Journées du e-learning : pour Marcel Lebrun, "une bonne e-pédagogie est d’abord une bonne pédagogie"

Fabienne Guimont
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"Une bonne e-pédagogie est d’abord une bonne pédagogie". Marcel Lebrun n’est un enseignant sceptique vis-à-vis de l’apport des nouvelles technologies dans l’enseignement. Ce professeur de l’université catholique de Louvain au département de psychologie de l’éducation et du développement a même participé à la création de la plateforme d’apprentissage francophone Claroline. Mais pour cet ancien physicien passé aux sciences de l’éducation intervenant aux Journées du e-learning à Lyon le 24 juin 2010, les nouvelles technologies doivent d’abord servir aux enseignants à redéfinir les objectifs et les méthodes d’apprentissage à l'université.

"L’e-pédagogie devrait donner l’occasion de revoir nos conceptions de l’enseignement et de l’apprentissage plutôt que de s’amuser avec nos 4G. Elle doit aussi contribuer au développement professionnel des enseignants", affirme-t-il.

E-learning : plus de motivation et d'interactions pour les étudiants

Dans son université de Louvain, il a réalisé une enquête auprès de 1500 étudiants pour connaître leur perception des enseignements associés à des plateformes pédagogiques par rapport à l’enseignement traditionnel. "La motivation et les interactions arrivent en tête des bénéfices apportés par les plateformes selon les étudiants par rapport à l’enseignement traditionnel. Mais seuls 30% d’entre eux en moyenne pensent, sur les différents items de l’enquête, que les cours avec une plateforme pédagogique sont mieux que les cours traditionnels".

Des résultats loin d’être exceptionnels mais qui sont davantage objectifs, selon lui, que ceux évaluant les savoirs des étudiants avec et sans e-learning et qui ne prennent jamais en compte les compétences acquises. "Si l'on veut évaluer l’impact des technologies, il faut arrêter d’évaluer les savoirs des étudiants mais voir les compétences, les aptitudes qu’ils acquièrent. Et donc faire des dispositifs d’apprentissage vraiment nouveaux, avec des travaux de groupe...".

Selon l'expérience de Marcel Lebrun, toutes les disciplines ne sont pas égales devant le e-learning. "Certains enseignants sont très sceptiques sur les travaux en groupe, sur les forums… alors que d’autres sont très enthousiastes. L’apprentissage collaboratif a le plus de pertinence dans les matières où on pose des problèmes avant d’aborder la théorie", poursuit-il. Dans son université, un des départements a remplacé totalement les cours magistraux par une pédagogie par problèmes. Pas forcément des heures de e-learning en plus mais des heures de travail pendant trois ans pour les enseignants qui ont totalement repensé leur pédagogie.


Fabienne Guimont | Publié le