Insertion des diplômés de SHS : les propositions du Conseil à Valérie Pécresse

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Quatre mois après son lancement, le Conseil pour le Développement des Humanités et des Sciences Sociales (CDHSS) a remis son premier rapport d’étape à la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, le 14 janvier 2010. Celui-ci dresse 25 recommandations, souvent déjà préconisées lors de précédents rapports.

Trop forte spécialisation disciplinaire en SHS

Quatre thèmes sont abordés : l’adaptation des enseignements de licence SHS à un public nombreux et diversifié, l’insertion professionnelle des diplômés, le métier d’enseignant–chercheur et enfin la coordination entre universités, organismes et agences. Pour répondre à la trop forte spécialisation disciplinaire, jugée inadaptée à la massification des effectifs, le conseil fait plusieurs propositions: enseignements plus généralistes ou création d’un « référentiel de la licence » qui définirait un meilleur équilibre entre noyau disciplinaire et pluridisciplinarité.

L'insertion des littéraires au coeur des enjeux

Sur l’insertion, le rapport souligne notamment que les initiatives du type « Phénix » ou « Elsa » (engagement d‘entreprises à recruter des jeunes diplômés en SHS) doivent se multiplier et changer d’échelle. Le rapport relève notamment «la réussite de ces deux opérations mais le nombre relativement faible de recrutement permis : 90 en trois ans pour Phénix et une cinquantaine en deux ans et demi pour Elsa». Un label de bonne pratique pour les universités s’engageant dans l’insertion des diplômés en SHS figure parmi les autres recommandations.

Mieux coordonner la recherche

Pour améliorer la coordination entre tous les acteurs de la recherche en SHS , le Conseil propose enfin la création d’une nouvelle instance de coordination, proposition jugée « cruciale » par la Ministre. Sur le modèle des alliances déjà créées en sciences de la vie ou dans le secteur numérique, elle rassemblerait universités, CNRS, grandes écoles, et tous les autres organismes intervenants en recherche en SHS.

Nouveau rapport d'étape en mars
Marie-Claude Maurel, présidente du CDHSS (1) a indiqué que deux autres thématiques devaient encore être abordés par le Conseil dans les prochaines semaines : l’évaluation des SHS et les perspectives européennes. Un second rapport d’étape devrait être remis en mars à la ministre. Valérie Pécresse a enfin annoncé l’organisation d’une rencontre nationale entre employeurs et acteurs universitaires de l’insertion des diplômés SHS pour le 18 février 2010.

(1) Directrice d’études à l’EHESS. Directrice du Centre Français de recherches en Sciences sociales (CEFRES, Prague).

Vu d’Italie
Parmi les 28 membres du Conseil pour le Développement des Humanités et des Sciences Sociales figurent deux Européens, Horst Möller, professeur à l’université de Munich et Aldo Schiavone, directeur de l’institut italien des sciences humaines. Selon ce dernier, la vraie difficulté en matière d’insertion des diplomés de SHS est de persuader les employeurs de l’intérêt de ce type de profil notamment pour des entrerpises intervenants dans des environnements complexes actuels. «Pour convaincre les entreprises, il faut les faire participer à la construction des filières et aussi prendre le temps d’écouter leurs besoins », estime ce spécialiste du droit romain. Et d’estimer que « la France a une petite longueur d’avance par rapport à l’Allemagne ou l’Italie en matière de rapprochement universités/entreprises.»


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