Jérôme Garin (rapporteur des Assises à Grenoble) : "la communauté universitaire est très remontée contre l’empilement des structures"

Propos recueillis par Muriel Florin
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Responsable de l’Institut de recherches en technologies et sciences pour le vivant, Jérôme Garin est le rapporteur des Assises pour l’académie de Grenoble. Il fait le point pour EducPros sur ces échanges et les propositions qui émergent.

Quelle est la teneur des contributions que vous recevez ?

Ces contributions sont très variées. Elles vont des coups de cœur, de quelques lignes, à des textes très structurés. Le travail de synthèse ne sera pas facile ! Toutefois, une forte demande émerge sur le rééquilibrage des dotations qui viennent des tutelles, en renforçant les financements pérennes et en diminuant ceux de l’Agence nationale de la Recherche sur projets dans le cadre du programme Blanc. Dans les laboratoires, on dénonce le fait que les jeunes chercheurs d’une trentaine d’années passent la moitié de leur temps à chercher de l’argent. Il y a une telle absence de réflexion commune entre les organismes de recherche et l’ANR, une telle unanimité de la demande que je pense que cela va ressortir et sera corrigé.

Quels autres points vous paraissent importants ?

Dans les laboratoires, on dénonce le fait que les jeunes chercheurs d’une trentaine d’années passent la moitié de leur temps à chercher de l’argent.

Les autres demandes sont plus éparpillées. Elles portent sur la rémunération, la précarité, des questions amenées par les syndicats. La question de la démocratie est aussi présente. On regrette les travers d’une sorte de "présidentialisation" du pouvoir dans les universités, tout en notant la difficulté de réunir une quarantaine de personnes pour voter. De manière générale, la communauté universitaire est aussi très remontée contre les couches multiples : les fondations, les RTRA (Réseaux thématiques de recherche avancée)…

En 2004, vous avez organisé les Etats généraux de la recherche à Grenoble. Qu’est-ce que ces Assises vont apporter de neuf ?

Nous avions alors fait des propositions, mais ce qui a été fait ne correspond pas à ce que nous demandions. Nous avons assisté à la démonstration par l’absurde que ce n’était pas ce qu’il fallait faire. Je crois que les aspirations restent les mêmes, mais entre-temps il y a eu des dégâts. Aujourd’hui, on nous demande de parler. Je suis peut-être naïf, ou enthousiaste, mais j’attends des choses concrètes qui vont accélérer des changements et qui vont permettre aux établissements de trouver une autre manière de fonctionner ensemble. Lorsqu’on est chercheur, on sait que la compétitivité existe, mais ces dernières années, la concurrence a été tellement exacerbée qu’elle a eu des effets destructeurs.


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