Newsletter

Fonds de roulement : les écoles d'ingénieurs se sentent trahies et méprisées

Céline Authemayou
Publié le
Envoyer cet article à un ami
Ecole centrale de Nantes ©Vincent Jacques
Ecole centrale de Nantes ©Vincent Jacques // ©  Vincent Jacques

Le dossier des fonds de roulement continue de provoquer l’ire des écoles d’ingénieurs publiques. Samedi 4 avril 2015, huit directeurs ont publié une lettre ouverte pour dénoncer le projet de prélèvement prévu par le ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

Les directeurs évoquent "une trahison pour les équipes dirigeantes et un mépris pour les personnels et les élèves". François Cansell (Bordeaux INP), Laurent Carraro (Arts et Métiers ParisTech), Frank Debouck (École centrale de Lyon), Emmanuel Duflos (École centrale de Lille), Frédéric Fotiadu (École centrale de Marseille), Arnaud Poitou (École centrale de Nantes), Bertrand Raquet (INSA Toulouse ) et Olivier Simonin (INP Toulouse) ont uni leurs voix pour exprimer une fois de plus leur mécontentement au sujet de ce qui pourrait devenir "l'affaire" des fonds de roulement.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site d'Arts et Métiers ParisTech, les directeurs des écoles rappellent, avec amertume, l'historique du dossier : annonce du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur d'un prélèvement sur les fonds de roulement de certains établissements publics "en s'appuyant sur un rapport non publié et communiqué officieusement", nouvel audit en cours portant sur seulement six écoles – dont Arts et Métiers ParisTech –, et dernier épisode, l'enquête diligentée par le ministère des Finances via le CGEFI (Contrôle général économique et financier) pour analyser le mode de financement global des établissements publics.

"Où est la coordination sur un sujet aussi primordial pour l'avenir de nos étudiants et, au-delà, pour l'avenir de notre pays ?", regrettent les directeurs.

Incertitude persistante sur les dotations

"Par ailleurs, alors qu'il nous est demandé d'élaborer des budgets sincères et soutenables, à ce jour, nos dotations ne sont toujours pas connues, rappellent les signataires. Nos budgets ont ainsi été élaborés en présumant de la reconduction des dotations, alors que le premier trimestre de l'année est déjà passé et que nous sommes soumis à de multiples contrôles pour vérifier la disponibilité des fonds.
S'il était avéré, ce coup d'arrêt constituerait une menace pour nos investissements à court et moyen terme, conduisant ainsi à rendre vaine la vision de nos objectifs pluriannuels et à comprimer inéluctablement toutes nos activités et nos emplois scientifiques."

La CPU (Conférence des présidents d'université) a été reçue le 30 mars 2015 par Najat Vallaud-Belkacem pour évoquer le dossier. La ministre s'est alors engagée à notifier aux universités leurs subventions "dans les tout prochains jours". Les membres de la Cdefi (Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs), qui avaient rencontré le 16 mars les conseillers du Premier ministre à Matignon, seront quant à eux reçus jeudi 9 avril à la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle. Les conseillers de Manuel Valls leur avaient promis un retour après les élections départementales.


Céline Authemayou | Publié le

Vos commentaires (0)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires