Enquête 2010 du CNISF : les ingénieurs rattrapés par la crise économique

Marie-Anne Nourry
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Rémunération, impact de la crise, place des femmes ingénieurs, satisfaction personnelle… L’enquête annuelle du CNISF (Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France), parue au début de l’été, aborde la nouvelle donne sociale et économique… plutôt pessimiste.

La promotion 2009 de jeunes diplômés ingénieurs n’a pas été épargnée par la crise économique. Jusqu’à fin 2008, plus de 50 % des ingénieurs avaient trouvé un emploi avant la sortie de l’école. Ils n’étaient plus que 43 % en 2009. À cela s’ajoute le fait que près de 20 % étaient toujours en recherche d’emploi en avril 2010, contre 4 % en 2007.

L’informatique et l’ingénierie premier secteur employeur

Les sociétés de services en informatique et en ingénierie constituent la première source d’emplois pour les ingénieurs, bien que leur position de leader sur le marché de l’emploi soit en net recul (14,3 % en 2009, contre 19 % en 2007). L’agronomie et la chimie sont les deux spécialités les plus investies par les femmes, qui représentent 17 % de l’ensemble des ingénieurs. Cette proportion varie en fonction des classes d’âges : 3 % de femmes chez les 60-64 ans et 26 % chez les moins de 30 ans.

L’international fait rêver

Le nombre d’ingénieurs installés à l’étranger est en hausse. Comme les années précédentes, cinq pays regroupent près de la moitié des emplois : Suisse, États-Unis, Allemagne, Grande-Bretagne et Belgique. La rémunération est l’attrait principal de l’expatriation, suivie par les opportunités professionnelles et la qualité de vie.

Des salaires qui stagnent

Chez les moins de 30 ans, le salaire médian brut annuel s’élevait à 33 000 € en 2009 (contre 33 400 € l’année précédente). Sans surprise, c’est le secteur tertiaire qui regroupe le plus de hauts salaires, et plus particulièrement celui de la finance (43 000 €). La part des ingénieurs travaillant dans ce domaine a fortement augmenté de 1998 à 2007, pour diminuer ensuite en 2009. Probablement à cause de la crise financière. Les salaires sont également élevés dans l’industrie, mais pas forcément en début de carrière.

Chez les hommes comme chez les femmes, les salaires progressent avec l’âge. Mais, à âge égal, les salaires des hommes sont systématiquement supérieurs à ceux des femmes. Cet écart tend à se réduire chez les débutants. Entre 2007 et 2009, il est passé de 7,5 à 2,6 %.

Le poste idéal

De façon générale, les jeunes diplômés sont satisfaits de leur situation professionnelle. Ils soulignent l’intérêt des missions, l’autonomie et la diversité des tâches. Mais voici, d’après eux, les ingrédients du poste idéal : un salaire élevé, intérêt et diversité des missions et des possibilités d’évolution. Les critères pour quitter une entreprise sont, eux, un peu différents : mauvaise ambiance de travail, difficulté à concilier vie privée et vie professionnelle et faible intérêt des missions.


La formation des ingénieurs 2010

Un ingénieur sur cinq est issu d’une formation généraliste, mais ils sont surtout nombreux (22,3 %) à avoir effectué une formation dans le vaste domaine des STIC (sciences et techniques de l’information et de la communication). Nouveauté 2010 : l’apprentissage connaît une forte progression dans le cursus des ingénieurs. En 2008, les apprentis représentaient seulement 1,7 % du total des diplômés, alors que cette année 12 % des ingénieurs de moins de 30 ans sont passés par la case « alternance ».

Comment les ingénieurs perçoivent la crise

Les ingénieurs perçoivent la crise moins négativement qu’il y a un an. En 2009, ils étaient 12 % à redouter la perte de leur emploi, contre 9 % en mars 2010. Étrangement, ce regain d’optimisme ne s’explique pas par une amélioration de la situation des ingénieurs. En effet, les effets de la crise sont indéniables : augmentation du taux de chômage (+ 2 points) et recrutements en net recul. 48 400 ingénieurs ont été recrutés en 2009, contre 71 700 en 2008 !

Les secteurs sont touchés de façon inégale. Dans les télécommunications ou dans l’industrie pharmaceutique, les ingénieurs se sentent presque deux fois plus exposés que la moyenne. Les moins inquiets, quant à eux, travaillent dans l’administration, la production/distribution d’énergie, le raffinage, le transport et les industries extractives. Plus généralement, la moitié des ingénieurs pointent du doigt la pression accrue des clients et des donneurs d’ordres, la détérioration de l’ambiance de travail et l’alourdissement de la charge de travail.

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Marie-Anne Nourry | Publié le

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