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Idex : les universités vont-elles toutes y retourner ?

Camille Stromboni
Publié le
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Université de Nantes - Façade fac de lettres - © Mathieu Oui 2012
Université de Nantes - Façade fac de lettres - © Mathieu Oui 2012

À quelques mois du dernier round de la compétition pour décrocher les millions des Idex, plusieurs universités réfléchissent à l'opportunité de s'y replonger. La question sera tranchée d'ici la fin de l'été. Exemple des débats en cours avec l'université Bretagne-Loire.

La désillusion est forte pour la quinzaine de pôles universitaires recalés à l’Initiative d’excellence. Avec en toile de fond une interrogation qui traverse plusieurs d’entre eux : cela vaut-il le coup de se relancer dans la bataille, c’est-à-dire dans la deuxième vague de sélection de la compétition, en janvier 2016 ?

"Il faut prendre le temps du débat, reconnaît Olivier Laboux, président de l’université de Nantes. La question sera tranchée d’ici l’été concernant l’Idex de l’université Bretagne-Loire." Même son de cloche du côté du regroupement Centre-Limousin-Poitou-Charentes ou encore à Hésam (Paris 1, Cnam, etc.). 

la gouvernance, toujours au cœur des débats

"Si la condition pour être retenu reste le format fusionnel, ce n’est pas la peine d’y retourner. Encore moins pour un Isite hypothétique, très en dessous du potentiel de notre territoire, estime Rachid El Guerjouma, président de l’université du Maine, membre du projet Bretagne-Loire. Avec ou sans Idex, le modèle fédéral en réseau est le seul qui permettra au Grand Ouest de poursuivre son développement." L'universitaire fait partie des 21 présidents signataires d'une tribune dénonçant des règles du jeu faussées.

"Nous travaillons en réseau depuis une quinzaine d’années avec une vraie puissance scientifique collective, confirme son confrère nantais. Maintenant, soit nous essayons de développer l’excellence par nous-mêmes, en faisant tout pour préserver la dynamique de l’université Bretagne-Loire, soit nous tentons d'entrer un peu plus dans les canons du jury, car on sait que les règles du jeu ne risquent pas de changer."

Ce qui conduirait à resserrer les gouvernances des projets présentés. "Nous avons déjà un conseil d’administration de 48 membres seulement, alors que la Comue réunit 27 établissements ! C’est remarquable", prévient Olivier Laboux. Reste également à se mettre d'accord sur le type de dossier à présenter : un Idex ou un Isite ? Et sur le périmètre d'établissements porteurs.

Quoi qu’il arrive, cela ne remet pas en cause l’existence des regroupements candidats. "Le programme des investissements d'avenir, c'est important mais ce n'est qu'un accélérateur", décrit le président nantais. Rachid El Guerjouma en est convaincu : "L’urgence et la priorité absolue, c’est la construction de la Comue et non la course à l’Idex."

20 candidats sur la ligne de départ, huit présélectionnés
Huit regroupements universitaires ont été retenus par le jury des Initiatives d'excellence, qui opérait sa première sélection pour les Idex et les Isite fin avril 2015. Il s'agit de Lille, Côte d'Azur (Nice) Grenoble, Montpellier Languedoc-Roussillon, Lorraine, Clermont Auvergne, Paris-Est et Bourgogne Franche-Comté.

N'ont pas été préselectionnés : Guyane ; Paris Lumières ; la Réunion ; Centre Limousin et Poitou-Charentes ; Champagne Université ; Normandie ; Territoires Pau-Pays de l'Adour ; Évry ; Paris Seine Cergy-Pontoise ; Picardie ; Hésam Paris ; université Bretagne-Loire.

Lire notre article :
Idex - Isite : 8 universités passent le cap de la présélection
Aller plus loin
-  Pourquoi l'université Bretagne Loire rate le coche (mai 2015 - Ouest France)

Camille Stromboni | Publié le

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Sirius.

Concernant "Bretagne Loire", l'affaire est entendue. Premier pari raté, la fusion des deux régions. Deuxième pari raté, l'iDEX. Il faudrait que les responsables universitaires et politiques comprennent que ce projet de méga université inter-régionale n'a pas de sens.