France Business School : le programme et le mode d'admission enfin dévoilés

Marie-Anne Nourry
Publié le
Envoyer cet article à un ami
FBS Poitiers
FBS Poitiers
Suite du feuilleton France Business School. Patrick Molle lève le voile sur le programme grande école de la nouvelle entité et le mode de sélection qui l’accompagne. Il a symboliquement choisi la Cantine, un espace de co-working parisien, pour s’adresser à la presse mardi 6 novembre.

En septembre 2012, Patrick Molle avait créé la surprise en annonçant que France Business School (ESC Amiens, Brest, Clermont et Tours-Poitiers) ne s’inscrirait dans aucune banque d’épreuves et lancerait son propre système de sélection. « FBS talent hunting », tel est le nom de ce mode de recrutement, dévoilé le 6 novembre 2012 et qui sera dirigé par Mireille Lefébure, ex-directrice adjointe de l’ESCEM et ex-présidente du Sigem.

Un mode de sélection inspiré du recrutement en entreprise

« Je n’ai pas prononcé le mot concours, insiste Patrick Molle, nous sommes dans une démarche de sélection différente. » Terminées, les épreuves écrites. FBS prévoit un recrutement qui s’inspire directement de celui des entreprises pour faire « la chasse aux talents », en se basant sur le diplôme pour valider le niveau académique des candidats. « C’est une nécessité pour diversifier les profils et créer ainsi la salle de classe la plus hétérogène possible ».  

Aux accusations selon lesquelles FBS mettrait en péril le Sigem en renonçant à utiliser ce système de répartition des étudiants de prépas, Patrick Molle est catégorique : « Nous sortons du Sigem mais nous ne jouons pas contre nos confrères. Nous nous comporterons de manière responsable et ne rappellerons pas les candidats. J’en prends l’engagement formel. »

L’école, qui se revendique de « nouvelle génération », ne veut pas se contenter d’ouvrir son recrutement aux profils littéraires et technologiques. Elle sera accessible à six profils de candidats : les étudiants en 2e année de prépa (toutes disciplines confondues), les diplômés d’un bac + 2, les diplômés d’un bac + 3 ou plus, les étudiants internationaux, les diplômés en management et les profils atypiques. Tous les domaines du supérieur seront concernés : sciences et technologies, art et lettres, design, santé, sport, économie ou encore droit.  

Nous sortons du Sigem mais nous ne jouons pas contre nos confrères


Le processus de sélection sera composé d’un dossier d’inscription et d’une journée d’évaluation. Au menu de ce « talent day » : un test de raisonnement, un entretien individuel, des épreuves de groupe et une épreuve d’anglais. Des journées de ce type seront organisées tous les mois, à partir de février 2013, dans les grandes villes de France. Les étudiants devront débourser 80 euros pour s’inscrire, qui leur seront ensuite remboursés à l’issue de la journée d’évaluation.

Nouveau programme grande école

Le slogan de FBS – « New world. New school »  –  est riche en promesses. L’école entend revenir sur des valeurs de compagnonnage, telles que le partage d’expériences. Concrètement, cela va se traduire par la mise en place d’une plate-forme de connaissances accessible grâce à des cours traditionnels ou en e-learning, de projets réels en lien avec les cours et d’ateliers de travail collaboratifs qui seront animés par des entrepreneurs.

« La génération Y est derrière nous, c’est la génération Z ou C, comme connectée, qui va entrer à FBS », souligne Patrick Molle. Ce qui implique la mise en place de nouvelles approches éducatives. Cinq parcours différents et « customisables » seront proposés aux étudiants, dont un parcours entièrement en apprentissage.  

Deux rentrées sont programmées, septembre 2013 et janvier 2014, et les inscriptions sont à présent ouvertes sur le site de FBS, lancé ce mardi 6 novembre.

Reste à savoir ce qu'en penseront les recruteurs.

Des tensions en interne

En parallèle des annonces de Patrick Molle, des salariés de l’ESCEM ont contacté EducPros pour relater les tensions en interne. En cause : le passage du statut consulaire au statut privé, qui concerne l’ensemble des salariés, à l’exception de ceux de l’ESC Amiens qui ont déjà opéré le transfert. « Nous ne sommes pas contre le projet FBS mais nous voulons que la direction nous garantisse par écrit que nos conditions d’emploi seront maintenues en attendant la mise en place de la nouvelle équipe de représentants et de délégués syndicaux, et la négociation des accords d’entreprise », indique une représentante du personnel.  

Les salariés des écoles fondatrices veulent également être assurés que les licenciements, qui seront proposés aux salariés ne souhaitant pas rejoindre FBS, s’opèreront sous le statut public (plus avantageux) et non sous le statut privé. Un préavis de grève, à compter du 20 novembre, a été déposé. Interrogé par EducPros, Patrick Molle a assuré que le problème était en cours de résolution. « Nous avons assuré aux salariés qu’ils garderaient leur salaire net, leurs avantages et leur ancienneté, et qu’ils pourront être licenciés sous le régime des chambres de commerce. » Affaire à suivre.

Marie-Anne Nourry | Publié le