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L’EM Normandie s’organise face au Brexit

Eva Mignot
Publié le
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L'université d'Oxford - © Stephen Finn
Pour que son campus d'Oxford ait les mêmes droits qu’une université locale, l'EM Normandie transformera son antenne en filiale anglaise. // ©  Stephen Finn
Pour continuer d’accueillir des étudiants après le Brexit, en mars 2019, la business school normande a choisi de créer une société à statut juridique anglais pour assurer la gestion de son campus d’Oxford.

Le directeur de l’EM Normandie, Jean-Guy Bernard, affiche son ambition : si, depuis 2014, le campus d’Oxford de son école de commerce accueille une grande majorité d’étudiants français, il a vocation à attirer un public de plus en plus international. Mais comment y parvenir, dans le contexte britannique actuel, marqué par le Brexit, qui entrera en vigueur en mars 2019 ? Avec la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, les étudiants étrangers hors UE rentreront plus difficilement sur le territoire anglais. La restriction de la politique migratoire lié au Brexit, érigée au rang de priorité par le gouvernement de Theresa May, affecte les élèves ainsi que les professeurs internationaux.

"Tout récemment, nous avons voulu recruter un professeur indien. Nous ne pensions pas que le faire venir à Oxford poserait problème, d’autant plus que le Royaume-Uni cherche actuellement à se rapprocher des pays du Commonwealth", relate Jean-Guy Bernard. "Mais aujourd’hui, nous sommes avant tout considérés comme une association française embauchant un professeur étranger. Et finalement, nous n’avons pas pu l’embaucher", déplore-t-il.

La création d’une filiale anglaise pour contourner le Brexit

Pour pallier cet obstacle qui pourrait freiner son développement, la business school a trouvé une astuce réglementaire. "Nous allons créer une société à statut juridique anglais pour garantir les facilités d’obtention de visas", dévoile Jean-Guy Bernard. En se transformant statutairement en une filiale anglaise, le campus aura de facto les mêmes droits qu’une université locale. Si la société sera officiellement créée dans les semaines à venir, "il nous faudra un an et demi, voire deux ans, pour obtenir les accréditations nécessaires", précise le directeur général de l’EM Normandie.

Loin d’être anecdotique, cette mesure juridique est essentielle pour atteindre les objectifs de développement que l’école de commerce s’est fixé. En effet, si, jusqu’à présent, seuls les élèves en 2e, 3e, 4e et 5e années pouvaient suivre le PGE (programme grande école) de la business school en Angleterre, l’EM Normandie élargit le public de son campus oxfordien cette année, en accueillant pour la première fois une promotion de dix-sept étudiants de première année.


Eva Mignot | Publié le

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