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Faq2sciences: l’entrée en licence se prépare aussi sur le Web

Céline Authemayou
Publié le
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faq2sciences, interface dédiée aux lycéens intéressés par la licence.
faq2sciences, interface dédiée aux lycéens intéressés par la licence. // ©  faq2sciences

Pour accompagner les lycéens désireux d’intégrer une licence scientifique, l’université des sciences en ligne, Unisciel, a lancé le 15 juin 2015 un site Internet d’auto-évaluation. Baptisé faq2sciences, le dispositif doit permettre aux futurs étudiants de mieux préparer leur arrivée dans l’enseignement supérieur. Et ainsi de réduire l'échec en premier cycle.

"Quel est l'organisme unicellulaire ? Le chapeau du champignon de Paris, les levures, la drosophile ou le maïs ?" Sur faq2sciences, les questions pointues se succèdent, portées par une interface colorée et ludique.

Mis en ligne le 15 juin 2015, le site Internet s'adresse directement aux lycéens et aux étudiants désireux de savoir ce qui les attend sur les bancs de l'université scientifique. À travers 20 questions, piochées aléatoirement dans un stock de 1.200, l'internaute peut dresser rapidement un bilan de ses propres connaissances. Et donc de son niveau.

Imaginé par Unisciel, l'université des sciences en ligne créée par le ministère de l'Éducation nationale, en collaboration avec la CDUS (Conférence des doyens et directeurs des UFR scientifiques), faq2sciences permet aux internautes de se tester mais également d'accéder à des ressources en ligne. Une note de 4 sur 20 obtenue en chimie des solutions ? L'utilisateur se voit directement – et gratuitement – proposer des cours en ligne, mis à disposition par la quarantaine d'établissements membres d'Unisciel.

Objectif : réduire l'échec en licence

Car derrière le site et son apparence ludique, se cache l'objectif de réduire l'échec en licence scientifique. En 2014, selon le ministère, 26% des promotions entrant en L1 "sciences fondamentales et applications" ont quitté le système universitaire en fin d'année. Un taux qui monte à 30% pour la filière "sciences de la vie".

"Aujourd'hui, les universités accueillent des publics extrêmement hétérogènes, constate Jean-Marc Broto, président de la CDUS. Nous avons des jeunes titulaires d'un bac professionnel, d'autres qui savent très tôt qu'ils se destineront à la recherche. Il faut donc étudier différentes pistes pédagogiques pour répondre aux attentes de tous ces étudiants. Le numérique est l'un des outils mis à notre disposition."

Pour créer faq2sciences, Unisciel s'est appuyé sur le travail mené dans 18 universités membres : à travers un questionnaire diffusé auprès des étudiants, les enseignants ont pu identifier les connaissances acquises au lycée comme les lacunes et ainsi adapter les cours de L1 aux nouvelles contraintes. "La réforme du baccalauréat scientifique ne nous a pas facilité la tâche, note Jean-Marc Broto. Devenu généraliste, le bac S ne prépare plus aux filières scientifiques. L'université s'adapte, mais pas assez vite par rapport aux changements intervenus dans le secondaire..."

La réforme du baccalauréat scientifique ne nous a pas facilité la tâche. Devenu généraliste, le bac S ne prépare plus aux filières scientifiques.
(J-M. Broto)

Vers le "blended learning"

Conçu par un prestataire, faq2sciences a été financé à hauteur de 90.000 € par le ministère. Une somme à laquelle doit être ajouté l'investissement des universités membres d'Unisciel, qui ont toutes contribué indirectement, en dégageant du temps pour les enseignants, auteurs des 1.200 questions disponibles.

"Pendant longtemps, ces initiatives ont été portées par des enseignants militants, reconnaît Manuel Majada, secrétaire général d'Unisciel. Si l'action reste guidée par l'envie, on entre dans une phase plus collective, avec une mutualisation des forces. Pour preuve, la pédagogie numérique est de plus en plus portée par la gouvernance des universités."

Aujourd'hui destinée aux lycéens souhaitant intégrer une L1, faq2sciences devrait s'ouvrir à terme à d'autres publics (candidats aux M1, élèves en formation continue...) et pourrait être utilisé au sein même des UFR. "Pourquoi pas en fin de semestre pour faire un point sur les acquis ?", propose Manuel Majada. Un enseignement mixte ("blended learning"), déjà très utilisé dans les grandes universités américaines, à l'image du MIT.


Céline Authemayou | Publié le

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