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États-Unis : Flatiron, l'école du "bootcamp learning"

De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon
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La Flatiron School - New York - Etats-Unis // ©J.Gourdon
La Flatiron School - New York - Etats-Unis // ©J.Gourdon // ©  J. Gourdon

Former des développeurs web en douze semaines. C'est le pari de la Flatiron School, une école privée de New York ouverte il y a deux ans et dont le succès va croissant.

Ashley n'a pas le profil typique de l'étudiant en informatique. À 28 ans, cette Américaine était titulaire d'un master littéraire à l'université de Caroline du Sud, et travaillait comme documentaliste. "Un emploi précaire avec un bas salaire, sans perspectives", dit-elle. Cet été, elle s'est inscrite à  la Flatiron School, à New York et elle va devenir développeuse web. "C'était difficile au début, mais surmontable. Il s'agit avant tout de logique. Le programme de Flatiron nous pousse à donner le maximum. Je suis presque certaine de trouver un emploi dans ce secteur à la sortie", affirme-t-elle.

Peut-on devenir développeur informatique en douze semaines ? C'est le pari de cette école privée new-yorkaise en plein essor, qui mise sur un entraînement intense. "Le code, ce n'est pas que pour les matheux. Cela demande beaucoup de créativité. Et à la sortie, ce sont des jobs intéressants, dont on manque crucialement. Aux États-Unis, on estime à 1,4 million les besoins d'emplois dans ce secteur en 2020, alors qu'il n'y a que 400.000 étudiants en informatique", martèle Adam Enbar, qui a lancé Flatiron fin 2012.

L'école peut déjà se vanter de bons résultats. 98 % des diplômés des premières cohortes ont obtenu un poste dans les 90 jours, dans des sociétés ayant pignon sur rue : Etsy, Fox News, New York Times, Makerbot. En moyenne, leur salaire a augmenté de 48 %, et s'établit à 58.500 € par an.

un business model attractif

Flatiron est une alternative low-cost à l'université : 12.000 $ tout de même, mais un simple semestre de fac peut atteindre le double. Elle ne vise pas d'accréditations. D'autres écoles ont construit leur succès sur ce modèle, comme General Assembly. En outre, Flatiron s'est fait repérer par la mairie de New York, qui finance la scolarité de certains élèves à bas revenus (en particulier des filles). Elle a aussi levé des fonds auprès d'investisseurs.

un format séduisant

 La promesse de changer de voie en si peu de temps est séduisante. La session est intense, centrée sur une compétence. C'est ce qu'on appelle du "bootcamp learning". "Je suis à l'école de 8h30 à 22h30 du lundi au samedi. Pour moi, l'immersion, c'est la meilleure manière d'apprendre", affirme Brandon Hopkins, étudiant à Flatiron.

une forte sélection

"Pour la dernière session, nous avons eu 3.359 candidats pour 202 places",calcule Avi Flombaum, autre co-fondateur. Nous ne prenons pas plus de candidats pour le moment, assure Avi Flombaum, car nous voulons consolider notre réseau de professeurs. Nous favorisons la diversité : littéraires, scientifiques, journalistes, sportifs, designers... Cela inspire les gens d'être en contact avec des profils différents."

Aucun pré-requis n'est demandé. Le dossier à compléter est très large. Chacun peut choisir le type de réalisations qu'il souhaite mettre en avant. Un bon score au SAT (le test d'admission des universités) peut être mentionné, mais pas obligatoire. On peut mettre en avant la maitrise d'un instrument de musique, les activités associatives, entrepreneuriales, ou autre projet réalisé avec succès et démontrant sa capacité à raisonner et agir dans un environnement complexe. Certains ont quelques bases de code, d'autres n'y connaissent rien. La plupart ont entre 25 et 35 ans. "On choisit des personnes qui ont prouvé, par le passé, qu'elles s'étaient fixé un objectif difficile et avaient été capables de le tenir, et qu'elles pouvaient se passionner pour quelque chose."

une pédagogie par l'action 

Les deux cursus proposés (iOS ou Ruby) évoluent selon les besoins des employeurs. "Au début de la session, il y a des cours théoriques, puis beaucoup de travaux de groupes, poursuit Avi Flombaum. Lorsqu'une équipe est bloquée, nous leur donnons des vidéos, des chapitres à lire". Pas de tests, pas de notes. Les élèves apprennent en construisant des sites ou des applications. Un portfolio dont ils se servent pour leur recherche d'emploi. Le "blended learning" en action.


De notre correspondante aux Etats-Unis, Jessica Gourdon | Publié le

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Randall.

Bon travail Ashley!