Newsletter

Geneviève Fioraso défend sa politique en licence au Salon de l'éducation


Publié le
Envoyer cet article à un ami

Geneviève Fioraso a inauguré, jeudi 21 novembre 2013, le Salon de l'éducation, placé sous le signe de l'égalité femmes-hommes, accompagnée notamment de Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale et de Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes. L'occasion pour la ministre de l'Enseignement supérieur d'assurer de son engagement en la matière, et de défendre sa politique en faveur de la licence.

"Tous les métiers sont ouverts aux jeunes filles", a insisté Geneviève Fioraso sur le Salon de l'éducation, qu'elle inaugurait le 21 novembre 2013. La ministre de l'Enseignement supérieur, qui s'est notamment promenée sur les stands des universités, a également défendu sa politique en faveur de la licence.

"La simplification des intitulés, qui passent de près de 1.800 intitulés à 45, sera présentée au Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) du 10 décembre", a-t-elle indiqué. Les nouvelles licences et licences professionnelles figureront dans l'outil APB (Admission post-bac) en janvier 2014. En master, le travail se poursuit et l'entrée en service des nouveaux intitulés est prévue pour 2015.

Réussite et échec en licence

Le ministère a par ailleurs rendu publique, à l'occasion du salon, une note d'information sur la réussite et l'échec en premier cycle. Si un étudiant sur deux passe directement en deuxième année à l'issue d'une L1, un sur quatre redouble et un sur quatre se réoriente ou abandonne ses études supérieures, relève l'étude de la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance). Mais surtout, en retenant comme définition de l'échec la sortie de l'enseignement supérieur sans diplôme, "le taux d'échec en France est de l'ordre de 19%, soit dix points de moins que la moyenne de l'OCDE".

Si un étudiant sur deux passe directement en deuxième année à l'issue d'une L1, un sur quatre redouble et un sur quatre se réoriente ou abandonne ses études

Que deviennent les étudiants qui se réorientent ? "Dans huit cas sur dix, ce changement s'accompagne d'un redoublement", indique la note.

Les étudiants qui quittent l'université à l'issue de leur première année se dirigent eux vers des STS (section de technicien supérieur), vers une école postbac et certains "peu nombreux parmi les bacheliers généraux, davantage parmi les bacheliers professionnels", abandonnent les études supérieures. Cette évaporation est plus forte en AES (taux de sortie à l'issue d'une année d'étude : 40,5 %), en lettres-sciences du langages-arts (38,5%) et en langues (37,6 %), qu'en droit-science politique (23,8%).

La note met également le doigt sur le phénomène des étudiants "fantômes" particulièrement sensible en L1, en relevant la présence aux examens dans les trois années du premier cycle : de près de 82% en première année, le taux de présence passe à 89,2 % en deuxième année et 92,5 % en troisième année.

A noter : Ces écarts entre filières "s'expliquent en partie par l'origine scolaire des entrants en premier cycle : 68 % des entrants en sciences économiques et gestion sont titulaires d'un bac général, contre 43,2% en AES", analyse la note.

Difficultés financières des universités

Concernant les difficultés financières des universités, avec les situations très tendues à Montpellier 3 et Versailles notamment, Geneviève Fioraso a de nouveau insisté sur la responsabilité des établissements, pointant les erreurs de gestion à l'université de Versailles-Saint-Quentin, ou encore la forte augmentation de la masse salariale à l'université Montpellier 3, ainsi que la faible mutualisation au niveau des masters, tout en reconnaissant le manque d'accompagnement dont les universités ont pâti lors du passage aux RCE [Responsabilités et compétences élargies].

"Nous créons 1.000 postes par an dans les universités afin de les aider, a-t-elle rappelé. Concernant le GVT [Glissement vieillesse-technicité - évolution de la masse salariale en raison des progressions de carrières des fonctionnaires], nous préparons avec la CPU (Conférence des présidents d'université) une programmation pluriannuelle. Nous espérons verser la moitié du GVT 2013 en cette fin d'année, comme en 2012." Un groupe de travail sur le sujet a été lancé la veille avec le ministère et les conférences représentant les établissements d’enseignement supérieur (CPU et CDEFI).


| Publié le

Vos commentaires (2)

Nouveau commentaire
Annuler
* Informations obligatoires
François.

@Sirius. Votre remarque est très pertinente. C'est la variété des possibilités de réorientation, souvent à un coût très modique, qui fait que globalement - sur ce point particulier - l'enseignement supérieur français est très performant par rapport à celui des autres pays développés (ce qu'avait découvert avec surprise le Sénateur Demuynck, chargé d'un rapport sur l'échec en licence ...). Une petite comparaison avec les États-Unis (basée non sur une étude de cohortes mais sur le recensement du niveau maximum d’études atteint par les 25-29 ans en 2012). Voir http://nces.ed.gov/programs/digest/d12/tables/dt12_010.asp Par rapport à la classe d’âge : - 37,2% n’ont pas dépassé le niveau de fin du secondaire (10,2% ayant abandonné en cours de route) - 62,8% sont donc rentrés dans l’enseignement supérieur - 20% sont entrés dans le supérieur et n’ont obtenu aucun diplôme - 9,3% ont obtenu un diplôme de type bac+2 (« associate degree ») - 33,5% ont obtenu au moins une licence (bachelor en 4 ans) ce qui veut dire que 31,8% de ceux qui ont commencé des études supérieures n’ont obtenu aucun diplôme (rubrique : "Some college, no degree"). On notera au passage le faible nombre de titulaires de masters et plus chez les 25-29 ans (7,2% de la classe d’âge, c’est à dire environ la moitié des diplômés bac + 5 en France - masters + GE - ). Le tableau montre également qu’aux États-Unis le master est un diplôme qui se passe souvent plus tardivement (le poids des très nombreux MBA que l'on entreprend après plusieurs années d'activité professionnelle étant important).

Sirius.

Attention, la rédaction du § "Réussite en licence" peut induire en erreur. Il faut dire que la note du ministère y conduit car, dans la mesure des résultats, il y a un changement de périmètre. Quand on parle du taux d'échec en licence, on parle uniquement des universités. Quand la note du ministère conclut "le taux d'échec en France est de l'ordre de 19%, soit dix points de moins que la moyenne de l'OCDE" elle ne prend plus comme base les universités, mais l'ensemble de l'enseignement supérieur. Ce faible taux est atteint notamment parce que de nombreux étudiants ayant échoué à l'université se sont réorientés et ont obtenu un diplôme dans d'autres établissements publics ou privés. Le vrai taux d'échec à l'université, forcément plus élevé, reste inconnu.