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Kedge repense son business model

Jean-Claude Lewandowski
Publié le
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Le campus de Kedge à Bordeaux - La cafétéria
Le campus de Kedge à Bordeaux - La cafétéria // ©  Kedge

L'école vient de présenter son plan stratégique pour la période 2015-2020. Avec, pour priorités, le développement international, principalement en Asie et en Afrique, mais aussi l'essor des formations à distance et des activités liées à l'entrepreneuriat.

"Une croissance profitable." Tel est l'objectif affiché par Kedge, à l'occasion de la présentation, dans ses nouveaux locaux parisiens, de son plan stratégique pour la période 2015-2020, jeudi 5 février 2015. Passée la période de "tangage" liée à la fusion officialisée en juillet 2013 entre BEM et Euromed Management, puis au départ de son ex-directeur général, Bernard Belletante, l'école entend reprendre le chemin d'un développement maîtrisé. Forte d'une taille conséquente (12.000 étudiants, 181 professeurs permanents et 6 campus en France et en Chine), elle annonce une série d'initiatives et de projets qui lui permettront de dégager des marges d'investissement.

L'Asie et l'Afrique, de nouveaux territoires

Premier axe, la poursuite de l'expansion à l'international. Déjà très présente en Asie, l'école compte s'y renforcer encore : elle lance un institut franco-chinois de management des arts et du design, en cinq ans, avec la Central Academy of Fine Arts de Pékin. Celui-ci devrait rapidement compter 200 étudiants par promotion. D'autres accords ont également été signés, notamment en Corée et à Hong Kong.

L'Afrique constitue l'autre grande région prioritaire. L'école entend "valoriser" son campus associé de Dakar (500 étudiants environ), qui a vocation à rayonner sur une bonne quinzaine de pays voisins. Un second ancrage africain, peut-être en Algérie, est à l'étude. Au total, Kedge table sur 50% d'étudiants étrangers à l'horizon 2020, contre 25% aujourd'hui.

Deux lab pour innover

Parallèlement, l'école met les bouchées doubles sur le digital et l'innovation. Elle prévoit d'étoffer son offre de formations à distance, mais aussi de développer des "campus intelligents", intégrant des dispositifs de création d'entreprise.

Un "Innovation Lab", dédié notamment au "design thinking" et labellisé par le MIT, verra ainsi le jour à Toulon. Et à partir de 2016, un "Speed Up Lab", une sorte d'incubateur, accompagnera une centaine de projets de création par an.

Une villa Maffesoli

L'école entend pousser les feux de la RSE (Responsabilité sociale des entreprises), un sujet sur lequel elle est traditionnellement en pointe. "Nous devons être acteurs du monde qui se transforme", estime Thomas Froehlicher, le nouveau directeur général. Le Kedge Access Program (KAP) distribuera chaque année un million d'euros d'aides diverses à des élèves de milieux modestes.

Une "Villa Maffesoli", pilotée par le célèbre sociologue et dédiée aux nouveaux modes de management et d'apprentissage, ouvrira cette année.

200 millions d'euros d'investissement sur sept ans

Différents axes associés à l'essor du fundraising et de l'executive education qui doivent permettre à Kedge de se développer et de compenser les pertes liées au renoncement des subventions des CCI et de la baisse de la taxe d'apprentissage. "Notre feuille de route est ambitieuse, mais cohérente avec nos moyens, assure François Pierson, le président du conseil d'administration. Nous ne sommes pas aux abois. Notre niveau de fonds propres est tout à fait satisfaisant, et nous sommes capables de nous autofinancer à hauteur de 7 à 10% de notre chiffre d'affaires." La preuve : l'école, qui s'appuie sur un budget annuel de 90 millions d'euros, prévoit d'investir 200 millions d'euros sur sept ans (2013-2020). Près de 60 millions d'euros sont déjà engagés.

Quant à la fusion avec l'ESC Pau, un temps envisagée, elle n'est pas d'actualité. Pour autant, "le contact est maintenu, dans un esprit positif", indique François Pierson. Mais rien de concret n'est en vue... pour le moment.


Jean-Claude Lewandowski | Publié le

Vos commentaires (3)

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lequartz.

Il y a un blog sur Educpros qui s'appelle "Comment rater sa fusion"! bonne lecture

Elo Duganne.

Tout en misant sur l'international, Kedge ne remplit pas réellement ses objectifs en matière d'enseignement des langues étrangères européennes classiques et des langues dites "rares" (!): russe, arabe, japonais, chinois... Malgré l'affichage, seules six semaines de cours en 1ère année (3 + 3 réparties à 4 mois de distance) sont censées suffire pour parler ces langues "rares"... Bon courage aux étudiants!

Coucounet.

Des fusions qui réussissent ne sont pas légions ! Skema que beaucoup cite comme une réussite n'est pas au bout de sa peine .! Il faut mieux parler d'absorption car la plupart des bons collaborateurs de l'ESC Lille ont été "remerciés"et ça continue .L'ESC Lille a été engloutie et ses valeurs oubliées . Un management qui a ignoré les forces vives de l'ESC Lille trouvera un jour la faille qui menace toute entreprise en hypertrophique développement sur son chemin . Toutefois,le parcours accompli depuis cinq ans est à remarquer ! Le plus dur reste à faire .________________:LA CONSOLiDATION ! _