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Paris tente de réduire la marche entre le bac pro et le BTS

Isabelle Dautresme
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Les STS du lycée Verlomme à Paris accueillent des lycéens professionnels pour une semaine d'immersion.
Les STS du lycée Verlomme à Paris accueillent des lycéens professionnels pour une semaine d'immersion. // ©  Isabelle Dautresme

Chaque année, depuis trois ans, deux lycées parisiens accueillent pendant une semaine une centaine de terminales professionnelles dans ses sections de technicien supérieur. L'objectif ? Préparer ces jeunes à la poursuite d’études en STS. Reportage au lycée Verlomme.

L'académie de Paris n'a pas attendu le rapport de Christian Lerminiaux sur la poursuite d'études des bacheliers professionnels, remis le 13 novembre 2015, pour mettre l'accent sur la liaison bac pro-STS. À la mi-novembre, pour la troisième année consécutive, le lycée Verlomme, dans le 15e arrondissement, à Paris, a accueilli pendant une semaine dans ses STS (sections de techniciens supérieures) près de 115 futurs bacheliers venus de quatre lycées professionnels du secteur, tous triés sur le volet et, pour certains, dès la fin de la classe de première.

En ce vendredi après midi ensoleillé de novembre, Sébastien Begey, inspecteur de l'éducation nationale, qui pilote le dispositif bac pro-STS pour l'académie de Paris, fait face à une vingtaine d'élèves de terminale. Cette rencontre vient clore une semaine passée en BTS assistant de gestion PME-PMI. Un temps normalement consacré au stage en entreprise.

"Qu'avez-vous particulièrement apprécié durant cette semaine ?" interroge-t-il d'un ton bienveillant."La rencontre avec des étudiants de première année de BTS", dégaine une jeune fille. "Moi aussi," répondent en écho les autres élèves de la classe les bras croisés bien sagement sur table.

"Et ce qui vous a le moins plu ?" "Les cours d'anglais, ils étaient trop longs..." lâche une jeune fille dans un soupir. "Qu'avez-vous pensé de la culture générale et de l'expression ?" poursuit l'inspecteur. La réponse claque : "super-difficile".

Huit mois pour devenir étudiant

Partant du constat que la marche entre le lycée pro et la STS est haute et que les élèves n'en ont pas toujours conscience, les enseignants des sections professionnelles du secteur et ceux de STS de Verlomme ont conçu ensemble les cours de la semaine d'immersion.

Au programme : des exercices à deux niveaux de lecture. Le premier correspondant à un niveau terminale pro et le second de type première année de STS. L'objectif : "permettre aux élèves de réaliser les différences d'approche et donc d'attentes entre le secondaire et le supérieur", explique Laurence Perier, professeure d'éco gestion en STS assistance de gestion PME-PMI au lycée Verlomme.

"Maintenant que vous avez bien repéré vos faiblesses et les points susceptibles de vous poser problème, vous avez huit mois pour vous préparer et travailler votre projet. Si vous ne prenez pas l'habitude d'approfondir votre travail, vous vous retrouverez avec les mêmes difficultés en septembre prochain", met en garde l'inspecteur. Et les élèves d'acquiescer timidement.

Ce travail en amont du bac apparaît d'autant plus nécessaire que le taux de réussite des élèves de bac pro en BTS peine à dépasser la barre des 60% (tous BTS confondus), un taux nettement supérieur à la licence (moins de 3%), mais en deçà de celui des bacs généraux (85%).

échanger sur les pratiques

En l'absence d'outils d'évaluation, il est difficile de dire si les étudiants passés par le dispositif réussissent mieux que les autres. Ce qui est certain, en revanche, c'est que ce travail de liaison bac pro-STS donne l'occasion à des enseignants qui se connaissent généralement mal de travailler ensemble et d'échanger sur leurs pratiques. "Ce qui ne peut être que profitable pour les élèves", insiste Laurence Perier.

Pour l'heure, les étudiants issus de la voie pro représentent 30% des effectifs de STS au lycée Verlomme, un chiffre proche de la moyenne nationale. Un pourcentage jugé acceptable par l'équipe pédagogique. "C'est utopique de croire que tous les bacs pro peuvent réussir en BTS", remarque Laurence Perier.

La journée se termine. Après une semaine passée en immersion en BTS PME-PMI, Maël, en terminale Arcu (Accueil relation clients et usagers), n'est plus trop sûre de vouloir s'orienter dans cette voie : "C'est vraiment difficile et les places sont chères".

Vers encore plus de bacs pro en STS
Pour Christian Lerminiaux, auteur d’un rapport publié en novembre 2015 sur l’orientation des bacheliers professionnels, les STS constituent la principale voie de poursuite d’études des bacs pro. Il recommande d’en augmenter les capacités d’accueil et de mieux préparer les élèves de terminale.

Ce rapport a été remis à Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon, qui présenteront dans les jours à venir un plan d'actions pour mieux orienter les bacheliers.

Isabelle Dautresme | Publié le

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Armengaud.

la mesure peut avoir pour but et de réduire la marche à escalader et dissuader ceux qui sont trop loin de cette performance mais située à 8 mois du bac elle peut être incitative au travail. Les élèves de bac pro (les autres aussi parfois mais eux le plus souvent) adaptent l'effort fourni à la cible visée ; ils connaissant les statistiques de réussite au bac pro ; ils savent où ils se situent ds la classe ; ils savent ce que leur rapporteront les périodes de formation en entreprise et les contrôles en cours de formation. Et donc produisent un effort en conséquence. Si on leur propose un objectif plus élevé, plus contraignant il n'est pas exclu que la maturité progressant en même temps que les influences extérieures (les conseils des anciens rencontrés en entreprise ou en sts) ils ne se décident à approfondir plutôt que de se contenter de la moyenne.