Idex : le classement "recherche" des 17 candidats


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Un document étonnant. Le dossier transmis au jury de sélection des IDEX comprenait un tableau réunissant des indicateurs sur la "qualité de la recherche" de chacun des 17 sites. Des critères -contestables- qui permettent d'élaborer un classement. Et pour Axel Kahn, dont le PRES n'a pas été retenu, de souligner son incompréhension.

Plusieurs indicateurs ont été retenus pour signifier la "qualité de la recherche" de chacun des IDEX : le nombre de chercheurs AA+ et IUF (Institut universitaire de France), le nombre de doctorats, d'ERC (European research council), et de médailles CNRS. En charge des "Grands projets" (Opération Campus et Grand emprunt) à l'université de Lyon, Jean-Michel Jolion en a tiré un classement que nous vous livrons aujourd'hui.

Le responsable ne manque pas de s'étonner de la présence de ces données dans le dossier transmis au jury, critiquant les critères retenus.

Les chiffres fournis sont absolus, et non corrélés à la taille des ensembles correspondants, donc pénalisants pour les plus petits sites par exemple Paris-Est.

Les dates retenues pour chacun des critères semblent également problématiques, souligne-t-il. Les chercheurs IUF sont comptabilisés de 2006 à 2010, les doctorats correspondent à ceux soutenus en 2009, les médaille CNRS sont celles réunis entre 2001 et 2010, etc. Enfin, les chiffres provenant des évaluations AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) ne sont pas forcément comparables, les établissements n'ayant pas été évalués au même moment, d'autant que l'agence a fait évoluer ses évaluations.

"L'ANR (Agence nationale de la recherche) qui a transmis ces données se défend d'avoir fait un classement mais comment faire autrement avec ce document ?", s'interroge-t-il.

3 questions à Axel Kahn
Président de l'université Paris Descartes , membre du PRES Sorbonne Paris Cité

Le PRES Paris Cité n’a pas obtenu d’Idex, comment l’expliquez-vous ?

Tout le monde a été surpris. C’est évidemment un scandale. Il y a eu une erreur dans les règles du jeu qui peut l'expliquer. La pré-sélection devait identifier les projets incontournables en termes d’excellence académique et scientifique. Sur ces critères, Paris Cité fait partie des meilleurs, avec Sorbonne universités et Saclay.

Mais le choix ne s’est finalement pas fait uniquement sur cette base. Il s’est fait sur un autre critère, que nous attendions nous au second tour de sélection : le mode de gouvernance. Et le modèle privilégié par le jury à ce niveau a été celui d’une gouvernance propre pour l’Idex, ce que nous avions refusé de faire. La politique qui consiste à séparer le périmètre d’excellence du reste est selon nous un mauvais choix. Si certains veulent isoler les pépites dans une joaillerie propre, nous souhaitons à l’inverse que ce qu’il y a de meilleur dans nos établissements soit un moteur de progression pour l’ensemble.


Êtes-vous prêts à modifier votre choix de gouvernance ?

Nous avions indiqué ce souhait de ne pas externaliser la gouvernance de l’IDEX par rapport au PRES et nos interlocuteurs nous disaient que cela convenait. Si nous sommes désormais obligés d’aller vers ce modèle, nous allons en discuter, en essayant de trouver un compromis sur ce qui est acceptable.

Et sur les autres appels à projets, comment se situe Paris Cité ?

Lorsqu’on regarde les résultats déjà obtenus sur les autres appels à projets du Grand emprunt, nous nous en sortons très bien avec 7 Labex portés par le PRES ainsi que 11 Labex dans lesquels nous sommes associés, souvent de manière très forte, comme sur les Sciences cognitives, porté par l’ENS avec l’EHESS et Paris 5. Egalement un IHU, plusieurs Equipex ou Cohortes.

Mais il semble qu’ici encore, contrairement à ce qui avait été annoncé, ce ne sont pas forcément les candidatures qui ont réuni le plus de « briques » qui ont été pré-sélectionnées pour les Idex.

Une analyse proche au PRES HéSam

"Nous sommes déçus mais il y a un second tour", précise d'entrée Jean-Claude Colliard , président de l'université Paris 1 et du pôle HéSam.

"Le problème pourrait être la gouvernance de l’Idex, que nous avons identifiée à celle du PRES dans un souci de simplicité. Nous attendons le corrigé de la copie et aussi le calendrier à venir", indique le responsable.

Lire aussi

Le billet de Philippe Jamet sur son blog EducPros : La France de la Diagonale.

"Pour être généralement réservé quant aux croisements hâtifs ou périlleux entre politique universitaire et aménagement du territoire, je suis néanmoins de ceux qui réagissent avec une certaine surprise à l’analyse de la géographie qui ressort des résultats des programmes Equipex, Labex et Idex. Me vient alors la question de savoir dans quelle mesure ces programmes destinés à structurer le paysage universitaire seront aussi à même d’irriguer nos territoires et d’y doper l’économie réelle. [...]"

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