L’ENI Metz ouvre une école en Chine

Céline Authemayou
Publié le
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A partir de la rentrée 2013, les étudiants de l'ENIN (Ecole nationale d'ingénieurs sino-française) sont accueillis dans un bâtiment neuf de la NUST (Nanjing University of Science and Technology).
A partir de la rentrée 2013, les étudiants de l'ENIN (Ecole nationale d'ingénieurs sino-française) sont accueillis dans un bâtiment neuf de la NUST (Nanjing University of Science and Technology).
L’Ecole nationale d’ingénieurs de Metz inaugurera le 21 septembre 2013 une nouvelle école à Nanjing, en Chine. Baptisé ENIN (Ecole nationale d’ingénieurs sino-française) et cogéré avec la NUST (Nanjing University of Science and Technology), l’établissement vise à former des ingénieurs chinois "à la française". Une vingtaine d’industriels se sont d’ores et déjà rapprochés de l’ENIN.

Pierre Chevrier l'avoue bien volontiers : lorsque le directeur de l'ENI Metz a évoqué la possibilité de créer une nouvelle ENI en Chine, l'idée a été accueillie par quelques sourires. Une petite école, qui se lance dans l'aventure chinoise ? Après tout, pourquoi pas ! "Notre but n'est évidemment pas de rivaliser avec Centrale Pekin, concède Pierre Chevrier. Nous souhaitons nous appuyer sur ce qui fait notre force : les relations avec les industriels."

Depuis 2010, le directeur et ses équipes travaillent à l'élaboration du projet, en partenariat étroit avec la NUST (Nanjing University of Science and Technology) et les autorités chinoises. Ils ont pour cela rencontré bon nombre d'industriels français, implantés en Chine. Et un constat est vite apparu : "les formations chinoises sont très théoriques, alors que les entreprises recherchent des ingénieurs rapidement opérationnels, note Pierre Chevrier. Certes, les grands groupes se tournent vers les expatriés, mais cela leur coûte très cher."

Les formations chinoises sont très théoriques, alors que les entreprises recherchent des ingénieurs rapidement opérationnels (P.Chevrier)

Une vingtaine d'industriels partenaires

La nouvelle école, baptisée ENIN (Ecole nationale d'ingénieurs sino-française), accueillera donc, dès le mois d'octobre des étudiants chinois, pour six années d'études. La première année sera dédiée à une remise à niveau technique et à un apprentissage de la langue française. Ensuite, le cycle ingénieur se déroulera comme à Metz, en cinq ans. Pour la rentrée 2013, entre 50 et 60 étudiants entreront à l'ENIN. L'objectif étant à terme d'avoir des promotions de 100 étudiants, abrités dans un bâtiment neuf de la NUST.

Côté financement, l'ENIM et la NUST ont chacune apporté 200.000 euros. Un budget de démarrage, qui est accompagné d'une aide du gouvernement chinois : les frais d'inscription sont fixés à 600 euros par étudiant et le ministère de l'Education du pays s'est engagé à compléter les frais.

Les industriels – dont certains se sont déjà proposés pour prendre en stage les étudiants – devraient compléter l'enveloppe budgétaire. "Aujourd'hui, une vingtaine de grandes entreprises se sont engagées à nos côtés, constate Pierre Chevrier. Les échanges ne seront pas forcément pécuniaires. Une entreprise pourra par exemple mettre à disposition des élèves du matériel, ou une ligne de production pour compléter la formation en école."

Les étudiants messins accueillis en Chine

Les étudiants messins pourront quant à eux se rendre à l'ENIN, dans le cadre de séjours académiques. "Les besoins industriels sont bien réels, note le directeur de l'ENI Metz. Notre rôle, en tant qu'établissement d'enseignement supérieur est d'y répondre, pour offrir à nos étudiants des débouchés." L'ouverture de l'école chinoise s'inscrit dans un contexte particulier pour l'ENI Metz, qui a signé en juin dernier avec l'Université de Lorraine l'un des premiers contrats de site régionaux. Un contrat qui évoque une possible convention de rattachement entre l'ENIM et l'université.


Céline Authemayou | Publié le