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Enquête du CEREQ : réflexions sur... sept ans de vie active


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(victoriapeckham_flickr)
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Si les jeunes diplômés ont eu, en moyenne, 2,9 employeurs en sept ans, plus ils sont diplômés, moins ils changent d’emploi Où, comment et dans quelles conditions les jeunes s’insèrent-ils dans le monde du travail ? Cette vaste question trouve des éléments de réponse inédits et passionnants dans une enquête que vient de publier le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (CEREQ). Les derniers résultats de son enquête « Génération 98 », après trois, cinq et sept ans de vie active (1), s’intéressent notamment aux effets discriminatoires à l’embauche et aux conséquences de la mobilité sur les jeunes salariés.

Sexe, origine sociale : des effets discriminatoires à l’embauche. « Pour une large part de jeunes, l’insertion est acquise dans les trois premières années qui suivent leur sortie du système éducatif », rappelle Michel Quéré, directeur du CEREQ. Au delà, c’est-à-dire de trois à sept ans, la proportion de jeunes en emploi progresse lentement, de 84 à 86 %.

Et tandis que 10 % de cette « génération 98 » est toujours, peu ou pas en emploi au bout de sept ans de vie active, les disparités selon le diplôme et le sexe restent fortes : les deux tiers de jeunes sans emploi sont des femmes et plus de la moitié n’ont pas le bac. Aussi, le démarrage de la vie familiale pèse plus sur la carrière des jeunes femmes que sur celle des jeunes hommes. Plus nombreuses à quitter rapidement le domicile parental, les femmes voient toujours leurs parcours professionnels ralentis par le fait de vivre en couple avec enfants...

Poids des origines sociales

Par ailleurs, sept ans après la sortie du système scolaire, le poids des origines sociales semble toujours aussi déterminant, même s’il s’amenuise avec l’élévation du diplôme. Reste qu’à niveau de formation équivalent, les enfants de cadres ont des situations d’emploi meilleures que ceux d’ouvriers. Ces écarts se mesurent notamment par des différences de salaires de plusieurs centaines d’euros. De plus, l’effet de discrimination à l’encontre des jeunes issus de l’immigration, notamment maghrébine, est avéré : ceux-ci passent globalement plus de temps à rechercher un emploi, ils ont plus de difficultés à le conserver et leur taux de chômage moyen est deux fois supérieur à celui des jeunes de parents nés en France.

Une mobilité professionnelle importante : subie ou voulue ? Cette enquête du CEREQ analyse également les effets des mobilités en début de carrière (changements professionnels, d’employeur ou géographique). « Nous savions qu’elles étaient particulièrement nombreuses et souvent profitables pendant les trois premières années, note Michel Quéré. Un suivi sur sept ans rend plus visible leur caractère ambigu et laisse le sentiment qu’un dualisme se renforce. »

Quelle mobilité?

Si les jeunes ont eu, en moyenne, 2,9 employeurs en sept ans, plus ils sont diplômés, moins ils changent d’emploi. Certes, le changement d’employeur a une incidence positive sur les salaires. Mais, au final, la rémunération de ceux qui ont changé plusieurs fois d’entreprise est en moyenne inférieure à celle des jeunes sédentaires. De fait, ce sont les moins diplômés, jeunes ouvriers dont les conditions d’emploi sont les moins favorables, qui changent le plus souvent d’employeur parce « qu’ils n’ont sans doute pas d’autre alternative », précise les auteurs de l’enquête.

De quoi remettre en cause les discours sur une mobilité qui n’est pas toujours volontaire, mais qui peut également être subie. Quant aux changements géographiques, ils concernent à l’inverse plutôt les jeunes les plus diplômés et se produisent plus souvent au cours des trois premières années de vie active. Ainsi, de la perception de la vie professionnelle aux effets d’un événement familial sur les sept premières années d’insertion, cette enquête fournit une multitude de données chiffrées qui seront exploitées par les équipes du CEREQ au fil des mois. Un feuilleton à suivre donc.

(1) « Quand la carrière commence... Les sept premières années de vie active de la génération 98 », CEREQ , 2007.


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