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Grandes écoles : des étudiants de plus en plus créateurs d'entreprise


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F. Bécard
F. Bécard

L'entrepreneuriat étudiant connaît un regain en 2011, selon une étude présentée le 27 septembre par la CGE. Réel sujet de préoccupation pour toutes les grandes écoles ou presque, il reste toutefois trop peu valorisé et difficile à quantifier.

L’entrepreneuriat étudiant a le vent en poupe, selon la première étude sur le sujet conduite par la CGE (Conférence des grandes écoles). Après un fléchissement en 2010, le nombre d’entreprises créées ou reprises par des étudiants de grandes écoles enregistre une progression de 35% en 2011 : il est de 6,4 reprises ou création en moyenne par promotion contre 4.8 l’année précédente. Soit un taux estimé de 1,43% de jeunes diplômés créateurs d’entreprise. "On observe un nombre croissant de jeunes qui malgré un contrat en poche avec une banque ou un cabinet très séduisants se lancent en tant qu’entrepreneurs", remarque  Pierre Tapie, président de la CGE.

Une embellie qu'elle met en partie sur le compte des mesures du plan national pour l’entrepreneuriat étudiant , à travers notamment le développement des PEE (pôles d’entrepreneuriat étudiant).

La quasi-totalité des grandes écoles veulent favoriser l’entrepreneuriat


La question de l’entrepreneuriat arrivée voilà 35 ans dans certaines écoles de management, et une vingtaine d’années chez les écoles d’ingénieurs, semble aujourd’hui une préoccupation largement partagée au sein des grandes écoles. 97% des établissements interrogés dans le cadre de l’étude déclarent favoriser l’entrepreneuriat chez leurs étudiants  à travers une offre d’enseignements (1).

La formation à l’entrepreneuriat se structure schématiquement autour d’actions de sensibilisation et d’information en début de cursus, l’accompagnement et la spécialisation s’intensifiant en master.  

L’accompagnement de l’étudiant à la réalisation de son projet, comme le recours à des intervenants extérieurs, ou le lien avec de potentiels donateurs mériteraient encore d’être développés.

De l’importance de la complémentarité


Ecoles d’ingénieurs et de commerce n’ont pas tout à fait la même approche de l’enseignement de l’entrepreneuriat. Les premières insistent davantage sur "l’acquisition d’outils" débouchant en fin de cycle  sur une spécialisation, quand les secondes s’attachent plutôt à stimuler l’esprit d’entreprendre.

Une diversité salutaire selon la CGE qui voit dans la  mixité des équipes (ingénieurs-managers) une composante indispensable au développement de l’entrepreneuriat.

Trop peu  de plans d’actions


Malgré l’implication grandissante des grandes écoles en matière d’entrepreneuriat, l’affichage reste timide, estime la CGE. Pour preuve : "63% d’entre elles déclarent n’avoir ni objectif, ni plan d’action dans ce domaine".

Une "prudence"  que la Conférence explique, notamment, du fait du manque de valorisation dans les classements. En effet, un nombre croissant de jeunes diplômés entrepreneurs signifie mécaniquement pour un établissement une baisse des salaires moyens à la sortie… donc un handicap pour obtenir la meilleure place.

Une fois sortis des incubateurs des grandes écoles les projets doivent être mieux accompagnés, relève enfin Francis Bécard. Est-ce la responsabilité des grandes écoles  dont  les " incubateurs ne sont pas extensibles…" ?
 
Dernier sujet de préoccupation : dans le cadre de leur enseignement à l’entrepreneuriat, les grandes écoles insistent sur  le dynamisme, l’esprit d’initiative, le développement de soi-même ou encore l’autonomie, moins sur l’esprit de compétition et le goût du leadership. "Il faut qu’on travaille là-dessus. Il est difficile d’entreprendre sans ces qualités très répandues dans la culture anglo-saxonne", estime Francis Bécard, qui propose de commencer le plus tôt possible. "Pourquoi ne réfléchirait-on pas à la manière de ‘sports-études’ à une filière ‘entreprendre études’ qui permettrait dès le secondaire d’identifier des profils atypiques intéressés par le montage de projets ?"


(1) La notion d’entrepreneuriat comprend aussi l’entrepreneuriat social, l’intraentrepreneuriat ou encore les prises de responsabilités dans des PME ou TPE.
 

Un manque d’indicateurs

Avec 88 réponses d’écoles d’ingénieurs et de management à son étude sur l’entrepreneuriat étudiant conduite fin 2011, sur les 182 de son réseau la CGE peut compter sur "un échantillon représentatif ". 

Pour autant, la Conférence rencontre des difficultés à "quantifier et qualifier précisément" les réalisations concrètes découlant de cet enseignement à l’entrepreneuriat. En cause : la mise en œuvre trop récente, voire l’absence complète d’indicateurs dans 66% des écoles interrogées.

Au total, les extrapolations conduites dans le cadre de l’enquête corroborent les chiffres de l’enquête insertion de 2011 de 1.43% les jeunes diplômés ayant réellement crée ou repris une entreprise. Un pourcentage jugé encourageant compte tenu du fait que la création d’entreprise à la sortie de l’école a longtemps été considérée comme un  phénomène "marginal".

Mais d’autres questions comme le nombre précis d’entreprises incubées ou le chiffre d’affaires des structures ainsi créées restent "en suspens". La CGE qui promet de poursuivre le travail entrepris, compte bien y répondre prochainement.
Objectif : mesurer les progrès réalisés et émettre des propositions de changement.

Lire l'enquête de la CGE sur l'entrepreunariat


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