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Rapport Saint-André : un "portail santé" remplace la Paces et le numérus clausus

Camille Jourdan
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Avec le cursus "Parcours Santé", les étudiants pourront accéder aux études de médecine, maïeutique, d'odontologie et de pharmacie avec une sélection moins sévère que le numerus clausus.
Avec le cursus "Parcours Santé", les étudiants pourront accéder aux études de médecine, maïeutique, d'odontologie et de pharmacie avec une sélection moins sévère que le numerus clausus. // ©  plainpicture Westend61/Kai Schwabe
Rendu public mardi 18 décembre 2018, ce rapport précise la nouvelle organisation des études de santé, après l'annonce de la suppression du numérus clausus et de la Paces au profit, notamment, de la création d'un "portail santé".

En septembre 2018, le président de la République Emmanuel Macron annonçait la fin de la Paces (Première année commune des études de santé) dès la rentrée 2020. Un rapport du groupe de travail piloté par le professeur Jean-Paul Saint-André, ancien président de l'université d'Angers, vient confirmer cette annonce : cette première année devrait disparaître d’ici à deux ans pour laisser place à plusieurs voies d’accès aux filières de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie.

Plusieurs modes d'entrée dans les études de santé

Les deux options qui se présenteraient aux élèves de terminale seraient soit le "portail santé", une sorte de première année d’études de santé plus générale, soit une première année de licence, quelle qu’elle soit, intégrant éventuellement une "mineure santé".

Il sera également possible de rejoindre un cursus de santé après une deuxième ou troisième année de licence, après un master ou un diplôme équivalent, ou encore après une expérience professionnelle dans le domaine de la santé.

Afin d’éviter de recréer une "voie royale", 60 % des effectifs maximum des différentes filières de santé seront issus d’une seule voie d’accès.

Le "portail santé" : aucun redoublement ne sera possible

Via Parcoursup, les élèves certains de se diriger vers des études de santé pourraient s’inscrire au "portail santé", une voie universitaire non sélective à l'entrée. Durant cette première année d’études, ils suivraient des "enseignements spécifiques des différentes filières" (médecine, pharmacie, etc.) et des "enseignements spécifiques préparant la poursuite d’études dans d’autres formations de premier cycle".

Le rapport prévoit, pour ces étudiants, une charge de travail comprise entre 1.500 et 1.800 heures. Ils devront également choisir une ou plusieurs spécialités vers lesquelles ils souhaiteraient se tourner.

La sélection aurait lieu à l’issue de cette première année. Plusieurs conditions d’admissibilité devront être réunies : avoir validé, en un an, 60 ECTS ; obtenir une moyenne générale supérieure à un certain seuil ; éventuellement, avoir décroché une "note minimale à un module spécifique". Ces critères remplis, l’étudiant serait évalué au cours d’une épreuve écrite ou orale.

Si l'examen est réussi, il intégrerait le diplôme de formation générale (DFG2) dans la filière choisie. S’il échoue, mais a validé 60 ECTS, il pourrait poursuivre vers une L2 de son choix. Aucun redoublement ne sera possible. Toutefois, à l’issue de sa L2 ou L3, il serait possible de retenter sa chance au "portail santé".

Ouverture du recrutement avec une "mineure santé"

Les élèves de terminale hésitant entre deux corps de métiers, ou ne souhaitant pas passer par le portail santé, pourraient s’inscrire, également sur Parcoursup, en première année de licence. Une "mineure santé" serait a priori proposée par certaines universités.

À l’issue de cette première année, les étudiants pourraient prétendre rejoindre le DGF2, et ce à plusieurs conditions, et notamment celle d'avoir validé leurs 60 ECTS en un an. D’autres critères de sélection pourraient être requis, comme une moyenne générale supérieure à 12/20, ou la validation de cette année en première session, et, surtout le suivi d'une "mineure santé". S’ils remplissent ces différentes conditions, ils seraient convoqués à un examen d’admission écrit et/ou oral.

"Toutes les licences ne permettent pas forcément une candidature dans toutes les filières", précise toutefois le rapport, qui évoque par exemple "la possibilité de candidater en médecine et maïeutique à partir d’une L1 de psychologie, mais en pharmacie à partir d’une L1 de chimie".

Les étudiants admis après une L1 rejoindraient donc le cursus choisi. Ceux qui postuleraient après une L2 ou L3 (dans la limite de deux fois), pourraient éventuellement être admis directement en DGF3, sans passer par le DGF2.

Les différences avec l'ex-Paces

Si le "portail santé" ressemble à la Paces, le rapport relève plusieurs différences. Ce ne serait plus que l’une des voies d’accès aux études de santé, pour moins de 60 % des places. Le redoublement d’une année validée par l’obtention de 60 ECTS ne serait pas possible. Les contenus seraient diversifiés et prépareraient à une poursuite d’études dans divers domaines.

Les poursuites d’études pour tous les étudiants ayant validé 60 ECTS seraient garanties et identifiées. Ces changements s'inspirent beaucoup des expérimentations menées dans certaines universités, comme à Angers ou, plus récemment, les universités franciliennes.

Ainsi, en principe, des étudiants issus de filières variées devraient pouvoir accéder aux études de santé.

Ces propositions seront étudiées dans les prochains mois par les ministres de l'Enseignement supérieur et de la Santé. Le projet de loi Santé devrait être adopté au premier semestre 2019, puis suivront les décrets instaurant concrètement les changements. Les élèves entrant en terminale en septembre 2019 pourraient être les premiers à bénéficier de cette réforme en 2020.


Camille Jourdan | Publié le

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