Erasmus+ : un budget en forte hausse pour répondre aux enjeux à venir

Pauline Bluteau
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Erasmus+ : un budget en forte hausse pour répondre aux enjeux à venir
Neuf milliards d'euros supplémentaires ont été accordés à Erasmus+ pour la période 2021-2027. // ©  Fred MARVAUX/REA
C’est désormais acté : 9 milliards d’euros supplémentaires ont été accordés par l’Europe au programme Erasmus+ 2021-2027. L’enveloppe, qui s’élève à 23,4 milliards d’euros, doit permettre d’atteindre les 10 millions de mobilités européennes en seulement sept ans, soit autant que ces 30 dernières années.

En négociation depuis plusieurs semaines avec les Etats membres de l’Union européenne, l’institution vient de confirmer l’enveloppe budgétaire du programme Erasmus+ pour les années 2021–2027. Au total, le montant s’élève à 23,4 milliards d’euros constants, soit une augmentation de 80% par rapport à celui du programme 2014–2020. Un budget conséquent qui devra répondre à plusieurs objectifs pour le moins ambitieux.

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Du côté de l’agence Erasmus+ France, cette enveloppe budgétaire est synonyme d’opportunité. "C’est un budget qui a largement été réévalué par rapport au précédent programme donc c’est un très bonne chose", confirme Laure Coudret-Laut.

Selon la directrice de l’agence Erasmus+ France, ce montant doit accélérer les mobilités. Le programme ne prévoit pas moins de 10 millions de départs en Europe sur les sept prochaines années. Un chiffre qui a lui-même été atteint en 30 ans. "C’est très ambitieux mais logique : le budget va permettre à tous d’ancrer l’internationalisation dans un parcours de formation et ce, à n’importe quel moment de sa vie."

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Car les 23,4 milliards d’euros doivent aussi venir renforcer plusieurs objectifs déjà avancés depuis quelques années, notamment sur l’inclusion. Apprentis, élèves boursiers ou encore en situation de handicap… Erasmus+ veut élargir son public pour "permette à la moitié d’une classe d’âge d’avoir passé, avant ses 25 ans, au moins six mois dans un autre pays européen", comme le précise le ministère de l’Enseignement supérieur.

Bien connu des étudiants, le programme souhaite aussi s’adresser aux plus jeunes. "Les établissements scolaires, par exemple, n’auront plus besoin de renouveler leur demande de candidature tous les ans, ils seront partenaires du programme Erasmus pour les sept ans ce qui leur permettra de développer une vraie stratégie d’internationalisation", estime Laure Coudret-Laut.

L'objectif est d'inscrire la mobilité dans un parcours de formation tout au long de la vie. (L. Coudret-Laut)

Comme l’avait rappelé la directrice de l’agence Erasmus+ France en juin dernier sur EducPros, les enjeux du programme 2021–2027 porteront également sur la professionnalisation. L’agence envisage de favoriser les mobilités européennes des apprentis en développant notamment les centres d’excellence professionnelle. Mis en lumière par la crise sanitaire, le modèle hybride sera aussi renforcé. Enfin, un dernier axe concernera la transition écologique : l’agence Erasmus+ compte encourager les "modes de transports plus respectueux de l’environnement comme le train, le bus et tous les transports en commun".

L’agence française attend désormais la validation formelle de ces accords politiques au Parlement et au Conseil européen. "On devrait bientôt en savoir plus sur la répartition de l’enveloppe budgétaire par domaine", précise Laure Coudret-Laut. Une répartition qui ira quoi qu'il arrive dans le sens de ces enjeux à venir.


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