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Françoise Moulin Civil : "Il faut rendre la fonction de recteur plus attractive"

Erwin Canard
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Françoise Moulin Civil, rectrice de la région académique Auvergne - Rhône Alpes, rectrice de l'académie de Lyon
La mission ministérielle confiée à François Moulin Civil et à la conférence des recteurs rendra ses propositions fin mars 2017. // ©  Stephane AUDRAS/REA
Le 7 février 2017, Najat Vallaud-Belkacem a confié à la conférence des recteurs une mission dédiée à l'accompagnement et à la formation des futurs rectrices et recteurs. La présidente de la conférence, Françoise Moulin Civil, rectrice de la région académique Auvergne-Rhône-Alpes et de l'académie de Lyon, détaille les enjeux et le calendrier des travaux.

En quoi cette mission sur "les enjeux d'accompagnement et de formation des futures rectrices et futurs recteurs" consistera-t-elle ?

Ce n'est pas la première fois que le ministère se penche sur les conditions d'accès à l'emploi de recteur. Il y a déjà eu un certain nombre de rapports, mais Najat Vallaud-Belkacem souhaitait que la réflexion provienne des recteurs en poste.

En premier lieu, la mission porte sur le vivier des recteurs car, bien que les conditions d'accès à cet emploi aient été modifiées, il n'est pas toujours simple de recruter : la fonction est exigeante et oblige, notamment, à une mobilité géographique. La ministre nous demande donc de réfléchir à des procédures d'identification et de diversification des profils. Élargir le vivier passera également par un travail sur l'attractivité de la fonction.

Nous réfléchirons aussi à comment apprécier au mieux l'aptitude des personnes pressenties à exercer le métier de recteur. Il faut être capable d'intervenir sur des dossiers très larges, qui traversent l'enseignement scolaire et l'enseignement supérieur, tels que la pédagogie, le pilotage, la gestion de crise…

Il s'agit aussi de préparer les futurs recteurs à l'exercice de leur fonction. Actuellement, il n'y a qu'une semaine de battement entre leur nomination en Conseil les ministres et leur prise de fonction. Constituer un vivier permettra sans conteste aux futurs recteurs de mieux appréhender leur poste.

Un dernier point de la mission consiste à identifier des procédures d'accompagnement lors des premiers mois de prise de fonction, avec des actions de formation. Cela pourrait s'approcher d'un "accompagnement personnalisé", effectué par les services du ministère.

Pourquoi cet accompagnement est-il nécessaire ?

Tous les recteurs viennent de fonctions différentes : président d'université, inspecteur général, directeur de recherche… L'accompagnement est nécessaire pour acquérir des connaissances et compétences dans des champs qui ne sont pas forcément les nôtres au départ, même si, sur le terrain, on apprend vite.

Quel est le calendrier de la mission ?

Il se déroule en trois temps. D'abord, celui de la production, avec les recteurs qui veulent participer à cette mission. Ils produiront des réflexions, des recommandations sur les sujets dont ils souhaitent s'emparer. Ce travail s'effectuera d'ici au début du mois de mars. Nous formerons ensuite des groupes de travail, en fonction des différentes productions et des thèmes de la lettre de mission. Puis, les propositions seront mises en forme et validée par la conférence des recteurs, pour une remise du rapport le 31 mars 2017.


Erwin Canard | Publié le

Vos commentaires (2)

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Zeb.

Recteur, ce n'est pas un métier, mais une fonction, qui est déjà très très lucrative!

Etonné.

Bonjour, J'avoue être quelque peu étonné d'apprendre qu'il faudrait rendre la fonction de recteur plus attractive au vu de ce que je connais de ses avantages, et surtout du nombre de gens qui veulent le devenir (ou le rester). Pour ce qui est de leur formation, il me paraitrait en premier lieu nécessaire de leur rappeler que le Code de l'éducation leur confie des fonctions essentielles, qu'ils doivent absolument exercer. Par exemple, l'article D. 211-10 leur confie la mission de définir les districts (i.e. la carte scolaire) des lycées de l'académie. Voilà qui revêt une importance toute particulière pour des centaines de milliers de français chaque année. Pourtant, certains oublient juste de le faire, comme le rappelle la Commission d'accès aux documents administratifs par exemple dans son avis n°20163591 du 6 octobre 2016 : "En réponse à la demande qui lui a été adressée, le secrétaire général de l'académie du Rhône a indiqué à la commission que les décisions sollicitées au titre des points 1), 3) et 4) n'avaient pas été formalisées. Ces documents étant inexistants, la commission ne peut que déclarer la demande sans objet sur ces points." Le document 1) était justement la définition de la carte scolaire du Rhône pour la rentrée scolaire 2016 : ce document est donc inexistant.