Enquête APEC : la promo 2012 connaît la crise

Isabelle Maradan
Publié le
Envoyer cet article à un ami
La situation professionnelle des jeunes diplômés en 2012 de niveau bac+4 minimum s’est détériorée par rapport à la précédente promotion. Une dégradation annoncée l’an dernier par l’APEC, qui l’a confirmée à l’occasion de la présentation de son enquête sur le sujet, rendue publique le 9 octobre 2013. Mais l’horizon devrait s’éclaircir. Le baromètre trimestriel de recrutement des cadres à paraître fin octobre révèlera en effet que près de la moitié des entreprises interrogées prévoient d’embaucher des jeunes diplômés. Elles n’étaient que 35% il y a un an.

"Une dégradation nette de l’insertion des jeunes". Ce sont les premiers mots de Jean-Marie Marx, directeur général de l’APEC, pour résumer les données de la dernière enquête de l’agence sur la situation professionnelle des jeunes diplômés de 2012 (1), lors de sa présentation à la presse le 8 octobre 2013. En avril 2013, 64% des jeunes de niveau bac+4 et plus occupaient un emploi moins d’un an après avoir décroché leur diplôme, contre 71 % de ceux de la promotion 2011.

Une dégradation annoncée

Une baisse de 7 points annoncée l’an dernier, lors de la publication de la précédente enquête. L’APEC anticipait alors une diminution des recrutements des cadres pour l'année 2012 et prévoyait que les jeunes diplômés seraient les premiers touchés. En cause ? Le contexte de récession économique en France sur la période de recherche d’emploi des jeunes diplômés interrogés, soit au dernier semestre 2012 et au premier trimestre 2013.
Reste que le diplôme protège toujours du chômage, avec des différences importantes en fonction des disciplines et des voies de formation.

Taux d’insertion de 80% pour l’université

L’université peut s’enorgueillir du taux d’insertion le plus élevé, avec 8 de ses diplômés en 2012 sur 10 ayant déjà occupé un emploi au moment de l’enquête. Ce taux coiffe celui des écoles d’ingénieurs (77%) et de commerce (76%). Un résultat à mettre sur le compte des taux d’emploi et d’insertion élevés des bac+3, dont deux tiers de licences professionnelles.

Les diplômés de licence moins touchés par le chômage mais plus précaires

En effet, un an après l’obtention de leur diplôme, seuls 14% des bac+3 recherchaient toujours un premier emploi. Pierre Lamblin, directeur du département études et recherche de l’APEC, avance une explication. "Les sortants de licence sont sans doute plus ouverts et flexibles dans leur recherche d’emploi que des diplômés d’écoles de commerce, d’ingénieurs ou de master 2". En témoigne le fait que les bac+3 en emploi sont seulement 8% à occuper un poste de cadre. Et ils sont moins d’un sur deux à avoir signé un CDI.

Les plus diplômés majoritairement employés par le secteur public

Avec les bac+3, les plus diplômés (bac+6 minimum) font partie de ceux qui bénéficient cette année des meilleurs taux d’emploi. 76% d’entre eux étaient en poste au moment de l’enquête, employés pour plus de la moitié par le secteur public. Un secteur de prédilection pour les universitaires, qui représentent plus de 8 jeunes diplômés en emploi dans ce secteur sur 10. Majoritairement sur des postes de contractuels.
Parmi ces universitaires travaillant dans le public, les diplômés du secteur médical sont en tête
(53% des diplômés employés en sont issus), juste devant les chercheurs issus des filières de sciences humaines (48%).

Taux d’emploi élevé pour les filières scientifiqueS

Dans le public ou le privé, les étudiants sortant de la filière médicale ne connaissent pas la crise. 90% des titulaires d’un bac+4 minimum en 2012 dans ce secteur étaient en poste au printemps 2013. De manière générale, les diplômés de filières à fort contenu scientifique ou technologique sont toujours très bien accueillis sur le marché de l’emploi.
A l’inverse, les jeunes diplômés de droit, économie, langues, lettres, arts, ou encore information et communication, s’insèrent plus difficilement. Moins de 60% des jeunes diplômés de ces secteurs en 2012 avaient un emploi au moment de l’enquête.

Les ingénieurs et les commerciaux connaissent aussi la crise

De niveau bac+5, le cursus scientifique d’ingénieur reste apprécié des recruteurs, avec un bémol tout de même pour la promotion arrivée sur le marché de l’emploi en 2012. 7 ingénieurs diplômés en 2012 sur 10 sont en poste au moment de l’enquête, contre 8 sur 10 pour la promo précédente.
Les diplômés des écoles de commerce accusent également le coup cette année. 66% d’entre eux occupent un emploi au moment de l’enquête, contre 72% l’an dernier. Et près de 25% des titulaires d'un de ces diplômes en 2012 étaient toujours en recherche de leur premier emploi un an après l’avoir décroché.

Intentions d’embauches en hausse pour la fin de l’année 2013

Mais le directeur de l’APEC assure que la situation va s’améliorer, en s’appuyant sur le baromètre trimestriel de recrutement des cadres à paraître fin octobre. Jean-Marie Marx dévoile que cette note révèle "une hausse de 10 points des intentions de recrutement des jeunes diplômés par rapport à l’an dernier. 45% des entreprises envisagent d’embaucher des jeunes diplômés sur des postes de cadres au quatrième trimestre 2013, contre 35% l’an dernier". Une conséquence que le directeur met sur le compte de la reprise des commandes et des investissements. Une bonne nouvelle pour la promo 2013... Et pour ceux de 2012 toujours en recherche d emploi.

(1) Enquête menée au printemps 2013 auprès de 4.500 jeunes diplômés – de niveau bac+3 et plus – interrogés dix mois après leur sortie d’études.

Aller plus loin

Consulter l'infographie de l'APEC : "L'accès à l'emploi des jeunes diplômés dépend fortement de leur profil"

Isabelle Maradan | Publié le