Jean-Marc Ayrault affirme son soutien à Paris-Saclay

Sophie Blitman
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Comment faire entrer Paris-Saclay dans le top 10 des clusters mondiaux de recherche et d’innovation ? Telle était la question posée lors du 7ème forum de la recherche et de l’innovation à Paris. L’occasion pour le gouvernement, de témoigner pour la première fois publiquement son soutien au projet.

Le projet Sarkozy est-il en passe de devenir le projet Hollande ? La présence de Jean-Marc Ayrault au 7ème forum de la recherche et de l’innovation consacré à la construction du cluster Paris-Saclay, à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, le 30 octobre 2012, se voulait un signe de soutien politique fort.

En outre, la présence, au côté du Premier ministre de Geneviève Fioraso, Cécile Duflot et François Lamy marquait également la volonté du gouvernement de soutenir le développement du cluster Paris-Saclay dans sa globalité, sur le plan de l’enseignement supérieur et de la recherche, mais aussi de la ville et du logement.

Les financements de Saclay confirmés

Alors que l’université Paris-Saclay doit être officiellement créée le 1er janvier 2014 "c’est un souffle politique évident", se réjouit Jean-Luc Vayssière, toujours décidé à faire entendre la voix de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines dans le futur ensemble.

Très attendu, le Premier ministre a confirmé les engagements financiers pris par le précédent gouvernement : la dotation exceptionnelle d’un milliard d’euros "destinée aux opérations immobilières pour rapprocher les établissements", les 850 millions en capital du plan Campus, ainsi que les 950 millions reçus pour l’Idex dans le cadre des Investissements d’avenir.

Enjeux de développement économique et urbain

Au-delà du volet universitaire, Jean-Marc Ayrault a insisté, davantage que sous l’ère Sarkozy, sur les enjeux en termes de développement économique et surtout d’aménagement du territoire : outre l’objectif de créer 4.000 à 6.000 emplois par an, il s’agit de construire, au même rythme, 6.000 à 8.000 logements neufs dans des éco-quartiers afin de mettre en place une véritable ville, "un tissu urbain continu et dense, qui rassemble et qui décloisonne".

« Le gouvernement devrait statuer début 2013 sur les travaux concernant le réseau de transport »

Sur ce point, la question des transports est bien-sûr cruciale mais le Premier ministre s’est gardé de donner un calendrier précis quant à la création du métro automatique. Il faut, a-t-il expliqué, d'abord améliorer le réseau existant pour éviter que les futures lignes ne soient "connectées à un réseau erratique et vieillissant". Le chantier du nouveau métro ne sera engagé que dans un second temps. Chargée de mener les études sur le coût des travaux et de définir les priorités, la ministre du Logement Cécile Duflot présentera ces éléments au gouvernement qui devrait statuer début 2013.

Un agenda qui ne trouble pas Yves Poilane, directeur de Télécom ParisTech et président par intérim du PRES ParisTech. "Les différents acteurs convergent sur ce que doit être Saclay, et l’expriment avec une assez grande hauteur de vue. C’est là l’essentiel", estime celui qui avait fait part l’été dernier, sur son blog EducPros, d’interrogations sur les choix politiques du nouveau gouvernement sur le dossier Saclay.

"Politiques et industriels ont une vision commune de Paris-Saclay et s’accordent sur le fait que la future université a le potentiel pour faire partie des dix premiers clusters mondiaux, constate Yves Poilane. Dans ce cadre, les transports sont moins un enjeu qu’un moyen d’y parvenir."

"Un premier segment du nouveau métro devrait vraisemblablement voir le jour au début de la prochaine décennie", estime Yves Demay, directeur de l’Ecole polytechnique qui apprécie surtout que le gouvernement ait "réaffirmé les engagements pris vis-à-vis de Saclay". De plus, "c’est assez nouveau de voir l’Etat et le Conseil régional s’exprimer ensemble. Cela ne peut qu’accélérer les choses", confie-t-il, conscient, toutefois, que la Région peut avoir d’autres priorités.

Une priorité en période de crise ?

De même, s’il se dit "satisfait des paroles sans ambiguïté du Premier ministre", Dominique Vernay évoque la situation économique nationale : "quelles seront les priorités du gouvernement ?", s’interroge le président de la Fondation de coopération scientifique Campus Paris Saclay. Il faut engager les travaux d’un premier élément de transport, plaide-t-il. C’est un signe que tout le monde attend. Il est important que les gens voient le chantier, les grues…". Et de résumer les réflexions de la matinée : "sans métro, sans un changement radical [du point de vue de l'aménagement], il n’y aura pas de cluster Paris-Saclay".

Paris Saclay en chiffres

22 institutions fédérées pour créer l’université Paris Saclay en 2014
47 000 étudiants dont 27 000 graduate
5 700 doctorants
10 500 chercheurs
10 à 15 % du potentiel de recherche français
35 chaires industrielles
200 brevets déposés par an

 

La contestation au projet Paris-Saclay se poursuit

Un collectif d’organisations syndicales de personnels et d’étudiants des différents établissements impliqués dans le projet a lancé une pétition intitulée Opération Paris-Saclay : pour un moratoire immédiat !

Dénonçant « une nouvelle structuration de la recherche et de l'enseignement supérieur allant à l'encontre de leurs missions de service public, et remettant en cause les statuts des établissements comme ceux des personnels et des étudiants, ainsi que la représentation de ces derniers dans la gouvernance », le collectif demande la dissolution de l’Idex et de la Fondation de coopération scientifique.

Sur le même sujet, lire aussi : Idex Paris-Saclay : les conseils de l’université Paris-Sud refusent tout calendrier « précipité »

 


Sophie Blitman | Publié le