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Jean-Marc Rapp (président du jury IDEX) : "La gouvernance des projets doit être de très bonne qualité, pour que l’argent public soit distribué au mieux"

Propos recueillis par Camille Stromboni
Publié le - Mis à jour le
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Le compte à rebours a sonné. Les auditions de la seconde vague de sélection de l'Initiative d'excellence auront lieu les 30 et 31 janvier 2012. Neuf candidats sont sur les rangs de cette compétition : Sorbonne Universités, Lyon, Grenoble, Saclay, Toulouse, Hésam, Aix-Marseille, Paris Cité, Lorraine. Chacun aura une heure et trente minutes pour défendre son projet. Avant le début des auditions, Jean-Marc Rapp, président de l'EUA (Association européenne des universités) à la tête du jury de l'IDEX, fait le point sur ce Grand Oral qui attend les universitaires.

Avez-vous une impression générale concernant les 9 dossiers déposés pour cette seconde vague de l’Initiative d'excellence [IDEX 2 ] ?

Nous avons été encore une fois impressionnés par la qualité et la quantité de travail fourni par les porteurs de projet. Tous ont mené une véritable réflexion sur leurs programmes d’enseignement et de recherche.

A quoi servent ces auditions ?

Il s’agit de voir dans quelle mesure la démarche des porteurs de projet est crédible. Ces auditions permettent aux délégations de présenter leur projet et leur motivation, de manière complémentaire au dossier écrit. Cela permet également au jury de poser des questions, afin d’être sûr de n’omettre aucune information, et de supprimer tout malentendu éventuel.

Nous tentons de mieux comprendre les choix des porteurs de projets : les raisons d’une alliance, d’un périmètre, d’une visée stratégique plutôt qu’une autre.

Les candidats peuvent passer l’entretien en anglais ou en français. Mieux vaut tout de même choisir l’anglais ?

C’est vraiment laissé libre aux candidats, sans impact sur notre évaluation. S’il souhaite s’exprimer en français, un traducteur est présent. L’anglais permet juste de gagner un peu de temps. Nous ne jugeons pas de l’aisance dans la langue de Shakespeare.

Quel type de questions posez-vous aux candidats ?

Lors des précédentes auditions , nous avions demandé : Votre projet a-t-il un effet transformant important ? Où voulez-vous aller ? Pourquoi ? Où serez-vous dans 10 ans ? Comment ? A quel établissement d’un autre pays vous comparez-vous ?

Impossible de vous dire si l’oral est décisif ou non, c’est entre les deux, tout dépend des dossiers

Ce grand oral peut-il faire basculer le choix du jury ?

Il est très important dans la mesure où les porteurs du projets peuvent, ou non, nous apporter les informations dont nous avons besoin. Mais impossible de vous dire si l’oral est décisif ou non, c’est entre les deux, tout dépend des dossiers.

Existe-t-il des différences entre ces auditions et celles menées lors de la sélection de la première vague de l’Initiative d’excellence [IDEX 1] ?

L’approche du jury est exactement la même. Nous pouvons simplement voir que nous sommes entrés, progressivement, dans une démarche itérative, avec un cheminement entre nos recommandations, et leurs prises en compte par les porteurs qui ont fait évoluer leurs projets. Certains ont effectué ainsi des changements très sensibles.

Au vu des recommandations faites aux candidats lors d’IDEX 1, la gouvernance semble un point clé de progrès ?

C’est effectivement un point faible commun à plusieurs des 9 dossiers en lice, comme nous l’avions signalé à l'issue de la première vague. Il y a beaucoup de moyens à la clé, cela nous parait normal que la gouvernance soit nécessairement de très bonne qualité, pour que l’argent public soit distribué au mieux.

Le choix du moyen de s’associer entre établissements, ce n’est pas le jury qui l’impose

Nous avons été transparents envers l’ensemble des candidats, en leur expliquant que nous attachions une importance particulière à cette dimension : les dossier qui n’obtiendraient pas une note suffisante sur 3 des 6 critères portant sur la gouvernance ne pourraient être retenus.

Enfin j’insiste, il s’agit toujours d’un jugement d’ensemble, sur 12 critères .

La fusion, ou le choix d’une forme d’établissement unique, sont-ils un passage obligé ?

Le choix du moyen de s’associer entre établissements, ce n’est pas le jury qui l’impose. Nous demandons seulement que les conditions soient réunies pour que le projet ne soit pas éclaté, et soit gouverné de façon, claire, cohérente et lisible.

Les universités sont complexes, ces projets qui les unissent aux écoles et aux organismes de recherche encore plus. On peut vite avoir une véritable bouteille à encre.

Avez-vous un conseil à donner aux candidats ?

Je les encourage tous évidemment ! Nous essayons de les recevoir avec beaucoup de cordialité, car nous savons très bien la tension qu’il y a dans ce type de démarche.

Les 12 critères de sélection de l'IDEX

Six critères relatifs aux stratégies : recherche, formation, ouverture et partenariats
1 - Puissance et intensité scientifique du périmètre
2 - Qualité de l’ambition scientifique
3 - Attractivité et cohérence de l’offre de formation
4 - Formation : ambition et innovation
5 - Partenariats économiques, valorisation et transfert
6 - Politique internationale et européenne

Six critères relatifs à la gouvernance, au pilotage et aux moyens
7 - Crédibilité et efficacité de la gouvernance
8 - Gouvernance : ambition, identité, transformation et structuration
9 - Qualité de la trajectoire, de la programmation et des jalons associés
10 - Efficacité des procédures et maîtrise de la gestion
11 - Qualité des modes d’allocation des ressources
12 - Ambition et dynamisme de la politique des ressources humaines

Lire les recommandations pour l'élaboration du dossier pour l'IDEX 2  (PDF), avec les observations générales, le détail des 12 critères, la composition du jury.

Les résultats de la compétition de l'Initiative d'excellence

- Les 9 candidats pour l'IDEX 2 :

Quatre ont  été sélectionnés en première vague :
- Sorbonne Universités
- Toulouse
- Lyon - Saint-Etienne
- Grenoble
Cinq ont été sélectionnés en seconde vague :
- Sorbonne Paris Cité
- Aix-Marseille
- Lorraine
- Saclay
- Hésam

Les trois vainqueurs de l'IDEX 1
- Bordeaux
- Strasbourg
- PSL (Paris Sciences et lettres)

Les perdants des deux vagues de l'IDEX
- UEB-UNAM
- Lille
- Bourgogne-Franche Comté
- Montpellier

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La biographie de Jean-Marc Rapp

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