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Gilbert Casamatta (président de l'Université de Toulouse) : « Le PRES devrait évoluer vers une université fédérale avec une place consolidée pour les grands organismes et une gouvernance plus efficace »

Propos recueillis par Fabienne Guimont
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Gilbert Casamatta (président de l'Université de Toulouse) : « Le PRES devrait évoluer vers une université fédérale avec une place consolidée pour les grands organismes et une gouvernance plus efficace »
Notre tour de France des pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) passe pour sa sixième étape par l’Université de Toulouse qui se projette comme une université fédérale à l'horizon 2015. Outre les trois universités toulousaines, ce PRES a la particularité d’associer de nombreuses écoles d’ingénieurs. Entretien avec son président, Gilbert Casamatta , également à la tête de l’INPT (Institut national polytechnique de Toulouse), après le marathon pour déposer une Initiative d’excellence (Idex) .

Quelles sont les mutualisations les plus abouties dans le cadre du PRES Université de Toulouse et peut-on aller plus loin ?

La recherche est une mutualisation fondatrice du PRES avec le sceau commun des publications scientifiques et des doctorats, le collège doctoral, la charte des thèses, les Doctoriales… La signature commune doit encore être simplifiée et nous n’avons pas encore de retour sur l’impact du label unique "docteur de l’Université de Toulouse". L’objectif aujourd’hui est de rationaliser la gestion des moyens, savoir qui – entre grand organisme et université – met tel poste sur telle priorité, alors qu’auparavant les laboratoires s'adressaient directement à la tutelle. Au départ, les mutualisations sont des outils politiques, mais, sans grands moyens, elles restent symboliques. L’enjeu, c’est l’Idex pour consolider les politiques grâce aux marges de manœuvre financières qui permettront de développer des programmes de recherche. Il faut se rappeler que le budget de l’université Paul-Sabatier est de 350 millions d’euros, alors que celui de chacune des dix premières universités du classement de Shanghai s’élève à 3 milliards de dollars.

Qu’attendez-vous du projet d’Initiative d’excellence (Idex) que vous avez déposé ?

La gestion scientifique du site sera très influencée par la réponse à l’Idex, projet pour lequel nous demandons 1,275 milliard d’euros en capital. Elle va nous permettre de changer de braquet par rapport au recrutement de chercheurs à l’international, notamment avec la création d’une cellule Europe. Les thèmes transversaux développés dans le projet portent sur l’aéronautique/l’aérospatial, le vieillissement/la dépendance, le développement durable, les sciences du vivant/sciences de l’information. Dans les objectifs du prochain contrat, nous souhaitons que la Maison des sciences de l’homme ou l’Institut des technologies avancées du vivant remontent au niveau du PRES. Des politiques mutualisées avec les grands organismes sur la communication scientifique ou la formation continue des personnels sont également souhaitables. Le projet d’une école normale supérieure entre aussi dans l’Idex et est soutenu par Cachan, Lyon et Ulm. Si l’État ne nous suit pas, on ne pourra démarrer qu’avec une antenne.

Comment envisagez-vous la gouvernance du PRES pour la suite ?

Le PRES devrait évoluer vers une université fédérale avec une place consolidée pour les grands organismes de recherche et une gouvernance plus efficace, sans droit de véto par exemple. Le CHU et le CROUS souhaitent en devenir membres. L’articulation entre l’université fédérale et l’Idex est un axe de réflexion majeur pour donner la parole aux chercheurs et faire que l’Idex bénéficie à l’ensemble du site. Un sénat académique permettra de réfléchir à la politique scientifique globale en amont et de donner des avis sur les programmes de l’Idex. Il nous servira aussi à défendre notre dossier devant le jury international, fin mars 2011. Nous devons en outre structurer l’université fédérale par rapport à la politique territoriale de l’enseignement supérieur et de la recherche. La réflexion est lancée avec le conseil régional sur le schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche.




Fiche d’identité du PRES Université de Toulouse

• 94.000 étudiants, dont 13.700 étudiants étrangers.
• 12.900 personnels, dont 7.100 enseignants-chercheurs et chercheurs et 5.800 personnels administratifs et techniques.
• 4 universités et 12 écoles d’ingénieurs et spécialisées.
• Collège doctoral de 15 écoles doctorales totalisant 4.000 doctorants.

Les membres du PRES : université Toulouse 1-Capitole , université Toulouse 2-Le Mirail , université Toulouse 3-Paul-Sabatier , Institut national polytechnique de Toulouse (INPT), Institut national des sciences appliquées de Toulouse (INSA Toulouse), Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace (ISAE),
Les membres associés : Centre universitaire Jean-François-Champollion , École d'ingénieurs de Purpan , École des mines d'Albi-Carmaux , École nationale de l'aviation civile , École nationale de formation agronomique , École nationale d'ingénieurs de Tarbes , École nationale supérieure d'architecture de Toulouse , École nationale vétérinaire de Toulouse , Groupe École supérieure de commerce de Toulouse , Institut catholique d'arts et métiers de Toulouse , Sciences po Toulouse .

• Date de création du PRES : décret publié au span style="font-style: italic;">Journal officiel du 22 mars 2007.
• Statut du PRES : EPCS (établissement public de coopération scientifique).
• Président : Gilbert Casamatta .
• Dotation dans le cadre du Plan campus : 527 millions d’euros.
• Site Internet : http://www.univ-toulouse.fr .


Propos recueillis par Fabienne Guimont | Publié le

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