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Apprentissage : l'ascenseur social en panne au niveau bac+2

Étienne Gless
Publié le
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12% des jeunes sortis de l'enseignement supérieur en 2010 ont emprunté la voie de l'apprentissage. // ©  Xavier POPY/REA

L'augmentation du nombre d'apprentis dans l'enseignement supérieur ne s'est pas accompagnée d'une ouverture sociale. Les apprentis des filières bac+2 /+3 n'ont pas des origines plus modestes que les étudiants de la voie classique. L'ascenseur social semble en revanche mieux fonctionner pour ceux des formations en alternance de niveau bac+5.

Les origines sociales continuent de peser lourd sur les études… Y compris quand elles sont menées en alternance ! C'est ce qui ressort de l'enquête du Cereq, "Faire des études supérieures et après", menée auprès de 369.000 jeunes sortis de l'enseignement supérieur en 2010. "Le recrutement social semble moins ouvert en apprentissage dans les filières professionnelles courtes, au contraire des grandes écoles", notent les auteurs de l'étude.

L'augmentation du nombre d'apprentis dans l'enseignement supérieur ne s'est donc pas accompagnée d'une ouverture sociale. 12% des jeunes sortis de l'enseignement supérieur en 2010 ont emprunté la voie de l'apprentissage, principalement au sein des diplômés bac + 2 (25%) et licences professionnelles (31%). L'apprentissage a progressé aussi dans les grandes écoles à bac+ 5 où il représente 19% des diplômés.

Jusqu'à bac+4, les alternants enfants de cadres sont même plus nombreux que les étudiants sortis par la voie classique. Chez les diplômés de licence professionnelle, les origines sociales des apprentis sont plus élevées que celles des étudiants sortis par la voie scolaire, remarque le Cereq : 32% seulement des apprentis ont deux parents ouvriers ou employés contre 40% pour leurs homologues de la voie scolaire.

l'ascenseur social remonte au niveau bac+5

En revanche, l'apprentissage dans le supérieur semble bien jouer son rôle d'ascenseur social à bac+5 : les diplômés bac+5 des grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce sortis par la voie de l'apprentissage ont en effet des origines sociales un peu plus populaires que leurs camarades non alternants : 24% ont des parents ouvriers ou employés contre 19% des "scolaires. Une observation qui se vérifie également pour les diplômés d'un master 2 : 30% des apprentis ne sont pas enfants de cadres contre 27% des "scolaires". 

L'aide à l'insertion professionnelle progresse à l'université
Trouver un stage, connaître les débouchés professionnels, réaliser son CV, identifier les entreprises… Près de 77% des sortants de l'enseignement supérieur en 2010 ont bénéficié d'au moins un des dispositifs proposés par leur établissement en matière d'insertion professionnelle l'année de leur sortie.

L'enquête du Cereq souligne que la LRU (loi relative aux universités) de 2007 a surtout permis d'installer et de diffuser ces dispositifs d'accompagnement dans les filières universitaires généralistes.

Étienne Gless | Publié le

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