L'ESCP Europe joue sa carte interculturelle

Natacha Lefauconnier
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ESCP Europe, campus de Paris
ESCP Europe, campus de Paris // ©  ESCP Europe
Approfondir l’identité multiculturelle de l’ESCP Europe : tel est le projet porté par son directeur général, Frank Bournois, à l’horizon 2019. Parmi les chantiers lancés : systématisation des parcours multicampus, développement de la recherche en management interculturel ou trilinguisme des étudiants.

“Cultures for Business” ou “C4B” : tel est le nom donné à la stratégie de l’ESCP Europe pour les quatre années à venir et dévoilée par Frank Bournois le 25 juin 2015. Elle repose sur dix chantiers, qui visent essentiellement à renforcer l’aspect interculturel de la business school.

D’ici à 2019, tous les diplômés auront été formés dans au moins deux des six campus de l’école : Berlin, Londres, Madrid, Paris et Turin, et, à partir de cet automne, Varsovie. Cela est déjà largement le cas, puisque les élèves des programmes généralistes Grande école passent au moins 50% de leur temps à l’étranger, mais le système sera étendu progressivement à tous les MSc, mastères spécialisés et Executive MBA.

Dans l’optique d’internationaliser le recrutement, un Bachelor ouvrira à Londres à la rentrée 2015 : la première promotion de 45 élèves testera ce cursus en “3 ans, 3 pays et 3 langues”, la deuxième année pouvant se réaliser à Madrid ou à Turin, et la dernière année à Berlin.

Des diplômés maîtrisant 3 langues

Qui dit interculturalité dit multilinguisme. En plus de leur langue maternelle et de l’anglais, les jeunes diplômés devront tous maîtriser une troisième langue, “un moyen pédagogique puissant pour aller explorer la complexité qui existe en matière de managament interculturel, explique Frank Bournois, qui leur permettra d’être plus performants dans le monde des affaires.”

Créer une plateforme pédagogique pour l’apprentissage des langues, favoriser la pratique de tandems entre élèves de langues maternelles différentes, poursuivre les “Compagny Projects” (qui permettent d’aborder des situations concrètes de management) sont trois des voies qui devraient mener l’école à cet objectif. “Fini le ‘lu, écrit, parlé’ sur les CV !, s’exclame le directeur de la Business School. Un dispositif de scoring sera mis en place pour mesurer précisément la pratique professionnelle des trois langues de chaque étudiant, avec un certificat à la clé.”

Parallèlement, de nouveaux programmes de l’Executive Education permettront aux cadres dirigeants d’entreprise d’adapter leur business modèle en fonction des pays où ils souhaitent se développer.

La référence en matière de management interculturel

La Business School veut ainsi devenir la référence en matière de management interculturel, avec plus de 50% de sa recherche axée dans des domaines comme les sciences de gestion ou le management comparé.

Parallèlement, un think tank “Cross-Cultural Management for Business Performance” sera lancé prochainement à Berlin, avec pour ambition d’accumuler les résultats portant sur la création de valeur liée au management interculturel pour les entreprises. Une création de valeur que l’ESCP Europe espère au rendez-vous pour sa propre stratégie.

L'ESCP en quête de nouveaux moyens
Sur les 90 M€ correspondant aux ressources annuelles de l'ESCP Europe, 11 à 12% provenaient jusqu'ici de la dotation de la CCI de Paris Île-de-France (et 3% environ des taxes d'apprentissage). Pour compenser la baisse de cette dotation dans les trois ans à venir et accroître son budget propre, la Business School va devoir trouver 10 M€ par an sur la période 2015-2019.

Dans ce contexte économique, augmenter les frais de scolarité (68% des ressources) n'est pas une piste envisagée, selon Franck Bournois. L'école mise sur le développement de nouveaux programmes de formation continue (16% des ressources actuelles), sur le fundraising (2,4% des ressources proviennent de la Fondation ESCP Europe) et sur des opérations internes de réallocation des ressources. "On réfléchit, par exemple, à simplifier la gouvernance actuelle, qui comprend une entité par campus à laquelle s'ajoute une gouvernance globale. Mais je ne peux pas en dire plus à ce stade, la réflexion est en cours", conclut le directeur de l'ESCP Europe.

Natacha Lefauconnier | Publié le