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L’ancien directeur de Mopa ouvre une école d’animation concurrente

Martin Rhodes
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Confiant, Julien Deparis ouvrira l'École des nouvelles images à Avignon en septembre 2017.
Confiant, Julien Deparis ouvrira l'École des nouvelles images à Avignon en septembre 2017. // ©  Photo fournie par le témoin
Trois mois seulement après son licenciement, Julien Deparis, l’ancien directeur de l’école d’animation arlésienne Mopa, annonce l’ouverture à Avignon, en septembre 2017, de l’École des nouvelles images.

Voici probablement l'ultime rebondissement de ce que les professionnels de l'animation appellent "l'affaire Mopa". Démis de ses fonctions de directeur de l'école Mopa en janvier 2017, Julien Deparis a décidé de créer son propre établissement dédié à l'image de synthèse (réalité virtuelle, animation). L'Ensi, l'École des nouvelles images, ouvrira ses portes dès septembre 2017 à Avignon.

Elle formera en cinq ans aux métiers de réalisateur numérique, directeur technique, animateur, superviseur 3D ou encore directeur artistique. "Les banques et les principaux acteurs du secteur nous ont donné leur feu vert, les travaux vont commencer et l'inscription au concours est d'ores et déjà ouverte", énumère le principal intéressé, pour qui "la page Mopa est définitivement tournée".

Concurrence frontale ?

Mopa (Motion picture in Arles) et l'Ensi sont situées à une quarantaine de kilomètres l'une de l'autre, mais Julien Deparis se défend de vouloir faire de l'ombre à son ancien employeur, le Cipen (Cluster d'innovation pédagogique et numérique), l'association sous tutelle de la CCI (Chambre de commerce et d'industrie) du Pays d'Arles qui détient Mopa. "Je fonde cette école dans l'unique but de maintenir un état d'esprit et de fédérer une équipe pédagogique aujourd'hui orpheline", assure-t-il. Une équipe pédagogique qui se compose d'une trentaine de professionnels ayant à un moment ou à un autre enseigné à Mopa.

"L'animation française, qui connaît une période de plein emploi, ne compte qu'une dizaine d'établissements renommés comme les Gobelins ou ArtFx. Il y a donc de la place pour une petite nouvelle", conclut Julien Deparis. Le département du Vaucluse a été choisi pour son "dynamisme en matière d'image numérique" : la toute nouvelle école de jeux vidéo ESA games s'est installée à Carpentras en 2016. Le Parc Spirou, pensé par l'ancien directeur du Futuroscope, ouvrira ses portes à Monteux en 2018.

Julien Deparis a opté pour une association loi 1901 dirigée par plusieurs collèges de pilotage (milieu professionnel, étudiants, parents d'élèves, partenaires pédagogiques). Un mode de fonctionnement revendiqué par son comité de soutien au moment du licenciement. L'école sera essentiellement financée par les frais de scolarité, soit 7.400 euros par an.

L'animation française, qui connaît une période de plein emploi, ne compte qu'une dizaine d'établissements renommés. Il y a donc de la place pour une petite nouvelle (J. Deparis)

Une école d'animation, mais pas seulement

Le cursus, pensé en cinq ans, se découpe en deux cycles de trois et deux ans. Il mêle apprentissage académique (histoire de l'art, dessin, sculpture, anatomie) et enseignement des nouvelles technologies (modélisation de personnage, réalité virtuelle). Julien Deparis a fait le choix d'une approche globale de l'image de synthèse.

Il constate que beaucoup d'écoles se cantonnent au film d'animation, boudant les autres utilisations de l'image de synthèse. "Nos étudiants vont s'approprier la 3D pour proposer des projets innovants à tous les types d'entreprises", précise-t-il, avant d'ajouter : "À Avignon, ville historique, touristique et culturelle, il y a par exemple des choses à faire sur les plans de la reconstitution numérique et des parcours immersifs."

L'Ensi bénéficie du titre RNCP niveau 1 détenu par ArtFx, une école d'animation montpelliéraine spécialisée dans les effets spéciaux. Comme il est précisé sur le site Internet de la nouvelle école, un projet de partenariat avec l'université d'Avignon devrait permettre aux étudiants de "bénéficier de l'ensemble des [services] universitaires : bibliothèque, activités sportives, vie culturelle " Des arguments de poids pour concurrencer Mopa.


Martin Rhodes | Publié le

Vos commentaires (1)

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Félix Fraiche.

Il y a des places en 2ème, 3ème, 4ème et 5ème année de la nouvelle école cette année, ce peut être une grosse opportunité pour des étudiants talentueux d'écoles moins côtés, le concours est ouvert pour toutes les années ! MOPA ou Nouvelles Images, c'est des écoles 3D haut de gamme. Un gros pied de nez à la CCI d'Arles qui refusait d'écouter les parents qui sont au bout du compte les actionnaires de MOPA (toute l'école est financée par les frais d'inscriptions et la taxe professionnel, le CIPEN/CCI apportait 0€). En bref quand on en a marre des manœuvres bassement politiques et ego qui passe avant l'intérêt des élèves, on va ailleurs, et c'est ce qui se passe à MOPA, liberté de changer si on n'est pas content! Quasiment toute l'équipe pédagogique part, la conclusion est évidente.