles."

Des enjeux nouveaux sont apparus ces dernières années, notamment l’élargissement des voies de formation par apprentissage avec la création de la FISEA (Formation d’ingénieur sous statut étudiant en apprentissage) et l’introduction de l’apprentissage en troisième année afin de favoriser son développement.

La présidente a souligné la réactivité de la CTI concernant l’accréditation de nouvelles formations d’ingénieurs, avec des délais réduits et un référentiel simplifié. Les critères majeurs ont été réduits et précisés, le dossier de demande d’accréditation a été revu avec un meilleur recours aux données quantitatives.

La CTI a également resserré le dialogue avec le Bureau national des élèves ingénieurs (BNEI) : des représentants de l’association ont été intégrés au sein de l’instance d’accréditation. Ils participent aux travaux de la CTI, notamment tout ce qui a trait à l’internationalisation, à l’engagement étudiant et à la RSE.

Focus sur la formation de bachelor gradée

Durant le mandat d'Elisabeth Crépon, la CTI a également répondu à la demande de l’Etat de création de formation de bachelor gradée. La dénomination "bachelor en sciences et ingénierie" est maintenant utilisée pour les formations de bachelor des écoles d’ingénieurs qui confère le grade de licence.

Ces formations de bachelor visent à former des professionnels compétents à bac+3 pour répondre aux besoins des entreprises. Mais actuellement, il n'est pas possible de savoir si cet objectif sera atteint. Nombreux sont les diplômés à avoir exprimé un souhait de poursuite d'études. "Lors de l’évaluation suivante, nous aurons une vision sur l’insertion professionnelle", soutient Elisabeth Crépon.

Alors que la première campagne a été lancée en 2020, la CTI se félicite du succès de la cinquième campagne qui vient de débuter.

"Ce qui est intéressant, c’est de voir la grande diversité des formations. Les écoles d’ingénieurs n’ont pas encore fait le tour des potentialités", avance Jean-Louis Allard, vice-président de la CTI et directeur de Cesi École d'ingénieurs. Certains établissements ont proposé des formations de bachelor en trois ans, d'autres en quatre ans, par apprentissage...

Un nouveau statut juridique toujours à l'étude

La CTI vise à consolider son positionnement d’agence d’assurance qualité nationale et internationale, puisqu'elle accrédite aussi des écoles internationales, à leur demande.

Pour ce faire, la CTI reprendra les réflexions pour la création d’une structure administrative et juridique. Elle permettrait de renforcer son autonomie et sa capacité d’action, alors que la structure est aujourd’hui une association sans personnalité juridique. Évoquée en 2020, cette nouvelle structure permettra notamment à la CTI "de mieux assurer ses missions, et échanger avec ses parties prenantes."

De plus, des espaces de réflexion déjà créés avec les branches professionnelles pour discuter de l’évolution des compétences et des méthodes d’apprentissage seront amplifiés par la création, en 2024, d'un Comité stratégique renforçant la gouvernance de la commission.

Les enjeux internationaux de la CTI

La CTI contribue à la construction de l’espace européen de l’enseignement supérieur à travers les groupes de travail, les réseaux multilatéraux, et la délivrance de labels.

Membre de l'association ENAEE (European Network for Accreditation of Engineering Education), la CTI est notamment l’agence qui délivre le plus de labels EUR-ACE (European Accredited Engineer) en Europe. La commission va continuer à se saisir des questions européennes clés telles que les micro-certifications, les universités européennes ainsi que le diplôme européen.

L’activité d’évaluation à l’international sera développée, avec l'attribution du label EUR-ACE au niveau bachelor. La CTI s’investira encore davantage dans les réseaux européens d’assurance qualité et poursuivra les accords de reconnaissance du titre d’ingénieur avec des ordres professionnels étrangers. Face à tous ces défis, la CTI se prépare à continuer de jouer un rôle clé dans l’assurance qualité des formations en ingénierie.

Clément Rocher | Publié le