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Grenoble EM opposée à une fusion avec l'EM Lyon

Étienne Gless
Publié le
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Grenoble EM
Grenoble EM // ©  Agence Prisme / Pierre Jayet

La prochaine fusion sera-t-elle celle de Grenoble EM et de l'EM Lyon ? Pas si sûr. Si des rumeurs courent sur le sujet, effectivement discuté au niveau des CCI (Chambres de commerce et d'industrie), Loïck Roche, le directeur grenoblois, ne se montre guère enthousiaste à l'idée d'une fusion-absorption qui serait selon lui "mortifère" pour les deux écoles. Il plaide pour des actions ambitieuses mais ciblées, comme bâtir un executive MBA de réputation mondiale.

"Reste-t-on avec deux écoles ? Ou bien, si des affinités se font jour, allons-nous plus loin ?" Emmanuel Imberton, le président de la CCI lyonnaise, dont dépend l'EM Lyon a engagé des discussions avec son homologue grenoblois pour mettre sur la table le sujet du rapprochement entre les les deux écoles de commerce rhônalpines.

C'est peu de dire que du côté de la direction de la business school de Grenoble la réaction est tempérée. "Quel dommage qu'on n'ait jamais réussi à construire jusqu'ici quelque chose d'astucieux avec Lyon !", déplore Loïck Roche. Le directeur général de GEM en profite pour rappeler qu'il y a deux ans, persuadée de la pertinence d’une telle collaboration, GEM avait invité les équipes lyonnaises à travailler sur les possibles actions communes à mener. "Mais les choses en sont restées là. Nos équipes ont rappelé celles de Lyon qui n'ont pas donné suite".

"Il est de mon devoir de dire que les fusions ont un coût financier, un coût pour les territoires et un coût social... quand elles ne tuent pas certaines écoles ! (L. Roche)

Cette fois l'impulsion vient du président de la CCI lyonnaise dans la foulée de l'annonce de la nomination de Bernard Belletante à la tête de l'EM Lyon. " On accueille cette impulsion avec satisfaction. Le mot 'mariage' a même été prononcé", fait mine de se réjouir Loïck Roche avant de mettre en garde contre le fantasme d'une fusion : "Il est de mon devoir de dire que les fusions ont un coût financier, un coût pour les territoires (déficit d'image de marque quand le nom des villes disparaît de celui des écoles) et un coût social puisqu'il y a des licenciements… Quand elles ne tuent pas carrément les écoles !".

Le directeur de GEM qualifie ainsi de "monstrueux" le coût de la création de France Business School, où le rapprochement de quatre écoles se serait traduit selon lui par une chute de 75% des recrutements d'élèves en première année, passant de 1.300 à 350. "Méfions-nous des faux prophètes adeptes de la 'taille critique'", conclut Loïck Roche qui invite l'EM Lyon à se concentrer sur une première action "ambitieuse mais ciblée" : construire  un executive MBA de classe mondiale. "En France, il n'en existe actuellement que deux, ceux d'HEC et l'Insead".

Par ailleurs, GEM s'est engagée dans une étroite coopération avec l'ESC Dijon et l'EM Normandie, avec laquelle elle partage en outre un campus commun depuis la rentrée 2013. Des arguments qui ne jouent pas en faveur d'un rapprochement avec l'EM Lyon.


Étienne Gless | Publié le

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Pirius.

Tellement logique de préférer la coopération avec l'EM Normandie et l'ESC Dijon à un rapprochement avec l'EM Lyon..

Scooter.

Qui peut dire aujourd'hui ce que sont Néoma, Kedge ou Skema ? Ces noms ne représentent rien, ni en France ni à l'étranger. On attend de voir les résultats de la fusion entre Bordeaux et Marseille : deux écoles dont les cultures sont remarquablement éloignées... Quelles synergies dans ces conditions ? Pour le moment on ne voit que des coûts. Il semble que la recherche à tout prix de la taille "critique" ait fait oublier aux dirigeants des CCI le bon sens et les résultats des recherches sur les fusions-acquisitions.

Laurent Choain.

SKEMA a, depuis sa fusion, rejoint le club privilégié des "EQUIS 5 years", ce que ESCLille et CERAM n'auraient jamais réussi isolément.

Colibert.

ESCP - EAP a tres bien marché... qui elles etaient aussi des tres grandes France Business School est une resultante d une fusion sans aucun ancrage territorial, sans ADN commun. Ici Entrepreneuriat, Innovation l ADN des deux ecoles est tres proche et surtout ont un vrai ancrage territorial commun. Pour moi la comparaison avec FBS est hors-sujet.

Dutronc Bertrand.

GEMLyon, une seul et grande école en Rhones Alpes! Enfin cela se profile!

RAGONDIN.

Ben, non justement tu n'as pas lu l'article... Et encore heureux ce sont des écoles de niveaux différents et personnellement je n'aime pas vraiment GEM et je ne veux pas que ce projet de fusion inutile et débile dégrade mon école!

PJP69.

Le commentaire précédent illustre la méconnaissance du dossier FBS de son auteur. Entreprise internationale, nous apprécions le pari risqué mais innovant et audacieux de cette nouvelle école dans la recherche et la formation de nouveaux profils. C'est une réponse courageuse au challenge qui est présentée à l'ensemble de nos grandes écoles. Sera t-elle couronnée de succès? Laissons un peu de temps pour le savoir, aux étudiants formés et aux entreprises que nous sommes, le soin de juger.

Thomas.

Aujourd'hui (mars 2015) on connait le résultat de fBS: les anciennes ESC Clermont, Tours-Poitiers, Amiens se sont fait éjecter de la CGE, et ont perdu leur grade de Master. Condoléances aux étudiants et à leur parents qui ont crû à ce pari très risqué, qui consistait à tourner le dos au recrutement "prépa", sans vouloir mettre en place un suivi exigeant des étudiants...car seule l'exigence des concours garantit le niveau de formation, et délivre un diplôme monnayable sur le marché du travail.

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