Fundraising : Polytechnique a levé 31,6 M€ en misant sur son réseau d'anciens

Sophie Blitman
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Soirée - Fondation - X
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Quatre ans après le lancement de sa campagne de levée de fonds, l’Ecole Polytechnique en a dressé un bilan, à l’occasion de sa soirée annuelle des grands donateurs, le 22 mai 2012 à l’Institut Pasteur. Résultat : 31,6 M€ collectés. Alors que beaucoup d'établissements d'enseignement supérieur peinent à récolter des fonds conséquents, ce succès est en grande partie lié au fort sentiment d’appartenance que les anciens entretiennent vis-à-vis de leur prestigieuse école.

Lancée en mars 2008, la première campagne de fundraising de l’Ecole Polytechnique – qui fut aussi une première dans le monde des écoles d’ingénieurs – visait à l’origine à rassembler 25 M€ d’ici à 2012. Un an plus tard, l’établissement ayant déjà levé près de 20 M€, il porte le montant à 35 M€. Un objectif qui devrait être atteint début 2013.

Du "friendraising"

La campagne n’est donc pas close, mais la soirée annuelle des donateurs a été l’occasion d’annoncer que 2.370 donateurs, très majoritairement des anciens de l’école, ont permis de collecter 31,6 M€. Parmi eux, 152 grands donateurs, le ticket d’entrée étant fixé à 25 000 €. « C’est ma contribution à l’esprit de corps de l’école », témoigne Frédéric Gastaldo, X1983, qui affirme que « quand on a eu la chance de suivre des études à Polytechnique, il est naturel de renvoyer l’ascenseur ».

Une « gratitude » plusieurs fois mise en avant durant cette soirée, comme l’une des principales motivations des donateurs. Ce que le général Xavier Michel, directeur général de l’école résume dans une formule soulignant le lien entre « fundraising et friendraising ». Davantage que dans d’autres écoles, le sentiment d’appartenance est en effet particulièrement fort chez les Polytechniciens qui continuent, une fois sortis, à s’intéresser à la vie de l’école, comme le montre le poids – et l’influence – de l’AX, l’association des anciens.

Projets concrets et reconnaissance européenne

« 300 personnes bénéficient chaque année de programmes soutenus par la campagne »
Laurent Mellier, directeur de la campagne de l'X

L’équipe de campagne a aussi voulu donner une image concrète des projets financés grâce aux dons, à travers les témoignages d’un chercheur et d’étudiants, français et étrangers, ayant reçu une bourse, tels Adrien et Jennifer qui ont fait partie du programme d’ouverture sociale « Une grande école pourquoi pas moi ? ». Un accompagnement qui leur a, disent-ils, « ouvert de nouveaux horizons et nous a fait découvrir des mondes qu’on n’avait pas l’habitude de côtoyer, comme l’opéra, le théâtre… » L’aide financière est par ailleurs « un grand soutien qui permet de nous affranchir des soucis financiers pour nous concentrer nos études », ajoute Jennifer, actuellement en première année de médecine. « Cela permet d’être beaucoup plus serein », confirme Adrien, entré à Polytech Orléans.

L’égalité des chances est l’un des quatre axes définis par l’X pour sa levée de fonds, avec la recherche, la graduate school et l’internationalisation. Au total « 300 personnes bénéficient chaque année de programmes directement soutenus par la campagne », précise le directeur de celle-ci Laurent Mellier. 4.900 m2 de nouveaux laboratoires ont également été construits, quatre enseignants-chercheurs recrutés, un prix de l’innovation créé…

En outre, cet investissement a suscité l’intérêt de l’association internationale CASE (Council for Advancement and Support of Education) : Marie-Stéphane Maradeix, présidente de l’Association française des fundraisers (AFF) a en effet annoncé que le général Xavier Michel va se voir remettre le prix de CASE Europe Leadership Award pour l’engagement de l’X dans le secteur du fundraising.

Continuer à accroître les ressources propres de l’école

« L’objectif est d’atteindre 30 % d’autofinancement en 2016 »
Marion Guillou, présidente du CA de l’X

La fondation est ainsi un outil puissant pour accroître les ressources propres de l’Ecole Polytechnique qui, quoique largement subventionnée par l’Etat, a comme tous les établissements d’enseignement supérieur, besoin de fonds supplémentaires. De 10% du budget en 2006, les financements externes ont doublé en 2011. Le but étant, comme le souligne Marion Guillou, PDG de l’Inra et présidente du conseil d’administration de l’X, d’atteindre « 30 % d’autofinancement à la fin de notre contrat d’objectif et de performance en 2016 ».

Lors de la soirée annuelle, les anciens polytechniciens ont souscrit à cette « idée d’être plus fort parce qu’on est plus autonome », comme l’a dit Laura, jeune donatrice de la promo 2006. Le directeur de la campagne Laurent Mellier a, pour sa part, affiché sa volonté de « continuer à mobiliser les anciens, précisant qu’aujourd’hui, « 10,7 % des X ont participé ». Après une période silencieuse en 2013, une deuxième campagne devrait être lancée en 2014.


Sophie Blitman | Publié le

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