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Étudiant-entrepreneur : un plan de communication pour un statut mal connu

Étienne Gless
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Le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche lance en mai et à la rentrée 2016 une campagne pour promouvoir le statut d'étudiant-entrepreneur.
Le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche lance en mai et à la rentrée 2016 une campagne pour promouvoir le statut d'étudiant-entrepreneur. // ©  MESR
Thierry Mandon a lancé une campagne de communication digitale pour booster la notoriété du statut d'étudiant-entrepreneur. Et appelle à un "an II de l'entrepreneuriat étudiant".

"Ça bouge ! Mais il y a encore beaucoup à faire pour que le statut d'étudiant-entrepreneur soit davantage connu et reconnu", estime Thierry Mandon. Fort de ce constat, le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche a lancé, mardi 17 mai, une campagne sur les médias digitaux, destinée à promouvoir ce statut, lancé en 2014.

Selon une étude commandée à CSA Research par le ministère et présentée lors du lancement de la campagne, 40% des étudiants n'ont jamais entendu parler de ce statut

Le statut national d'étudiant entrepreneur a été accordé à 1.427 jeunes porteurs de projet en 2015-2016, contre 645 l'année précédente. Il permet aux étudiants de monter leur projet d'entreprise en parallèle de leurs études et aux jeunes diplômés de conserver ou de retrouver le statut d'étudiant et les avantages qui y sont associés.

Des bénéficiaires globalement satisfaits

D'après l'étude, le statut satisfait près de 76% des étudiants bénéficiaires : l'aménagement des horaires d'études, l'acquisition de nouvelles compétences et l'accompagnement par le réseau Pepite (Pôle étudiant pour l'innovation le transfert et l'entrepreneuriat) arrivent en tête des principaux avantages du statut appréciés par les étudiants ou jeunes diplômés.

Les deux problèmes principaux évoqués restent la difficulté à mener de front études et projet d'entreprise (pour 43% des répondants) et le manque de reconnaissance du statut (pour 41% d'entre eux).

"J'ai connu une première année universitaire compliquée. J'ai d'ailleurs fini par prendre une année de césure car mon projet prenait trop d'ampleur", témoigne ainsi Guillaume Rolland, 20 ans, qui a monté à Nantes sa start-up Sensorwake. Au moment d'intégrer l'UTC (Université technologique de Compiègne), il était également finaliste du Google Science Fair, un prestigieux concours international pour start-up organisé par la firme de Mountain View, et devait pitcher son projet aux États-Unis. "Un cas extrême. L'âge médian et moyen des étudiants entrepreneurs est en fait de 24 ans", nuance Jean-Pierre Boissin, professeur à l'IAE de Grenoble et coordinateur de Pepite France.

Développer la culture entrepreneuriale

Reste que, pour l'ensemble des étudiants, si le statut est bien perçu comme un atout, seuls 39% ont le désir de se lancer. La crainte de mettre en péril la réussite de leurs études en consacrant du temps à un projet entrepreneurial est partagée par 53% d'entre eux.

"Les efforts pour développer une culture de l'entrepreneuriat dans les universités et les écoles sont encore assez récents et les principaux dispositifs, le réseau Pépite et le statut ont seulement deux ans, rappelle Thierry Mandon pour expliquer cette réticence. Nous devons développer une culture de la prise de risque qui n'est pas encore acquise en France, où l'on sanctionne encore trop fortement l'échec."

Favoriser le coworking

Le secrétaire d'État à l'Enseignement supérieur et à la Recherche promet de nouvelles mesures de simplification en octobre pour faciliter l'accès au statut d'étudiant-entrepreneur et aux dispositifs d'aide à la création.

Thierry Mandon réfléchit aussi à développer davantage d'espaces de coworking ou de pépinières au sein des Comue. L'idée ? Avoir davantage de lieux où les étudiants puissent entreprendre afin de donner envie aux autres de se lancer.

Dernier enjeu, le déblocage d'un minimum de financements spécifiques pour aider des étudiants-entrepreneurs qui n'ont souvent aucune ressource propre : "Par exemple, des prêts d'honneurs spécifiques ou des prêts ante-création", propose Jean-Pierre Boissin. "Un acte II de l'entrepreneuriat" que promet Thierry Mandon.


Étienne Gless | Publié le

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