Erasmus+ : beaucoup de demandes, peu d'élus

Marie-Anne Nourry
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Mobilité internationale
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L'agence Erasmus+ France a organisé sa conférence annuelle à Lille, les 1er et 2 octobre 2014. L'occasion de présenter un premier bilan positif de l'implication des universités et grandes écoles dans le programme de mobilité nouvelle formule. Malgré tout, un nombre important de demandes n'ont pas abouti. Une difficulté qui devrait se régler dans les prochaines années grâce à un budget en hausse.

"Nous avions des craintes à cause du lancement tardif de l'appel à projets mais nous avons été très agréablement surpris, les porteurs de projet ont été nombreux à répondre." Sébastien Thierry, directeur adjoint d'Erasmus+ France, a ainsi dressé un bilan enthousiaste de l'année de lancement du programme Erasmus+, lors de la conférence annuelle de l'agence, organisée à Lille les 1er et 2 octobre 2014. En effet, 750 établissements français d'enseignement supérieur ayant présenté leur candidature pour recevoir des financements européens, la France est le deuxième pays le plus actif derrière l’Espagne.

"Mais le revers de ce succès est une concurrence exacerbée sur les financements", s'est empressé d'ajouter le directeur adjoint. En particulier pour les partenariats stratégiques, grande nouveauté du programme Erasmus+ pour les établissements de l'enseignement supérieur. Le principe de ces partenariats est de permettre à plusieurs organisations, dans trois pays au minimum, de monter un projet commun (création d'un nouveau programme d'études, d'un outil Tice, de diplômes conjoints...). Sur 63 propositions, seules 10 ont été acceptées.

 +80% de budget en 2020

"La bonne nouvelle, c'est que le budget annuel en 2020 sera supérieur de 80% au budget de cette année", a annoncé cependant Sébastien Thierry. De 120 millions en 2014, il va grimper pour atteindre 220 millions d'euros en 2020. "Le budget va connaître une montée en puissance lente, puis exponentielle. À terme, nous devrions pouvoir répondre à la demande."

D'ici là, ce "démarrage en douceur"au niveau budgétaire laisse à l'agence le temps de s'approprier le nouveau programme de mobilité. Car plus d'argent, cela signifie aussi plus de travail pour les équipes. "L'année de lancement a été difficile, les bases de données ont 'bugué', mais nous allons recevoir des réponses techniques et cela ira mieux en 2015", rassure le directeur adjoint.

Calibrer les projets

Avant d'arriver entre les mains des agents Erasmus+, les projets sont évalués par des experts indépendants qui en examinent la pertinence et la viabilité. Les projets les mieux notés sont les premiers servis, à la hauteur de leur demande. "Ce n'est pas la peine de demander 400 bourses pour espérer en obtenir 100, tranche Sébastien Thierry. Si un établissement a besoin de 100 bourses et que son projet est accepté, nous lui attribuons 100 bourses."

Et ce ne sont pas seulement les gros projets qui ont une chance d'obtenir un financement, les demandes raisonnables peuvent tout autant être sélectionnées. "Il importe surtout de bien calibrer son projet, insiste le représentant de l'agence. Nous prenons en compte la dotation passée et, si nous voyons que les bourses n'ont pas toutes été distribuées, nous n'en donnons pas plus."

Diversifier les partenariats

Enfin, pour optimiser les chances d'obtenir un financement sur un partenariat stratégique, plus complexe à mettre en œuvre qu'une simple mobilité, il est recommandé de diversifier les parties prenantes. Les projets associant des acteurs issus d'horizons différents (établissements d'enseignement supérieur, entreprises, collectivités…) sont particulièrement appréciés.

"La diversité géographique est également la bienvenue, note Sébastien Thierry. Et les propositions se concentrant uniquement sur les pays les plus actifs du programme (Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, entre autres) ne sont pas ceux qui auront le plus de chances d'être choisis."

Erasmus+ : quoi de plus ?

Sous l’appellation Erasmus+, le nouveau programme lancé fin 2013 par la Commission européenne englobe les actions pour l’enseignement supérieur (Erasmus), le scolaire (Comenius), la formation professionnelle (Leonardo), l’éducation pour les adultes (Grundtvig), celles du programme Jeunesse en action, mais aussi de nouvelles initiatives liées au sport. Objectif principal : renforcer l'employabilité des jeunes.

Aller plus loin :
- Sébastien Thierry : "Erasmus+ constitue une évolution plutôt qu’un véritable changement" (interview)
- Erasmus+ : plus de quoi pour les étudiants ? (Letudiant.fr)
- Programme Erasmus : avant tout une ouverture culturelle (infographie)

 En savoir plus sur l'appel à propositions : Penelope+

Marie-Anne Nourry | Publié le