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Jean-Luc Mélenchon plaide pour une université gratuite, à la rentrée 2017

Erwin Canard
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Le candidat de la France insoumise vise le recrutement de 5.000 chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels techniques en trois ans minimum.
Le candidat de la France insoumise vise le recrutement de 5.000 chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels techniques en trois ans minimum. // ©  Herve RONNE/REA
Gratuité des formations universitaires, budget de l'enseignement supérieur multiplié par deux, dissolution des Comue... Jean-Luc Mélenchon a détaillé, début mars, son programme en matière d'enseignement supérieur. Celui-ci comprend dix mesures d'urgence, guidées par la volonté du candidat à l'élection présidentielle de rompre avec les "injonctions à l'innovation".

Fustigeant la "logique entrepreneuriale" de l'enseignement supérieur et de la recherche, la "concurrence et les injonctions à l'innovation", résultats de la "politique destructrice qu'est l'austérité", Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle, promet "des moyens pour chercher et étudier".

C'est d'ailleurs le titre de son livret programmatique dédié à l'ESR, publié début mars, qui vient compléter les premières directions données en décembre 2016 dans son ouvrage "L'Avenir en commun". Pour établir son programme dédié à l'enseignement supérieur, le candidat s'est appuyé sur un groupe de travail animé par Hendrik Davi, docteur en écologie, Raphaëlle Temios, agrégée de sciences et vie de la Terre et maître de conférences, et Jean-Louis Bothurel, docteur en linguistique allemande.

gratuité de l'université dès la rentrée 2017

Parmi les dix propositions d'urgence, Jean-Luc Mélenchon met en avant une réforme symbolique : s'il est élu, "l'université sera gratuite" dès la rentrée 2017. Le candidat entend ainsi prendre le contre-pied de "la flambée des frais d'inscription déjà programmée pour pallier la faillite des universités autonomes". Pour financer cette mesure, il propose d'abolir "l'inefficace et très coûteux (5.5 milliards d'euros) CIR (crédit impôt recherche)".

Concernant plus globalement les finances de l'enseignement supérieur, le candidat de la France insoumise s'engage à "doubler le budget de l'enseignement supérieur" d'ici la fin du quinquennat, afin de mettre fin au "désengagement de l'État" dans ce secteur. Il prévoit ainsi un plan d'investissement de 2 milliards d'euros en début de mandat, afin, notamment, de "rénover les universités et construire des logements étudiants", ainsi qu'une "allocation d'autonomie" de 800 euros par mois sur trois ans pour les étudiants, sous conditions de ressources.

Remplacement des Comue par une "structure nationale"

Quant à la gouvernance des universités, elle sera remise en cause, comme Jean-Luc Mélenchon l'annonçait déjà en décembre dernier. Les Comue (Communautés d'universités et d'établissements) seront dissoutes et les universités "rassemblées dans une seule structure nationale souple et démocratique". Les lois LRU (2007), Fioraso (2013) et Sauvadet (2012) seront abrogées.

Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon suggère de "remettre en cause la dualité entre grandes écoles et universités". Les premières seront associées aux secondes "en égalisant les moyens octroyés". L'ANR (Agence nationale de la recherche), les structures liées aux investissements d'avenir et le HCERES (Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) seront supprimés.

Deux organes délibératifs seront dédiés à l'université : le Conseil national de l'ESR et le CNU (Conseil national des universités). Désignés par les membres élus du conseil d'administration, les présidents d'université auront un mandat unique et seront révocables par ces mêmes élus. En outre, le candidat de la France insoumise privilégiera le mode électif pour les postes à responsabilité.

5.000 RECRUTEMENTS MINIMUM EN TROIS ANS

Sur le plan des ressources humaines, dans le cadre plus large d'un plan de recrutement dans tous les corps de métiers de la fonction publique, Jean-Luc Mélenchon lancera un "audit complet des besoins". Il affiche d'ores et déjà un objectif minimum de 5.000 recrutements de chercheurs, enseignants-chercheurs et personnels techniques en trois ans. En outre, "comme pour l'ensemble des fonctionnaires, la valeur du point d'indice sera augmentée de 7 %".

Le temps de service d'enseignement sera réduit : 160 heures de travaux dirigés pour les enseignants-chercheurs (contre 192 actuellement) et 300 heures pour les enseignants sans décharge (contre 368 aujourd'hui). Les enseignants-chercheurs volontaires assureront également, dans le cadre de leur service, des "cours libres" au sein des "universités populaires" que devra créer chaque université.

Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon prône le prérecrutement des enseignants du primaire et du secondaire, avec un concours en fin de licence, ouvrant droit à la poursuite en master d'enseignement.


Erwin Canard | Publié le

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