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Idex : les universités parisiennes sur la mauvaise voie ?

Camille Stromboni
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La cour de l'Ecole normale supérieure (ENS) à Paris.
La cour de l'Ecole normale supérieure (ENS) à Paris. // ©  Sophie de Tarlé
Ce n'est pas le jury international de l'Idex qui le dit, mais le comité d'experts missionnés par France Stratégie pour évaluer, à mi-parcours, le programme des investissements d'avenir. Dans un rapport rendu le 29 mars 2016, ils pointent le long chemin restant encore à parcourir pour les universités parisiennes.

Un comité indépendant, missionné par France Stratégie, a rendu le 29 mars 2016 son rapport d'examen à mi-parcours du programme des investissements d'avenir. Au-delà d'une appréciation globale positive des actions menées dans l'enseignement supérieur et la recherche, les experts relèvent cependant des difficultés à surmonter en ce qui concerne l'Initiative d'excellence.

Si le comité présidé par le Belge Philippe Maystadt loue le processus sélectif mis en œuvre, avec un jury international dont la seule préoccupation a bien été l’excellence, il distingue les lauréats parisiens des autres.

Des regroupements parisiens jugés "laborieux"

"De manière inattendue, ce sont trois grandes universités régionales (Bordeaux, Strasbourg et Aix-Marseille) qui ont tout à la fois fait preuve d’excellence, adopté une gouvernance efficace et entamé, voire conclu, le processus d’intégration-fusion. À l’inverse, les candidats naturels à l’excellence, regroupés autour de Normale Sup à Paris et des grandes écoles d’ingénieurs à Saclay, ont eu non seulement des difficultés à se regrouper et à formuler un projet, mais ils ne parviennent toujours pas à dessiner un chemin crédible vers la constitution d’universités de recherche", estiment les experts.

Et d’ajouter : "Entre ces deux cas, les regroupements d’universités parisiennes paraissent particulièrement laborieux".

Décerner des Idex, et en retirer si nécessaire

À l'avenir, le comité préconise une compétition des Idex clairement ouverte : c'est-à-dire où il est possible de décerner, mais aussi de retirer le label Idex.

Il faudra, d'une part, continuer à soutenir les Idex qui ont fait leurs preuves, souligne le comité, et, pour cela, leur transférer véritablement le capital promis, et non pas seulement les intérêts, comme c'est le cas aujourd'hui. Pour ceux dont les engagements n'ont pas été tenus, la période probatoire pourra être prolongée pour deux ou trois ans.

On ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif

Et, enfin, en cas de carences graves, la possibilité de retirer le label Idex doit exister, comme cela a pu arriver lors de l’Initiative d’excellence menée en Allemagne.

"Il faut défaire ce qui n’a pas marché, insistent les experts. […] S’agissant de PSL ou de Paris Saclay, les raisons qui ont conduit à leur accorder l’Idex restent valables. […] Mais on ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif."

Aller plus loin
- Le rapport du comité d'examen à mi-parcours (voir notamment les pages 60 à 72 sur l'enseignement supérieur et la recherche)
- La synthèse et les propositions du comité (pdf)

Camille Stromboni | Publié le

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