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Frais de scolarité à Polytechnique : vers un remboursement (presque) généralisé

Sophie Blitman
Publié le
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A partir de la promotion 2013, les diplômés de l'X qui travailleront dans le secteur privé - la "pantoufle" - devront rembourser leurs frais de scolarité. Une annonce qui a suscité un large écho, laissant parfois sous-entendre que de nombreux élèves de Polytechnique passaient aujourd’hui entre les mailles du filet. En réalité, c’est l’école elle-même qui avait déchargé la majorité de ses élèves de cette obligation de remboursement, comme l’explique le général Xavier Michel. Le directeur de l’école précise aussi les orientations de cette réforme, qui s’annonce plutôt en demi-teinte.

Aujourd’hui, environ 300 élèves français sur 400 travaillent dans le privé à la sortie de l’école, alors que celle-ci les a rémunérés pendant leurs études, à hauteur de 870€ mensuels. Pourquoi ne remboursent-ils par leurs frais de scolarité ?

Cette question est régie par le décret du 13 avril 1970 qui fixe les règles de remboursement des frais de scolarité : cette obligation concerne les élèves qui ne travaillent pas pendant dix ans pour l’Etat, mais comporte des exceptions. En particulier, les élèves qui suivent une formation complémentaire sont exonérés du remboursement. L’objectif, dans les années 70, était en effet d’inciter les élèves à poursuivre leurs études avant d’entrer dans la vie active.
Or, la réforme de la scolarité X2000 a allongé la durée de formation qui est passée de trois à quatre ans : les élèves qui n’entrent pas dans un corps de l’Etat doivent désormais suivre une formation complémentaire, ce qui les exonère de fait – au vu du décret de 1970 – du remboursement des frais de scolarité. Ces règles nous paraissent devoir aujourd’hui être revues pour tenir compte de cette évolution.

Les élèves qui suivent une formation complémentaire sont exonérés du remboursement

Cela signifie-t-il qu’à compter de 2013, tous les diplômés qui seront embauchés par des entreprises privées devront rembourser à l’école les frais de scolarité, évalués aujourd’hui à 45.000€ ?

Ce principe de rénovation du système de remboursement de la "pantoufle" est inscrit dans le notre contrat d’objectifs et de performance (2012-2016), signé le 21 mars 2012 avec le ministère de la Défense. Les modalités de mise en œuvre de cette réforme doivent maintenant être examinées pour que celle-ci soit déclinée de manière pragmatique. En effet, on ne voudrait pas décourager les diplômés qui souhaitent poursuivre en doctorat, comme c’est le cas pour 25 à 30% d’entre eux, ni ceux qui se lancent dans la création d’entreprise.

De même, nous allons être attentifs à ne pas inquiéter les jeunes étudiants qui viennent de familles aux revenus modestes. L’objectif est que l’Ecole polytechnique continue de faciliter l’entrée dans la vie professionnelle, pas qu’elle pénalise ses diplômés !

Les points clefs du contrat d’objectifs et de performance 2012-2016 de l’Ecole polytechnique
- Participation active de l’Ecole polytechnique à la construction de l’Université Paris-Saclay : les collaborations dans les domaines de l’enseignement, la recherche et l’innovation devraient s’intensifier, notamment pour les projets retenus dans le cadre des Investissements d’avenir.

- Rénovation de la formation pour renforcer le lien entre l’école et la vie professionnelle : en particulier, l’accent devrait être mis sur la pédagogie par projets, une plus grande familiarité avec la recherche, ainsi que la préparation au travail en entreprise, à travers par exemple l’accompagnement des élèves dans le développement de compétences comportementales.

- Contribution à la constitution de la "School of Engineering" de l’Université Paris-Saclay
, qui devrait entretenir des liens forts avec le monde socio-économique, dans l’optique d’une réindustrialisation de la France.


Sophie Blitman | Publié le

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