Grandes écoles : les diplômés trouvent toujours facilement leur place sur le marché du travail

Oriane Raffin Publié le
Grandes écoles : les diplômés trouvent toujours facilement leur place sur le marché du travail
Grandes écoles : les diplômés trouvent toujours facilement leur place sur le marché du travail // ©  Deepol by plainpicture/Bartek Szewczyk
Embauche rapide, salaires élevés : les diplômés des grandes écoles n'ont pas de mal à être recrutés à l'issue de leur formation. Même si les femmes restent toujours moins bien loties que les hommes.

Les diplômés des grandes écoles séduisent toujours autant les employeurs. C'est le constat qui ressort de l'enquête annuelle de la CGE (Conférence des grandes écoles) sur l'employabilité de ses anciens étudiants.

"On a passé le rebond post-Covid", prévient cependant Laurent Champaney, président de la CGE. Avec des chiffres moins exceptionnels que l'an dernier.

Un taux net d'emploi de 85,8%

Pour autant, et malgré la crise économique, les grandes écoles se félicitent de constater une insertion professionnelle de leurs diplômés qui atteint, pour la promotion 2023, 85,8% de taux net d'emploi à moins de six mois (contre 90,5% l'an dernier), confirmant la "forte résilience du modèle grande école", ainsi que son attractivité auprès des employeurs.

La capacité à trouver rapidement leur place sur le marché du travail se confirme. Près de 85% des diplômés sont en effet recrutés moins de deux mois après la sortie de l'école. Près de 67% même, avant l'obtention de leur diplôme. Si 27,9% des diplômés sont passés par l'apprentissage - dont 55,6% de ceux issus d'une école de commerce -, le taux d'insertion net est similaire à celui des non-apprentis.

Un taux d'emploi plus important chez les ingénieurs, pour un salaire moins important

Autre enseignement de l'enquête : si les ingénieurs bénéficient du plus important taux net d'emploi, à 89,6% en moyenne, contre 81,2% pour les diplômés d'écoles de management, ces derniers perçoivent en revanche un premier salaire plus élevé.

Pour les managers, il atteint 40.241 euros brut en moyenne, contre 38.520 pour les ingénieurs. En moyenne, les diplômés des grandes écoles touchent - hors primes - 39.010 euros.

Outre le montant des salaires, la CGE se félicite de la qualité des postes proposés, alors que 84,2% des diplômés sont en CDI.

L'international continue aussi à séduire, avec 14,8% des managers qui quittent l'Hexagone, contre 9% des ingénieurs. Parmi les destinations préférées, les pays voisins, et en premier lieu la Suisse mais aussi l'Allemagne, le Luxembourg, le Royaume-Uni et enfin le Canada. "On note toujours une proximité de langue ou de territoire", souligne Nicolas Glady, président de la Commission Formation et Carrières de la CGE et directeur de Télécom Paris.

La RSE largement présente dans les postes

Parmi les différents secteurs, on retrouve les jeunes diplômés de grandes écoles dans le conseil (25% des ingénieurs et 20% des managers) mais aussi dans le secteur de la banque et des assurances ou encore services des technologies de l'information et de la communication, activités informatiques.

Une tendance se dégage : la RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) est présente dans 41,7% des postes occupés par les diplômés 2023, que ce soit une mission principale ou occasionnelle. Une thématique qui tient particulièrement à cœur à cette génération. Et 68,6% des salariés ayant une mission autour de la RSE estiment que les compétences acquises durant leur cursus correspondent aux attentes de leur employeur.

Le salaire des hommes supérieur de 5,2% par rapport à celui des femmes

Enfin, cette édition confirme un constat moins réjouissant : en moyenne, les salaires des hommes sont supérieurs de 5,2% à ceux des femmes. "Comme chaque année, dans les écoles de management, le salaire moyen des hommes est systématiquement supérieur au salaire moyen des femmes, quel que soit le secteur", souligne Nicolas Glady. Ainsi, dans la banque et les assurances, par exemple, le salaire moyenne des femmes est de 44.000 euros, contre 47.000 pour leurs homologues masculins.

Le salaire moyen des hommes est systématiquement supérieur à celui des femmes. (N GLady, CGE)

Sur le même sujet, les écoles d'ingénieurs s'en sortent un peu mieux - même si la tendance reste la même. Dans l'industrie et la métallurgie, l'industrie, la construction/BTP ou encore les transports, les salaires sont quasi similaires entre les femmes et les hommes. "Il s'agit d'un problème systémique, qui dépasse ce que nous pouvons faire dans nos écoles", déplore Nicolas Glady.

Des dispositifs pour accompagner les jeunes femmes diplômées

Il souligne cependant que les établissements s'engagent et que de légers progrès sont notés. "On ne peut pas se satisfaire des résultats obtenus, appuie Nicolas Glady. On a beau progresser, si on va à cette vitesse-là, ça va mettre 60 ans pour arriver à l'égalité !".

Aujourd'hui, les deux tiers des grandes écoles déploient des stratégies pour encourager l'égalité femmes/hommes. Parmi les actions menées, elles sont 43,8% à proposer des actions de coaching ou de mentoring. "C'est quelque chose de très important, explique Nicolas Glady. C'est plus efficace quand c'est une personne qui a eu à subir ces discriminations qui transmettent à des jeunes filles les manières de gérer et de réagir". En 2020, seuls 13% des établissements proposaient ce type d'action.

Elles s'ajoutent aux interventions de sensibilisation menées dans les collèges et les lycées pour encourager les jeunes filles à s'orienter vers les métiers de l'ingénieur. "A Telecom Paris, illustre Nicolas Glady, on invite des collégiennes et des lycéennes à venir passer une journée à l'école, où des enseignantes-chercheuses leur montrent les labos, leur parlent de recherche, etc." Une façon de sensibiliser à des métiers dans lesquels elles n'osent pas toujours se projeter.

Méthodologie de l'enquête insertion 2024 de la CGE

L'enquête insertion 2024 est la 32e édition de la CGE. Elle a été réalisée en partenariat avec l'ENSAI. Cette année, plus de 103.000 jeunes diplômés ont répondu, issus de 199 écoles différentes : 136 écoles d'ingénieurs, 37 écoles de management et 26 écoles spécialisées.

Pendant trois mois, entre décembre 2023 et mars 2024, les questionnaires ont permis de mesurer l'employabilité des diplômés des écoles de la CGE, dans les premiers mois suivant leur sortie de l'école.

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