Horizon 2040 : le groupe Insa s’engage dans une démarche prospective

Clément Rocher
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"La démarche de cette prospective 2040 est en résonance avec les enjeux du monde actuel", explique Frédéric Fotiadu, directeur de l'INSA Lyon.
"La démarche de cette prospective 2040 est en résonance avec les enjeux du monde actuel", explique Frédéric Fotiadu, directeur de l'INSA Lyon. // ©  INSA LYON
Le groupe Insa souhaite repenser sa politique de développement avec comme horizon l’année 2040. La transformation du modèle humaniste des Insa s’inscrit dans une démarche prospective. Mais le processus demande du temps.

Le groupe Insa se lance dans une dynamique prospective et d'anticipation pour répondre aux urgences sociales et environnementales, annonce Bertrand Raquet, président du groupe Insa, lors d'une conférence de presse organisée le 12 février 2020. Il s'interroge notamment sur la manière dont le groupe peut "incarner sa responsabilité à se saisir des transformations sociales, numériques et écologiques."

De nouveaux enjeux au cœur de la prospective

Si la réponse à cette question est complexe, le groupe Insa partage tout d'abord cette volonté de rendre l’enseignement supérieur plus inclusif. Il souhaite également conserver cette forte empreinte locale avec les sept Insa présents en France dans une logique de transfert des savoir-faire pédagogiques pour la formation d’ingénieur. "Nous voulons former là où se trouve la diversité, sur le territoire, dans les métropoles avec le concept des INSA en région et des écoles partenaires", estime le président.

A la lumière de ces enjeux de transformation, le groupe Insa nourrit plusieurs ambitions. Dans le domaine du numérique, le groupe souhaite notamment former des cadres scientifiques conscients de l’empreinte numérique et de l’éthique des usages. "Nous voulons aussi former des ingénieurs doués d’une très forte humanité, capables de développer un esprit critique et de penser à l’intérêt commun avant de se centrer sur une ambition personnelle. Ils vont penser les technologies pour un monde durable et partagé", poursuit Bertrand Raquet.

Sur le volet du développement durable, le groupe Insa aspire à intégrer la dimension environnementale dans l’ensemble des formations afin de préparer les apprenants à être acteurs des transitions écologiques. Le groupe veut également favoriser l’hybridation des parcours afin de préparer des ingénieurs conscients de l’empreinte environnementale.

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2040 : une vision sur le long terme

Les directeurs des établissements du groupe Insa rappellent que cette démarche prospective ne doit pas s’inscrire dans une course de vitesse. "La prospective 2040 est en résonance avec les enjeux du monde actuel et demande de prendre du recul. Notre ambition ne se résume pas à une approche stratégique habituelle", explique Frédéric Fotiadu, le directeur d'Insa Lyon. Pour l’instant, seul l'établissement lyonnais a déterminé ses champs d'actions dans le cadre de cette prospective (voir encadré).

Une question de temporalité qui peut soulever plusieurs interrogations sur la réalité de cette démarche et des actions qui seront mises en place dans les prochaines années. "Nous nous engageons dans des réflexions qui se veulent résolument sur le très long terme", confirme le directeur qui souhaite défendre la richesse de cette démarche prospective initiée par l’Institut Gaston Berger.

Lire aussi : F. Debouck : "Les jeunes sont très sensibles aux questions d'environnement"

Cet horizon 2040 serait-il trop ambitieux au risque d’accumuler du retard par rapport à d’autres écoles d’ingénieurs ? "Le développement des formations en humanités constitue une avance qui n’a pas été perdue. Notre conviction est que nous avons pris une forme d’avance il y a deux ans par rapport à ce sentiment d’urgence [sociale et environnementale]. Nous sommes sur la crête d’une vague qui va nous porter ", souligne Frédéric Fotiadu.

Un partenariat avec Handicap International

Cette démarche prospective inclut des partenariats avec des organisations comme Handicap International. "L’idée est de construire un monde ensemble. Nous voulons contribuer à aider l'Insa à donner du sens aux élèves en leur proposant de se mobiliser pour mettre en pratique leurs savoirs et leurs connaissances", explique Barbara Vaux, représentante de l’organisation.

Cette alliance a notamment abouti à la mobilisation des étudiants autour d’un hackathon solidaire et à la signature d’une chaire de recherche scientifique liée aux besoins du terrain. "Nous sommes confrontés au quotidien à des terrains très pauvres et voulons bénéficier de l’expertise des Insa, par exemple dans le déminage par drone ou la création de prothèses", poursuit la représentante.

Cette démarche prospective pour Insa Lyon aboutit à l’identification de neuf enjeux majeurs :
– Articuler diversité, excellence et formation
– Affirmer le modèle Insa dans la stratégie à l’international
– Focaliser la recherche sur des enjeux sociétaux majeurs en synergie avec la formation
– Préserver autonomie et liberté dans une dynamique d’alliances stratégiques
– Partager avec les entreprises des valeurs sociales, environnementales et économiques
– Réinventer la formation pour accompagner les changements de société
– Incarner l’humanisme scientifique
– Oser l’esprit pionnier
– Mettre les personnels au cœur du projet Insa 2040


Clément Rocher | Publié le

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Guy Anseaume.

+1000. C'est ainsi que je lis, page 35 du roman "Nager dans les dollars" de François Marchand. "Je mets Centrale comme école d'ingénieurs. C'est la que vont tous les rejetons de la bourgeoisie nihiliste. La plus bidon du marché. Cours de management, cous de responsabilité sociétale et environnementale. La honte des écoles d'ingénieurs" https://www.babelio.com/livres/Marchand-Nager-dans-les-dollars/1041634

jpjohet.

Aussi bien les INSA (bonnes écoles d'ingénieurs)que les autres écoles d'ingénieurs se concentrent sur les formations de sciences dures (physique, méca, électronique, informatique, chimie,etc...) et arrêtent de nous bassiner avec les pseudoformations aux humanités (encore dites sciences molles voire diarrhéiques telles socio, écologie, développement durable et biodiversité ou management ... Ce type de formations relèvent des facs de sciences humaines voire de sciences et ne devraient concerner qu'un nombre limité d'étudiants. Les universités des pays du tiers monde (oh veuillez me pardonner des pays en voie de développement) en crèvent: les universités de ces pays type Algérie, Iran, Afrique noire francophone ou anglophone et d'autres forment trop de jeunes en sciences molles qui se retrouvent au chômage et migrent vers nos pays.Il faut former partout des techniciens, des ingénieurs, des médecins, mais pas des communicants, des sociologues, des coachs en pagaille